Capture video - Montage NosLendemains.

À J-4 des législatives, macronie, droite et RN déversent des seaux de haine sur le leader de la Nupes. Tous pour un et un pour tous contre Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci a eu le tort d’énoncer une vérité qui ne dérange pas assez : « La police tue ». Il considère même que ça doit s’arrêter, raison pour laquelle il préconise depuis longtemps une refonte totale du système. Estrosi, vainqueur du ball-trap anti-JLM devant Dupond-Moretti, a suggéré mardi que le chef de file de la gauche unie soit mis « hors d’état de nuire ». Cet appel au meurtre irresponsable a fait le buzz, c’était le but. Même pas mal : jusque-là tout va bien pour la Nupes. Forte d’un programme qui séduit de plus en plus, les jeunes notamment, et d’une percée nette au premier tour du vote des Français de l’étranger, la Nupes gagne encore du terrain dans les sondages. Surtout, elle vient d’infliger une défaite juridique magistrale au ministre de l’Intérieur qui a reçu mardi un carton rouge du Conseil d’État.

En charge de valider les nuances accolées aux candidats pour les législatives, Gérald Darmanin avait rejeté la nuance « Nupes » et l’avait carrément démantelée. La nuance « France Insoumise » apparaissait en solo, ainsi que « Parti socialiste » et « Parti communiste français ». EELV et Bayou se retrouvaient sous la nuance « Écologistes » aux côtés de Cap 21 et Corine Lepage. Magique. Dans le même temps, le chef cuisto de Beauvau avait accepté la nuance de l’alliance de la majorité présidentielle, « Ensemble ». But de la tambouille : propulser la team macroniste unie en tête des résultats du premier tour et la faire apparaître devant la Nupes, éparpillée façon puzzle.

La Nupes a vu rouge et a saisi le Conseil d’État. Elle a bien fait : la plus haute juridiction administrative de France estime, comme la gauche unie, que « comptabiliser les partis politiques de cette coalition séparément peut porter atteinte à la sincérité de la présentation des résultats électoraux ». Le juge des référés « enjoint au ministre de l’Intérieur d’inscrire avant le 10 juin la Nupes dans la grille des nuances pour les candidats aux élections législatives, afin d’assurer une présentation sincère des résultats ». Cerise sur le gâteau : l’État devra verser 3.000 euros « à l’ensemble des requérants, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ».

Gérald Darmanin, pourtant prompt, parfois un peu trop, à tweeter, ne s’était toujours pas excusé mercredi matin. Le compte Twitter du ministère de l’Intérieur a sobrement publié mardi un message indiquant qu’il prenait acte de la décision et « procéderait à la modification de la grille des nuances afin de créer la nuance Nupes ». Une véritable gifle au patron de Beauvau. Elle signifie que les garde-fous fonctionnent encore en France. Il n’en demeure pas moins très inquiétant que le ministre de l’Intérieur se soit livré à cette manipulation digne d’une république bananière.

Du côté des militants et cadres de la Nupes, et malgré les scuds qui fusent de partout contre l’alternative au macronisme, c’était la fiesta, mardi. Le « V » de la victoire a tourné sur les réseaux sociaux. Ugo Bernalicis, député LFi du Nord et qui se verrait bien succéder à Darmanin à l’Intérieur en cas de cohabitation, n’a pas caché sa joie, sans omettre d’adresser « une petite pensée pour les agents de préfecture qui vont devoir re-modifier la nuance attribuée à 577 candidats en trois jours ». Ça va bien se passer.

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