Dimanche 11 Avril 

– Sondages ad nauseam. C’est parti et ça ne pourra aller qu’en empirant : les sondages tous azimuts qui sont entrain, lentement mais sûrement, de construire un climat, un décor pour la présidentielle de 2022. La mise en scène du duel Macron / Le Pen domine naturellement ce petit théâtre. Bim Bam Boum! Sortez la caisse claire, les tambours et les trompettes : ce sera ça et rien d’autre ! La gauche ? Pulvérisée nous dit-on, d’autant plus pulvérisée que les sondeurs s’acharnent à nous présenter Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg et Yannick Jadot dans un même élan, alors qu’aucun de ces 3 n’est candidat, même pas Jadot, qui doit d’abord passer par la case primaire, dont on sait qu’elle est la primaire de tous les dangers (souvenez vous de l’épisode trahi-comique Alain Lipietz pour ne citer que lui). Hidalgo y pense, Montebourg y réfléchit mais la tactique qui consiste, en plus, à présenter au choix des sondés deux candidats issus du PS est à la limite de l’honnêteté. Qui peut imaginer Montebourg candidat si Hidalgo y va et vice-versa ? C’est un peu comme si les sondeurs s’amusaient à tester ensemble Xavier Bertrand, Valerie Pécresse et Bruno Retailleau. Un seul s’est déclaré, un seul est sondé, c’est logique. S’amuser à présenter 4 choix à gauche, dont deux seulement sont déclarés, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot (avec tous les bémols ci-dessus) c’est évidemment accentuer l’impression d’éparpillement et de naufrage. Impression biaisée car si l’on additionne les scores de la gauche, elle est largement au second tour. « Oui mais elle est irréconciliable » nous répond -on ! Certes, pour le moment. Mais les choses peuvent changer. 

Autre remarque concernant le second tour. En gros, Jean Luc Mélenchon et Anne Hidalgo sont battus par Marine Le Pen. Seuls Emmanuel Macron et Xavier Bertrand sortent victorieux du duel.
Pourquoi est-ce que je m’insurge ? Car il est malhonnête de sonder un second tour, sans campagne, et encore une fois avec des candidats non déclarés (Anne Hidalgo en l’occurrence). Il est en effet impossible d’obtenir des réponses claires lorsque l’offre politique n’est pas totalement connue. Les déclarations de candidatures et les campagnes servent justement à cela. Sinon, à quoi bon faire de la politique et surtout à quoi bon voter ?!

Tout le reste est illusion. Une illusion si grande d’ailleurs que François Hollande s’est fait prendre au piège, au lacet des sondages qu’il a jugé prédictifs, au point de ne pas se représenter avant même d’avoir mené la bataille. Cela tient certainement tout autant à sa trop grande prudence qu’au climat médiatique de l’époque. Toujours est-il qu’aujourd’hui, il le regrette amèrement. 

Dernier point fascinant : les votes pour le second tour. Les électeurs d’Emmanuel Macron s’abstiendraient massivement en cas de duel Mélenchon / Le Pen. On peut donc faire une campagne monomaniaque sur le thème du barrage à l’extrême droite et refuser de barrer lorsque le candidat ne vous convient pas. « Oui mais vois ne comprenez rien », répond le chœur républicain : « LFI égalerait RN ». C’est évidemment absurde mais le mal est fait dans cet assimilation permanente des Insoumis à l’extrême droite, parfois volontaire, parfois liée à des raccourcis journalistiques dévastateurs. Rien dans le programme des Insoumis ne s’approche de près ou de loin d’une quelconque préférence nationale, de discours lénifiants sur l’identité, les races, le tout sécuritaire. 

En tout cas, dans l’esprit des sondés de Larem, Mélenchon égale Le Pen, comme certainement dans celui des sondés LFI, pour lesquels Macron et Le Pen, c’est le même combat ! 

Première morale de cette histoire : tester sciemment un second tour sans avoir l’offre politique réelle, voilà qui relève de la fabrique de l’opinion, quo d’ailleurs, s’en laisse de moins en moins conter et se fait un malin plaisir de démentir les sondeurs, élections après élections. Pour rappel, Édouard Balladur devait gagner en 1995, Lionel Jospin en 2002. Manuel Valls et Alain Juppé emportaient haut la main leurs primaires respectives pour ne citer que ces erreurs si grossières.

Il va falloir « faire avec » mais les mois qui viennent exigent de nous une acuité plus grande encore et un sens critique encore plus aigu. 

Médicaments contre Vaccins ? Pourquoi choisir ton camp, camarade? 

Pfizer travaille, avance et réinvestit une partie de ses formidables bénéfices, avec BioNTech, à la fabrication de médicaments contre le Covid. Alléluia ! Nous voilà marchant enfin sur deux jambes. Hélas, c’était sans compter le petit monde médical dont quelques représentants de poids évoquent déjà l’inutilité de ce type de médicaments, à l’image du Professeur Bergman, qui dit en résumé « À quoi sert-il de chercher un médicament alors qu’on a des vaccins ? »

Au-delà des bémols sur la difficulté de trouver plusieurs types de médicaments, qui agissent aux différents stades de l’infection, pourquoi faudrait-il choisir ? Beaucoup de gens préfèrent soigner leur grippe plutôt que de se faire vacciner. Ne nous étonnons donc pas que les gens s’étonnent. En un an, nous avons tout accepté : la restriction de beaucoup de nos libertés, un dysfonctionnement total de nos instituons et de la démocratie, une course effrénée sur les vaccins et des injonctions auxquelles nous ne nous opposons plus, y compris sur la tenue de futures échéances électorales. Il est donc tout à fait normal que nous nous étonnions d’avoir à choisir entre un vaccin et un médicament. De toute façon, au-delà des chamailleries médicales, Pfizer avance dans ses recherches, Sanofi également. Voilà une nouvelle rassurante. 

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Cet article a 2 commentaires

  1. Emma

    Plutôt Hitler que le front populaire… rien de nouveau sous le soleil.
    Les sondages pipés. Selon L’Ifop dans l’hypothèse Jadot, 100 % de report pour lui du 1er au 2eme tour, 95% pour Hidalgo et 85% pour Mélenchon. Rien de nouveau n’ont plus sous le soleil.
    Les médias font campagne

  2. Paul

    Plutôt Hitler que le front populaire… rien de nouveau sous le soleil.
    Les sondages pipés. Selon L’Ifop dans l’hypothèse Jadot, 100 % de report pour lui du 1er au 2eme tour, 95% pour Hidalgo et 85% pour Mélenchon. Rien de nouveau n’ont plus sous le soleil.
    Les médias font campagne

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