Attendre au café, Paris - Photo Nacho Rascón - Creative Commons
Attendre au café, Paris - Photo Nacho Rascón - Creative Commons

Bien sûr Emmanuel Macron est attendu sur la crise qui secoue la police et celle qui jette des dizaines de manifestants dans la rue en France depuis le meurtre de George Floyd aux USA.

Mais, chacun voyant midi à sa porte, il est surtout attendu sur l’accélération du déconfinement.  On comprend les restaurateurs d’île-de-France qui sont totalement désabusés lorsqu’ils regardent les images d’une manifestation statique, regroupant 20000 personnes pour la plupart sans masques alors qu’ils ne peuvent pas ouvrir leurs établissements à l’intérieur, pour quelques dizaines de places. 

Et même si Paris se transforme en terrasse géante, mangeant les trottoirs, les places de stationnement et parfois même, une partie de la chaussée, ce bricolage très agréable à vivre pour les parisiens, ne peut pas compenser le manque à gagner d’établissements qui tournaient généralement avec deux fois plus de couverts. 

Les chiffres sont anxiogènes : 30 à 40% des cafés, restaurants ne passeront pas le cap de la fin de l’année.  Un désastre humain, économique et culturel.  Que serait la France sans ses troquets, ses petits restaurants de charme au détour d’un chemin ? Plus tout à fait la même.  La profession réclame un déverrouillage d’urgence et elle à raison de le faire. 

On comprend également les organisateurs de festivals, qui bien souvent font vivre des bassins entiers, comme le festival des vieilles charrues à Carhaix ou celui d’Avignon. Ils voient les parcs d’attractions rouvrir, les cinémas, les musées. Eux ont été obligés, dans le doute, de s’abstenir, provoquant un désastre financier qu’on ne mesure pas encore vraiment sur les intermittents et les villes et régions qui les accueillent et les soutiennent depuis tant d’années car ils sont devenus une grande part de leur identité. Que serait la Rochelle dans les Franco, Orange sans son festival, la Roque d’Antheron sans son festival de piano ou Belfort sans les Eurockéenes.  

Les États Providence que sont la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne sont parvenus à sauver 40 millions d’emplois.  Pour le moment, le soutien est quasiment sans faille mais Emmanuel Macron devra aller ce soir probablement plus loin dans le « quoiqu’il en coûte » et soutenir jusqu’au bout ces secteurs dévastés, aussi importants que le construction automobile.

On comprend également l’inquiétude des professionnels du tourisme.  Que serait la France sans les étrangers qui viennent la visiter ? 1er pays au monde, avec l’Espagne et l’Italie à recevoir autant de touristes , pour ces professionnelles , le choc est rude.  Il devra rassurer et dire comment on l’amortit. 

Comment on rouvre les frontières, surtout celles extérieures à Schengen ? Quand pourront voir revenir les chinois, les américains, les japonais, tous ces amoureux inconditionnels de la France qui participent à son économie ?

Si le confinement était plutôt facile, le déconfinement est assez incohérent, avec une règle et une multitude d’exceptions à la règle. 

Les Français s’impatientent mais Pékin reconfine et de nouveaux clusters apparaissent dans le pays.  Dans cet entre-deux là encore le chef de l’État devra parler clairement.

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