Interview d'Emmanuel Macron au 20h de TF1 et France2 le 14 octobre 2020 - Capture Nos Lendemains.

« Je ne veux pas idéaliser l’économie française ou la société française, qui ont toutes les deux beaucoup de problèmes mais à une époque où les républicains (américains) dénoncent comme un socialisme destructeur tout effort pour rendre l’Amérique moins inégalitaire, il faut savoir que l’économie de la France – qui n’est pas socialiste mais se rapproche beaucoup plus du socialisme que tout ce que les démocrates pourraient proposer – se porte plutôt bien ». Ces propos laudateurs à l’avantage du gouvernement ne sont pas le fait d’un porte-parole de la république en marche, mais de Paul Krugman, économiste keynésien et Prix Nobel d’économie américain. Du baume au cœur du président de la république, qui, nonobstant sa politique du chéquier ouvert, apparaît encore à l’approche d’avril 2022 comme le président des riches… Plus que Nicolas Sarkozy et son maladroit bouclier fiscal.

Chacun se souvient des dispositions pour répondre à la colère des Gilets jaunes. A l’époque, Emmanuel Macron n’avait pas hésité à sortir 17 milliards, non par une politique de redistribution et de ruissellement, mais par un approfondissement de la dette de l’État. À l’avenant : augmentation de la prime d’activité, heures supplémentaires défiscalisées, baisse des impôts, primes exceptionnelles mais non impératives, annulation des augmentations des carburants. Un grand pari qui s’est révélé payant, éteignant progressivement la dynamique des manifestants du samedi. Drapés de ces mensures de redistribution, les élus LREM peuvent désormais se vanter d’être devenus des progressistes, après avoir gâté les plus nantis à base de fin d’ISF, et pall tax plafonnée à 30%. Autant de moins dans le budget de l’État. Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques précise l’ampleur de ces largesses faites aux plus aisés : « Les plus riches ont surtout bénéficié de la baisse de l’imposition des revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) ramenée à un maximum de 30 %, contre un taux d’imposition maximum sur les intérêts à 58,2 % et à 40,2 % sur les dividendes auparavant. Une aubaine pour les 1 % les plus riches dont le patrimoine est constitué à 34 % de placements financiers, alors que ceux-ci pèsent pour 16 % du patrimoine des 10 % les plus riches et presque rien pour les plus pauvres ».  

Une politique sociale par l’attribution de chèques en bois

Avec la fin de la crise épidémique, l’inflation fait son retour et le risque d’une relance des gilets jaunes. Vacciné contre ce virus social, le gouvernement s’emploie à éteindre les premiers feu quitte à « cramer la caisse » ! À sa main, le carnet de chèque (en bois) bien fourni de la France, après le déversoir du « quoi qu’il en coûte ». Une liste à la Prévert qui donne le tournis : chèque inflation de 100 euros, prime Macron jusqu’à 2000 euros, chèques-cadeaux jusqu’à 250 euros, chèque énergie exceptionnel de 100 euros.  En vérité, une forme  de la fameuse hélicoptère monnaie. Une pratique de distribution, au coup par coup, tenant lieu de politique sociale, et imposée par les circonstances de crises aiguës : Gilets jaunes, Covid, Inflation galopante. 

La fin du quinquennat d’Emmanuel Macron laisse songeur et amer, tellement le président a prôné et promis, en 2017, la révolution par le ruissellement vers la réduction des inégalités. En pratique, il aura été le chef d’État le plus libéral. Aucun acquis social pérenne, des cadeaux aux plus riches promettant en échange d’investir, en vain. Selon les derniers chiffres de l’Institut des politiques publiques, entre 2017 et 2022, les 5% les plus pauvres ont vu leur niveau de vie rogné, par la baisse voire la suppression des APL. Quant aux 1% les plus riches, ils ont profité d’un niveau de vie en hausse de 3% par les baisses d’impôts ; démontrant là, l’iniquité des mesures ponctuelles pour les plus modestes, structurelles en faveur des plus nantis… Ce qui n’empêchait pas au président Macron d’affirmer, le 15 décembre, sur TF1 et LCI : « Je suis pour un pays juste ».
Ne souriez pas. 

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