Olivier Véran, ministre de la Santé lors du point de situation covid du 27 août 2020 - Capture TV.
Olivier Véran, ministre de la Santé lors du point de situation covid du 27 août 2020 - Capture TV.

L’information a circulé fort opportunément : celle de l’ire présidentielle contre le Ministre de la Santé, Olivier Véran, qui demandait à serrer la vis à Marseille et Bordeaux (fermetures des bars et des restaurants). S’en est suivi un recadrage musclé, nous dit-on, d’Emmanuel Macron qui estime que « les Français n’ont pas à payer parce qu’on n’est pas bons sur les tests » !
La charge s’adressait à son ministre, le “on” en question, mais il pourrait se l’adresser à lui-même. Car qui claironne depuis des mois que nous sommes prêts, archi-prêts sur les tests, qu’on va voir ce qu’on va voir ? Le chef de l’État et ses ministres. Justement, on voit ! 

Des files interminables devant les labos ; des gens qui campent la nuit pour être sûrs d’être testés suffisamment tôt pour avoir leur résultat le plus rapidement possible ; des délais de 36 heures à 5 jours ; des laboratoires submergés, et un coupe-file dans certains endroits, notamment en Seine Saint Denis, si vous acceptez de payer 100 euros pour avoir le résultat plus vite. Une gabegie qui ne peut pas s’expliquer uniquement par les hypocondriaques qui viendraient se faire tester plusieurs fois par semaine !

Comment est-il possible que l’Allemagne ait installé, sur des parkings, des tests gratuits avec résultats dans l’heure. Les Espagnols font la même chose partout, notamment dans les supermarchés, comme les italiens, qui ont installé à Rome, par exemple, sur les parkings déserts de l’aéroport de Fiumicino, un gigantesque labo où vous êtes testés gratuitement, avec résultat dans la 1/2 heure. Comment est-il possible que la France ne soit pas capable de mettre en place ce type de dispositif ? On sait que l’Allemagne a lancé très tôt la fabrication massive de ces tests, pour affronter le déconfinement. Inutile de dire à quel point la conférence de presse d’Olivier Véran sera scrutée par les citoyens et par l’Élysée. Il devrait annoncer la priorisation des tests, avec la question cruciale des critères. En revanche, les tests salivaires, plus rapides, ne semblent pas encore tout à fait opérationnels. 

Comme toujours, l’exécutif balance entre le sanitaire et l’économique. Quand Emmanuel Macron parle des Français qui n’ont pas à payer, il pense aussi, et peut être surtout, aux entreprises, qui mettent l’exécutif sous pression pour qu’il ne prenne pas de mesures pouvant freiner le semblant de reprise. Quand on se contente de fermer les écoles avec 3 cas de covid pour que les élèves ne lâchent pas les cours et que les parents puissent continuer de travailler, on se demande pourquoi, à l’instar de l’Espagne ou de l’Italie, on n’a pas recruté 30.000 à 40.000 professeurs pour permettre de dédoubler les classes et assurer une réelle distanciation physique ?

Tout semble être décidé en fonction des événements, un peu à la va-comme-je- te-pousse et explique de drôle de pas de deux, ce discours sur la responsabilité des citoyens, qui ressemble de plus en plus à une défausse sur eux. Avec, au final, cet énieme épisode rocambolesque sur les tests, qui rappelle le sketch tragi-comique sur les masques. Maia ça n’empêchera pas le gouvernement de marteler que nous sommes les meilleurs ou presque dans la gestion du Covid. À l’étranger, ça fait sourire, pour rester aimable.

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