Capture vidéo Twitter

C’est une vidéo qui est devenue virale cette nuit. On y voit une femme enceinte noire, embarquée, dans la gare SNCF d’Aulnay-sous-Bois, par des agents de la SNCF qui la bousculent et la plaque ventralement avant de la menotter, en immobilisant sa tête. La femme crie. Les témoins demandent aux policiers d’arrêter. Ils leur disent « mais elle est enceinte ». Rien n’y fait.

Des images extrêmement insupportables.

Qu’est ce qui justifie un tel traitement ? Est-elle une dangereuse délinquante ? Porte-t-elle une ceinture explosive ? A-t-elle menacé ces agents ?

Non, rien.

Elle est plaquée, elle est enceinte.

Les justifications à cet acte, que l’on peut lire sur les réseaux sociaux, pour défendre ces agents (elle leur aurait mal parlé) sont presque aussi insupportables que les images. 

C’est une femme enceinte ! Point ! On ne touche pas à une femme enceinte. On discute, on peut même monter le ton mais on ne fait pas ça. Il n’y a aucune justification à cet usage démesuré de la force et la SNCF devra s’expliquer sur cette violence.

Hors de question qu’on nous refasse le coup de l’« épuisement des agents, la délinquance dans les transports en commun et toutes les bonnes raisons du monde qu’on connaît bien ».

Comment ne pas y voir une dérive raciste ? Comment ne pas nourrir un peu plus encore le sentiment d’injustice réel, physique, ressenti par ces habitants, qui, pour la plupart d’entre eux, sont autant que vous et moi ?

Cette interpellation musclée sur une femme noire enceinte nous rappelle l’injustice des contrôles au faciès. Patrick Weil, Le grand politologue français, professeur à Yale, compare ces contrôles au faciès aux vieux restes du code de l’indigénat, instauré en 1834 en Algérie, une législation d’exception pour les « autochtones », définitivement aboli par l’instauration de l’égalité juridique entre tous les citoyens dans les colonies en 1956.

Dans une vaste étude rendue publique en 2017, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon rappelait que les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes étaient contrôlés 20 fois plus en moyenne que le reste de la population.

Il est temps d’instaurer un véritable contrôle des contrôles, leur traçabilité, avec l’instauration par exemple d’un récépissé, qui était une promesse de François Hollande, abandonnée sous la pression de son ministre de l’intérieur Manuel Valls.

Il est temps car cette vidéo symbolise de la plus douloureuse des manières cette discrimination au quotidien. Et ceux qui la contestent semblent avoir oublié, dans les méandres de leurs peurs et de leur égoïsme national, la notion même de République, dont ils se gargarisent pourtant à longueur de discours.

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Cet article a 3 commentaires

  1. jocelyne ouang

    Je retiens  » elle leur a mal parlé  » ! Nous ne pouvons donc plus contester en parole sans être violenter . Dans quel régime des policiers peuvent-ils , au-delà de ce qui est inimaginable en démocratie , violenter physiquement une femme enceinte au risque de la faire avorter ? Ce qui s’est passé est bien plus grave qu’une bavure : c’est une prise de pouvoir de la police sur les citoyens ! Objectif atteint Macron !!

  2. Jacques

    Incroyable ! Il faut le voir pour le croire ! Les « agents » SNCF sont AU MOINS cinq … Et ils leurs faut plus de deux minutes pour parvenir à ne pas menotter une femme ENCEINTE !
    Ces agents doivent impérativement être licenciés pour incompétence professionnelle caractérisée, indépendamment des poursuites PENALES dont ils devraient faire l’objet pour les violences manifestement inappropriées qu’ils ont inutilement exercé sur une personne manifestement en état d’infériorité.
    On voir clairement que c’est un agent SNCF qui COMMENCE à bousculer cette femme avant qu’ils ne se ruent sur elle et la violente.

  3. Lechat

    Ce n’est pas parce qu’un quidam dit qu’elle est enceinte qu’elle l’est.
    Pourquoi affronte-t-elle les agents (surtout si elle est enceinte ce dont je doute)?
    En quoi est-ce que la couleur de la dame a un rapport avec son arrestation?

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