Le Président Joe Biden en réunion bilatérale avec le PM d'Irlande - Photo White House par Adam Schultz.

Avec Joe Biden à la Maison Blanche, les chiffres claquent comme des applaudissements à un président des Etats-Unis ambitieux, mélange de Keynes et de Schumpeter. En écho aux altermondialistes, il reprend à son compte l’expression : « un autre monde est possible » ! Et ce monde passera par un grand plan d’investissement pour une Amérique touchée par le coronavirus et des structures toujours plus vieillissantes. Pas un ripolinage de surface, mais un important projet de financement, à coups de milliers de milliards de dollars. Bien aidés par une monnaie d’échanges mondiale, les USA peuvent se le permettre… On ne prête en effet qu’aux riches. Avec un plan à 5000 milliards de dollars, Biden renvoie à ses études la vieille Europe et ses 750 milliards d’euros, encore engoncée dans ses considérations d’endettement à ne pas creuser, hors d’époque.

Les premiers mois de gouvernance du nouveau président américain ressemblent aux premiers pas de Mitterrand en France en 1981. Il fallait tapait un grand coup, renverser la table, et changer de paradigme. Passer du libéralisme échevelé de Trump à une économie de justice économique et de modernisation. Et Biden s’en donne les moyens, un véritable quoi qu’il en coûte pour l’État, mais aussi pour les riches, les grandes entreprises, et autres Gafam. Quelques chiffres éclairent le projet présidentiel américain : un impôt sur les sociétés passant de 21% à 28%, les géants du net devront contribuer au pot quelques soient leur domiciliation, y compris dans les paradis fiscaux, 620 milliards pour les transports, routes et ponts très vieillissants. Dans le cadre de ses premières mesures, le président démocrate soigne ses alliés écologistes en finançant un vrai projet de production de voitures électriques. Ainsi, 20% des mythiques bus scolaires jaunes devront passer à l’électricité d’ici la fin de son mandat. Déjà, les premiers résultats se font sentir sur un plan sanitaire, avec la réussite de sa stratégie de vaccination. Nom de code ces premières salves programmatiques : « Build Back Better », reconstruire mieux, dans la langue de Molière.

Rompre avec 40 ans de néolibéralisme

Davantage qu’en 2008, face à la crise des subprimes, les Américains se montrent plus réactifs, comparés à une Union Européenne qui doit négocier pied à pied, entre pays aux intérêts souvent divergents. Avec un modeste budget commun, une peur bleue de la dette, du retour à l’inflation, et un partage des financements émietté d’un emprunt commun porté à seulement 750 milliards d’euros, le vieux continent fait pâle figure. Résultat, en 2021, la croissance américaine attendra 6.5%, tandis que l’Europe plafonnera à 3.9%. Petite satisfaction, l’union devrait profiter du plan de Biden de relance à hauteur de 2%. Ce qui ne peut tenir lieu de projet pour la première zone commerciale du monde.

Dernière salve du président « rouge » américain : sa volonté d’augmenter les impôts des plus fortunés. Les taux d’imposition des personnes gagnant plus de un million de dollars par an passera de 20% à 39.6%, soit le doublement de leur contribution. Et aux USA, le thème sur l’inutilité de hausser les impôts face à une dette abyssale, contrairement à l’Europe, n’existe pas. Au pays du libéralisme économique, en temps de guerre, les contributions des plus riches ne font pas débat.

Dans le Figaro, Nicolas Goetzmann, responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité résume ainsi la différence d’approche entre les États-Unis et l’Europe : « Nous assistons à un véritable bouleversement structurel aux États-Unis dont l’objectif est de corriger, non pas seulement la crise liée à l’épidémie, mais également des années – des décennies – d’une croissance considérée comme sous optimale. L’enjeu économique se résume en une phrase ; ce qui était autrefois considéré comme une période de «surchauffe économique » doit aujourd’hui être considéré comme l’état normal de l’économie. L’objectif des autorités américaines est de placer l’économie dans une situation de plein régime, et ce, de façon durable. Même si ce mot n’a pas de réelle signification, il s’agit de rompre avec ce qui a été appelé néolibéralisme depuis 40 ans ».

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Cet article a 2 commentaires

  1. Thierry

    on ressortira, pour rire, dans quelques années ( quelques mois ? ) cet « article » tellement empreint de flagornerie envers un président qui arrive à peine à lire son prompteur que c’en est risible, au mieux …….Que vous a t’on appris à Bordeaux ?

  2. Emma

    Manipulation inconsciente de la part des médias dites vous.
    Vous dédouanez bien vite les medias. Pas un débat sans un ou deux journalistes de droite extrême puisqu’aujourd’hui on ne dit plus extrême droite.

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