Marseille - Photo François Schwarz - Creative Commons (BY-NC 2.0).
Marseille - Photo François Schwarz - Creative Commons (BY-NC 2.0).

Ils ne s’y attendaient pas. Et ils ont appris la nouvelle lors du point de presse d’Olivier Véran. La métropole de Marseille / Aix et la Guadeloupe entrent donc à nouveau dans un confinement partiel avec la fermeture des bars et des restaurants, dès Samedi, ainsi que les salles de sports, les gymnases alors que les lieux culturels, déjà soumis à un protocole très strict, restent ouverts. À Marseille, la décision a provoqué une réaction unanime de la gauche et de la droite, à commencer par la maire de Marseille, Michèle Rubirola, qui n’a pas été prévenue.

On notera au passage que le Ministre de la Santé a rectifié, en expliquant qu’il s’était entretenu avec son premier adjoint, Benoit Payan. Drôle de façon de procéder assez peu conforme aux us et coutumes républicains. Passons sur ce procédé cavalier, et certainement avec arrières pensées politiques et regardons l’incroyable levée de boucliers, collective, sur l’ensemble du champ politique. Cela ressemble à une « sécession » politique symbolique. Colère de Michele Rubirola, mais c’est le President LR de la Region, Renaud Muselier, qui a eu les mots les plus durs : il évoque une « punition collective ».

De son côté, l’IHU du Professeur Raoult a publié ses graphiques, en expliquant que la situation se stabilise depuis quelques jours. Une réaction épidermique qui semble laisser de marbre le gouvernement qui s’appuie sur des chiffres : le nombre d’hospitalisations en réanimation. Aujourd’hui, 1/3 des lits de réa sont occupés. Un chiffre suffisamment inquiétant pour prendre des décisions drastiques.

 Ça tombe sur Marseille, fief du Professeur Raoult. Il n’en fallait pas plus pour parler de lien de cause à effet. Il faut souhaiter, pour la bonne santé démocratique, qu’une vengeance politique n‘est pas l’un des accélérateurs de ce tour de vis spectaculaire. Plus largement, ce point presse d’Olivier Véran, volontairement dramatisé, laisse rêveur. Si la forme est parfaitement huilée et ressemble à s’y méprendre aux exercices auxquels nous avait habitué Édouard Philippe, le fond est paradoxal. On ferme les bars et les restaurants à Marseille, on les ferme à 22h, à Paris, à Lille dès Lundi et dans d’autres grandes villes, mais on peut continuer à aller au théâtre, à se rendre à son travail, à l’école, à la fac. Ce virus circulerait donc après 22h et uniquement dans les restaurants et les bars.

Pardon pour la caricature mais c’est, à nouveau, assez incompréhensible, assez peu lisible et ça ne répare pas le déficit de confiance. D’autant qu’avant ce coup de massue, on apprenait que la Ministre de la Défense, Florence Parly, a menti, au tout début de la pandémie. Elle avait en effet affirmé que l’équipage qui avait ramené à Creil les Français de Wuhan, avaient été testé. Aujourd’hui, lors de la commission d’enquête devant les sénateurs, elle a rectifié « en fait, ils n’ont pas été testés, juste isolés ». Mensonge ou approximation ? Dans un cas comme dans l’autre, c’est grave. Soit elle savait et elle a menti sciemment, soit elle ne savait pas et elle ne maîtrise pas ses services.

Après l’affaire tragi-comique des masques, ces propos de la Ministre de la Défense contribuent, un peu plus encore, à nourrir la chronique d’une gestion cahin-caha, parfois calamiteuse et au fil de l’eau de la pandémie. Cette journée nous renvoie quelques mois en arrière, avec ce sentiment d’amertume et d’angoisse sur ce qui va advenir. Avec une donnée supplémentaire : l’acceptabilité sociale de telles mesures. Elle n’est pas acquise, tant s’en faut. Et les réactions marseillaises le prouvent.  Emmanuel Macron voulait tourner très vite la page Covid pour se consacrer à la relance. Il est rattrapé par l’épidémie, avec, aujourd’hui encore, plus de 13.000 infections en 24h. On sentait le chef de l’Etat frileux sur le tour de vis voulu par Olivier Véran. À l’évidence, c’est Olivier Véran qui a remporté son arbitrage. Reste désormais à l’expliquer et le faire accepter à l’opinion.

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