Image postée par un membre du Forum Reddit wallstreetbets qui a mis à genoux plusieurs fonds de Wall Street - via Reddit.
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GameStop est une multinationale américaine, cotée à la Bourse de New York, en crise depuis désormais quelques temps.

Les hedge funds, face à des situations pareilles, décident souvent de vendre des actions de la société en crise à découvert, spéculant sur la possibilité d’un krach boursier imminent.

En d’autres termes, ils empruntent les actions de la société-cible en échange d’une certaine commission journalière, ils les vendent au prix du moment et ils s’engageant à les acheter vraiment un peu plus tard, parce qu’ils espèrent que, pendant ce laps de temps, le prix baissera et qu’ils gagneront donc la différence entre le prix d’achat présent et le prix d’achat, inférieur, futur. Jusqu’au jour de l’achat effectif, ils payent tous les jours une commission.

Toutefois, si le prix de l’action en question devait augmenter, les hedge funds, et en général tous les vendeurs à découvert, seraient quand même contraints, à un certain moment, d’acheter l’action qu’ils avaient empruntée et déjà vendue. Et il seraient obligés de l’acheter à un prix plus élevé que celui auquel ils l’ont vendue (ils l’ont déjà vendue, donc ils doivent nécessairement l’acheter un jour ou l’autre), et puisqu’ils paient des frais pour chaque jour de emprunt, ils ne peuvent pas attendre trop longtemps.

Le 27 janvier dernier, un groupe de jeunes, pour la plupart appartenant à cette catégorie qu’on appelle « les geeks », du monde entier, chacun dans son coins, que ce soit dans un pyjama polaire, enfermé dans une chambre froide d’Europe du Nord ou dans des bermuda et tongs, allongés sur un coude sur une plage chaude de Californie, mais tous avec un téléphone portable à la main, se sont mis d’accord sur des différents réseaux sociaux (Reddit / Telegram / Instagram / Twitter et d’autres) pour acheter cette action tous ensemble, le même jour à la même heure, pour n’importe quel montant, selon les moyens de chacun.

Cela a provoqué, en moins de quelques heures, une hausse du titre de plus de 1000% et a forcé (comme ils l’avaient bien prévu) les hedge funds à l’acheter à leur tour, pour limiter les pertes, ce qui a fait décoller le titre dans un vortex.

L’objectif déclaré était de mettre à genoux les hedge funds, détestés par les petits investisseurs. Et cela semble avoir réussi puisque ces fonds spéculatifs ont accusé des pertes de près de 20 milliards (oui, milliards) de dollars!

Le titre se négociait, vendredi à la fermeture des bourses, à un prix 13 fois plus élevé qu’une semaine auparavant, c’est à dire une hausse de 1300%!

L’armée de geeks, sur les réseaux sociaux, déclare que la guerre vient juste de commencer et qu’ils n’ont pas fini de tendre des embuscades aux hedge funds. Dans leurs canaux, le mot d’ordre est ! #buy&hold, acheter et conserver.

Toutefois, le prix actuel du titre est totalement injustifié, compte tenu de sa valeur intrinsèque.

Comment cela se terminera ? Les geeks ont-ils une stratégie de sortie ? Ou l’opération se transformera-t-elle en une énième bulle qui éclatera, laissant des milliers de petits investisseurs avec une allumette en main et les doigts brûlés ? Y-aura-t-il des nouvelles sociétés/cibles ? Les fonds spéculatifs trouveront-ils une stratégie pour se défendre ou seront-ils obligés de changer d’outils pour gagner de l’argent avec des taux annuels à deux chiffres ?

Quel qu’il soit le final de cette saga, l’épisode du 27 janvier ouvre les portes à des phénomènes nouveaux pour Wall Street et pour d’autres secteurs qui touchent aux équilibres du monde entier. Cela montre encore une fois encore la force des masses associée à la force des réseaux sociaux et la faiblesse de certaines institutions qu’on donnait comme acquises, vis-à-vis d’un processus qui semble inarrêtable.

C’est un phénomène très intéressant, qui met en évidence certaines des nombreuses contradictions et fragilités du système dans lequel nous vivons.

Les réseaux sociaux ont littéralement « connecté » le monde pour le meilleur et pour le pire . . Le pire , nous le connaissons, notamment dans la manipulation de l’opinion par les pires démagogues ou les groupuscules les plus radicaux.
La politique a été touché, elle a dû changer et elle se retrouve désormais à courir après les réseaux sociaux, a les scruter , les analyser , à les utiliser à outrance , dans un assèchement de la pensée en 280 caractères .

La bourse avait encore échappé à ce phénomène, car elle était certainement trop loin des masses. Les réseaux sociaux de trading, les banques en ligne, l’ont rapprochée avec cet épisode à la fois réjouissant et inquiétant.

À quoi faut -il s’attendre dans cette révolution digitale de masse ? La monnaie pourrait être la prochaine cible ? La crypto-monnaie peut-elle aspirer à devenir la monnaie du peuple, ou la monnaie des masses, remettant ainsi en cause l’ensemble des politiques monétaires des États, telles que nous les avons conçues, connues et appliquées jusqu’à aujourd’hui ?

À suivre…

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