Covid-19 Masque en tissu - Photo CC Olgierd Rudak

Au delà du drame humain, des familles déchirées, des deuils impossibles, du probable effondrement économique, social et politique, la pandémie de covid-19 restera en France symbolisée par la crise des masques. À l’heure des nanotechnologies et la préparation très sérieuse des premières expéditions humaines sur Mars, ce petit bout de tissu avec deux élastiques est parvenu à mettre à terre les nations les plus avancées, les plus riches en général, et la France en particulier.

Le débat ne se calme pas sur la question des masques et il suffit d’écouter le nombres de longues minutes de justification que leur consacrent Édouard Philippe, Olivier Veran et même Emmanuel Macron dans leurs différentes interventions pour constater à quel point ce malaise perdure. Et c’est normal car les masques portent en eux une partie des failles de notre pensée politique et économique. Symbole d’abord des coupes budgétaires qui ont sacrifié ces stocks au nom des économies de bout de chandelles ; Symbole du manque d’anticipation d’une administration centrale trop empesée d’une classe politique trop peu réactive ; Symbole de la faiblesse de notre industrie démembrée depuis 15 ans et qui a eu tant de mal à se transformer pour fabriquer des masques ; Symbole de notre perte de souveraineté dans des domaines essentiels, comme les molécules de médicaments, fabriquées en chine ou en Inde ; Symbole surtout de la fin de notre illusion.

Nous vivons depuis 40 ans avec la croyance collective que la France est le pays de cocagne sur le plan social et sanitaire. Il n’a pas une seule intervention politique depuis le début de la crise qui ne commence par « Nous sommes le seul pays à faire cela « « Nous sommes le pays le plus…. » ou son jumeau « Nous sommes le pays le moins….. »… Cette arrogance permanente, exprimée ou latente vient d’être brisée par notre bilan : un nombre de décès aussi important que les pays que nous avions tendance, il y a quelques semaines encore, à regarder de haut : l’Italie, l’Espagne. La pénurie de masques (et de tests) nous a rappelé cruellement que la France est devenue une puissance moyenne, qui n’est plus cette forteresse sanitaire et sociale imprenable.

L’orgueil national bafoué par un quelques centimètres de tissus. La leçon est amère mais certainement salutaire, pour peu que nous décidions de transformer ce poison en remède.

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