Melania Trump, « immigrante et femme très indépendante » lors de son discours à la convention républicaine - Extrait vidéo Washington Post.
Melania Trump, « immigrante et femme très indépendante » lors de son discours à la convention républicaine - Extrait vidéo Washington Post.

« Donald Trump n’est pas un politicien comme les autres. Il ne se contente pas de mots, il veut des actes et des résultats […] Je pense que nous avons besoin de mon mari aujourd’hui plus que jamais pour retrouver une économie forte ».

Mardi, lors de la deuxième journée de la convention républicaine, Mélania Trump a prononcé un discours de soutien à celui qui briguera un nouveau mandat à la Maison Blanche en novembre. Régulièrement prise en flagrant délit de refuser de donner la main à son conjoint Donald, l’ancienne mannequin a pourtant fait le job à fond. Elle est arrivée en s’avançant avec une démarche et une élégance absolues pour se planter devant une ribambelle de drapeaux américains, tailleur-jupe sobre, presque militaire, veste épaulée couleur kaki, cheveux lâchés. Belle comme dans un film américain.

Alors que Donald Trump affiche une franche tendance à snober le coronavirus depuis le début d’une crise sanitaire aujourd’hui troisième cause de décès aux États-Unis, Melania a affirmé d’entrée de jeu que l’administration de son mari « n’arrêterait pas de se battre tant qu’un traitement ou un vaccin efficace pour tous ne serait pas trouvé ».
« Je tiens à reconnaître le fait que depuis mars, nos vies ont radicalement changé. L’ennemi invisible, Covid-19, a balayé notre beau pays et nous a tous touchés », a déclaré la femme de celui qui a cru un jour que le coronavirus était un canular. « Ma plus profonde sympathie va à tous ceux qui ont perdu un être cher et mes prières vont à ceux qui sont malades ou qui souffrent », a-t-elle ajouté, avant d’assurer : « Donald ne se reposera pas tant qu’il n’aura pas fait tout son possible pour prendre soin de toutes les personnes touchées par cette terrible pandémie ». On pouffe à peine. Parce que c’est grave et qu’on se retient.

Au fil des mots, Melania Trump a coché toutes les cases des thèmes susceptibles d’accrocher le cœur des électeurs conservateurs, enchaînant les phrases simples avec cet accent singulier venu de Slovénie, pays « sous régime communiste à cette époque », où elle a grandi et fait des études d’architecture, à Ljubjana, avant d’arriver aux États-Unis à l’âge de 26 ans. Elle a pris le temps de raconter son histoire, remerciant son père et sa mère pour tout ce qu’ils ont fait « pour la famille ».
« En tant qu’immigrante et femme très indépendante, je comprends à quel point c’est un privilège de vivre ici, de profiter des libertés et des opportunités que nous avons ».
Une confidence qui vaut des points, mise en parallèle avec les déclarations fracassantes ou autres dérapages de son époux sur le thème de l’immigration, son cheval de bataille, et surtout avec la politique menée depuis qu’il est aux commandes du pays.

L’humanisme affiché par la Première dame tranche avec la brutalité souvent triviale de son époux. Elle est justement là pour ça, pour vendre de la douceur avec ses yeux de chat. Madame Trump a salué la force et la solidarité des populations qui ont tout perdu après une catastrophe naturelle, elle a rendu hommage au courage des millions d’Américains qui luttent pour leur survie et celle de leurs familles, « ils sont l’épine dorsale de ce pays ». La Première dame a fait part de son son émotion et de celle de Donald devant la misère du monde, ici et ailleurs (elle, on la croit forcément, lui, on sait qu’il n’hésite pas à aller se consoler sur les greens).

Évoquant les manifestations qui ont secoué les États-Unis après le meurtre de George Floyd et les divisions enracinées dans une Amérique au bord de l’implosion, Melania Trump a lancé un appel : « Je demande aux gens d’arrêter la violence et le pillage commis au nom de la justice, et de ne jamais faire d’hypothèses basées sur la couleur de la peau d’une personne. Au lieu de démolir les choses, réfléchissons à nos erreurs ». Suivez mon regard. Cette façon de voir tranche avantageusement avec la saillies régulières de son mari contre les antifascistes et les anarchistes, que le Président accuse de tous les maux, tout en se montrant beaucoup plus indulgent avec l’extrême droite suprémaciste qui se sent pousser des ailes. Il devrait écouter les conseils de Melania, au moment où à Kenosha, dans le Wisconsin, une nouvelle affaire de violences policières sur un homme noir de 29 ans, Jacob Blake, qui restera paralysé après avoir reçu sept balles dans le corps, a provoqué trois nuits de violences et fait deux morts.

Entre crise sanitaire et chaos dans un pays déchiré, l’entrée en scène millimétrée de Melania Trump, supposée adoucir l’image de son époux, aura sans doute un impact positif sur la campagne du président sortant, crédité de sept points de retard sur le démocrate Joe Biden dans les sondages, même si cet indicateur n’est que modérément significatif compte-tenu du mode de scrutin américain.

Le moment est d’autant plus déterminant que Melania s’est attiré les foudres de quelques millions de citoyens très mécontents de la rénovation de la Roseraie de la Maison Blanche, initiée à sa demande. À l’origine, en 1962, c’est Jackie Kennedy qui avait imaginé l’aménagement du White House Rose Garden, en collaboration avec l’horticultrice américaine Rachel Lambert Mellon. Des cohortes d’internautes indignés ont notamment fait valoir que les couleurs avaient disparu. Quid du chêne de Macron, by the way ?

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