Emmanuel Macron face aux acteurs de la culture, le 6 mai 2020.
Emmanuel Macron face aux acteurs de la culture, le 6 mai 2020.

Un « chèque déconfinement » de 400 € pour 4 millions de Français. C’est la proposition avancée par Stanislas Guerini, Délégué général de LREM pour permettre à ces familles de sortir la tête hors de l’eau après un confinement difficile. Excellente idée, nous direz-vous. Pour une fois pourrait-on rajouter perfidement.  

Certes les macronistes auront mis du  temps pour réaliser le niveau de détresse sociale qui touche tout azimut. Des familles pauvres encore plus pauvres. Des indépendants et des Français des classes moyennes précarisés soudainement sans ressources. Des étudiants qui ont faim et vont finalement recevoir 200 € début juin, 2 mois après la bataille.

Bref, on se dit « oui, c’est un vrai besoin, une action utile, nécessaire et urgente ». Une idée qui pouvait rassembler largement. Elle a aussi été proposée par François Hollande. Et avant lui par Najat Vallaud-Belkacem. Mais voilà c’était sans compter avec Emmanuel Macron.

Le Journal du Dimanche nous apprend en effet que cette idée « ne plait pas du tout au Président ». Et le JDD d’ajouter que, lors d’une réunion en fin de semaine avec des chefs d’entreprise, Emmanuel Macron a souligné que « les ménages avaient moins perdu de ressources avec la crise que l’État et les entreprises, et beaucoup épargné (55 milliards d’euros) ».

Le raisonnement « macro » et déconnecté de Macron

On reste atterré par ce raisonnement « macro » du président de la République. Oui, certains ont pu faire des économies. Mais surement pas les 30% de salariés qui vivent avec moins de 1500 € net ni même les retraités les plus pauvres. Et les difficultés de ces familles sont d’autant plus importantes que le chômage partiel a souvent rogné 15% du revenu de foyers pour qui une telle baisse de revenu est un drame.

Comment un président peut-il ignorer à ce point le vécu des Français qui tirent le diable par la queue ? Comment est-ce juste possible ? Emmanuel Macron donne un fois de plus le sentiment d’être complètement déconnecté de la réalité vécue par les Français. Il ne les connait pas. On se demande d’ailleurs à quelle occasion, il aurait pu ne serait-ce que toucher du doigt cette réalité. Un François Mitterrand pandant avait pu, pendant la guerre ou au cours de ses mandats, entrer en contact avec la réalité de la pauvreté, des difficultés sociales. Passé directement des études à l’Inspection des Finances, de la banque à l’Élysée, Emmanuel Macron rien connu de tout cela. Une déconnexion de la réalité telle, qu’on l’avait entendu dire, pendant la campagne présidentielle, il avait eu « des fins de mois difficiles », étudiant à Paris, en vivant avec 1000 euros par mois. Une déclaration qui avait provoqué un tollé. Aujourd’hui l’anecdote en dit long sur son ignorance de la vie.

On aurait pu croire que la révolte des Gilets Jaunes avait permis au président de réaliser que la question du pouvoir d’achat n’était pas seulement une question théorique, mais que des personnes vivaient cette question dans leur chair, chaque fin de mois. Dans l’affolement consécutif aux manifestations, Emmanuel Macron avait justement redonné un peu de pouvoir d’achat, ce qui avait contribué à l’accélération de la croissance en 2019. On pourrait se dire d’à défaut d’empathie pour ces millions de famille, il pouvait tirer des conclusions utiles sur la manière de relancer une économie en panne de consommation. Même pas.

Ni cœur ni calculette, Macron avance dans le brouillard

Le président est sincèrement convaincu que sa parole est performative : « Consommez vos 55 milliards d’économies ! ». Et hop voilà qui est fait.
Dans le même temps, Emmanuel Macron envoie ses troupes délivrer des messages plus anxiogènes et délirants les uns que les autres « « Attention baissez vos salaires, sinon les entreprises vont être obligées de licencier », « Renault peut mourir », etc.

Voilà qui est très inquiétant. On ne joue pas impunément avec la peur. Emmanuel Macron devrait d’urgence écouter ceux qui savent. Les Français peuvent passer l’éponge pour un peu d’ignorance et de manque d’empathie.

Mais lorsque le mépris devient patent, la révolte n’est jamais loin.

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