Pierre-Jean Chalençon a participé à l'émission "Affaire conclue", sur France 2, de 2017 à 2020. Capture d'écran France 2.

Mardi 6 Avril 

Diners clandestins ( suite ) – Décidément, l’affaire ne passe pas. Il est vrai que le principal protagoniste connu, Pierre-Jean Chalancon, le collectionneur bien connu des happy few, n’arrange pas ses affaires. Après avoir affirmé que des ministres participaient à ses libations interdites, il s’est rétracté tout le week-end, affirmant qu’il s’agissait d’humour, avec un extraordinaire « On veut me faire porter le bouc émissaire «  mélange savoureux de deux expressions populaires, aussi exquis qu’un cannette à la truffe et au caviar ( beurk). Problème supplémentaire, Chalancon se vante d’être ami avec Gabriel Attal, qui se serait bien  passé de cette relation encombrante et a donc affirmé, en creux, ne pas le connaître. Patatras !. Ce matin, Marlène Schiappa, volant  au secours du porte-parole du gouvernement, affirme, que, de sources sûres, Gabriel Attal a fermement refusé une invitation à l’un de ces dîners. Le porte – parole du gouvernement était donc, au mieux, au courant  de ces dîners, et personne n’a cru bon de devoir interdire ces rassemblements sans masques, sans mesures barrières et totalement illégaux. Au pire, il a également menti sur sa relation avec le collectionneur.

Tout le week-end, le hastag « #OnVeutDesNoms » a fait florès sur Twitter. Qui participait à ces dîners ? Y a-t-il réellement des ministres et, si oui, qui sont -ils ?

A tous ceux qui s’étonnent des proportions que prend cette affaire, nous répondrons qu’elle porte en elle tous les symboles : le sentiment d’impunité de l’élite, l’insoutenable légèreté de l’être dans une période où le pays souffre et vit quasiment sous cloche, le nauséabond sentiment « entre soi » d’une infime partie de ce pays, et cette image caricaturale du luxe avec champagne et caviar dans un pays où des millions de gens rament et doutent sur l’avenir économique, leur avenir et celui de leurs enfants. Il y a un petit côté « qu’ils mangent des brioches » de Marie Antoinette, phrase qui n’a certainement jamais été prononcée mais campe dans la mémoire collective comme le symbole du fossé entre la monarchie et le peuple. 

Cette affaire des dîners représente plus qu’un simple sparadrap pour l’exécutif. Des journalistes enquêtent sérieusement pour savoir si des ministres y participaient et surtout lesquels. Si c’est le cas, ce sera un véritable marqueur du quinquennat 

Paris saccagé : La mairie de Paris a mis un peu trop de temps à réagir à ce hastag et ces photos de rues sales, de chantiers, de poubelles qui débordent et sont devenues virales ce week end. Le procédé est redoutable. Aucun nom de lieu, aucune date sur ces images de crasse et de désordre, sous ce hastag lancé par un illustre inconnu. La riposte de la mairie a été tardive mais cette éruption nous enseigne deux choses : la première étant qu’il ne faut jamais laisser s’installer ce genre de charge et réagir très vite. Il y a avait des arguments pour contrer : les très belles réalisations de l’équipe actuelle, les rénovations des places comme Bastille ou Republique, les pistes cyclables, qui, n’en déplaise aux opposants habituels, sont une véritable réussite.

Le deuxième enseignement réside dans la force politique de Twitter : imaginons une telle campagne, massive, pendant la campagne municipale ? Je ne dis pas que cela aurait changé le cours des choses mais elle aurait été plus efficace que les discours lénifiants sur la saleté de Paris. 

Dernier point assez cocasse : c’est évidemment la droite qui est derrière cette charge, cette droite qui prône la responsabilité individuelle matin, midi et soir et qui ne s’offusque pas de la crasse individuelle des parisiens. Ça n’est pas Anne Hidalgo qui jette ses mégots par terre, ses papiers gras, laisse traîner les crottes de chien et balance des vieux radiateurs et matelas pourris sur le trottoir. 

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Journal de la présidentielle

Lundi 19 Avril  -La « drague » sans vergogne d’Emmanuel Macron – Tout est irritant dans l’interview du chef de l’État accordée aujourd’hui au Figaro. Le moins grave

Lire plus »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.