Images d'archives de la présidence française de l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2008. Capture vidéo Nos Lendemains.

L’Europe se divise en deux catégories de pays : ceux qui ont une ambition sociale et écologiste, et ceux qui creusent leur sillon libéral indépassable. La France, elle, creuse son « en même temps » de marché. Certes, la pandémie a permis à son gouvernement de s’afficher providentiel, mais avant, la pente choisie fut celle d’une prime donnée aux productifs qui enrichiraient, à eux-seuls la France, à base de suppression de l’ISF et de Flat Tax… Contre les inactifs, les bénéficiaires d’allocations saqués sur l’autel de l’efficacité économique. Mais un jour, « le miracle Covid » s’est abattu sur l’Europe en général, et sur la France en particulier. Tout d’un coup, cet espace transnational, où règne la guerre de tous contre tous, s’est mué en continent providence, où l’argent public allait couler à flot.

À l’orée d’une fin d’épidémie qui s’annonce, revoilà la machine à inégalité sociale remise en marche. Première mesure du gouvernement Macron en 2022 : facturer une consultation aux urgences 20 euros. Indolore pour les détenteurs d’une mutuelle, ravageur pour les plus pauvres dans l’incapacité d’en financer une…La France et son nouveau modèle libéral hybride n’est pas toute l’Europe, malgré le drapeau étoilé sous l’Arc de Triomphe. D’autres pays ont prouvé qu’une autre voie est possible. A commencer par l’Allemagne, après 16 ans de Merkelisme. Le nouveau gouvernement dirigé par le social-démocrate Olaf Scholz ressemble à la gauche plurielle de Jospin. Certes les libéraux sont présents, mais les écologistes font leur entrée en force. Les premiers occuperont le ministère des finances, les seconds celui de l’économie et du climat. En résumé une surveillance des budgets orientés vers des choix nationaux plus vertueux. En Espagne, malgré un récent remaniement, le socialiste Pedro Sanchez conserve son poste, en l’absence des radicaux de Podemos. Cet été, le chef du gouvernement a procédé à un important coup de balai, en confiant à des politiques proches de lui des ministères clefs aux affaires étrangères, à l’éducation et à la culture. Sa fragilité : un pouvoir minoritaire qui devra composée avec sa partie la plus radicale.

Une autre Europe est en construction

Au Portugal, après 6 ans d’union des gauches comme en Espagne, la partie la plus radicale a décidé de rejeter le projet de loi de finances 2022 présenté par le socialiste Antonio Costa. Avant cette rupture, et les futures élections générales prévues en janvier, son gouvernement a eu le temps d’appliquer au pays une politique antiaustéritaire : deux augmentations du salaire minimum, augmentation des retraites, baisses des impôts aux salariés modestes, lutte contre la précarité. A contrario, les socialistes s’imposent aujourd’hui nettement en Norvège avec leur leader Jonas Gahr Store, flanqué de quelques centristes pour faire le compte. Même s’il est personnellement d’une extraction sociale favorable, le chef du gouvernement engage son pays dans une politique de la demande, une espèce de Laurent Fabius de notre temps. Au programme : lutte contre les inégalités et décentralisation. Une double ambition qui passera par une baisse des impôts en faveur des revenus les plus modestes, une augmentation pour les plus fortunés, également une baisse des prix des différentes énergies. Sur le climat, Jonas Gahr Store prévoit de quadrupler la taxe carbone payée par les plus gros pollueurs.

Quant à ceux qui creusent, les gouvernements libéraux anglais, autrichiens, hollandais, malgré un discours où l’austérité est reine, ils ont dû, comme le gouvernement français, manger leur chapeau durant la crise du Covid, et admettre que l’Etat, sa force absolue d’intervention, est la solution, pas le caillou dans la chaussure. Pourtant, chasse le naturel de marché, il revient au triple galop. Les milliards d’octrois européens ? Il faudra les rembourser disent-ils tous en cœur, alors que la pandémie menace encore les édifices nationaux, que la paupérisation des sociétés s’accélèrent. En écho à leur tropisme libéral, les bourses exposent et explosent leurs hausses, comme celle de Paris qui, en plein marasme sanitaire, bat tous les jours des records (indécents).

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