Samedi 20 Mars 

Absurdistan : Même si on voulait dire du bien, chercher, dans ce grand bazar, à tourner un compliment, nous ne le pourrions pas, tant cette première journée de confinement non confiné résume à elle seule l’absurdité de la décision prise par Emmanuel Macron. 

D’abord l’attestation de sortie, de 2 pages, qui liste 15 motifs de déplacements. Aucune contrainte sur l’heure et le temps de sortie mais vous êtes priés de dire très précisément ce que vous allez faire et pourquoi vous allez le faire. Le virus tremble certainement devant cette arme de destruction massive administrative et nous, nous restons pantois devant une telle créativité bureaucratique. 

Ensuite les gares et les aéroports ; pleins à craquer ! Premier jour de non confinement confiné et voilà l’exode des parisiens vers des terres plus accueillantes, sans vraiment percevoir un tour de vis de la maréchaussée, comme si au fond, c’était presque permis alors que les déplacements au-delà de 10 kms sont officiellement interdits. Le virus tremble certainement de devoir voyager en train, même pas en première classe, pour aller s’aérer en Bretagne ou à Deauville et rejoindre ses parents isolés. 

Enfin les magasins : hormis les vendeurs de chaussures, de vêtements, les toiletteurs pour chien, les magasins de déco, qu’est ce qui est fermé, au juste ? Rien ou presque.  

Je comprends les médecins qui ne décolèrent pas face à une décision sanitaire aussi floue, ambiguë et ? pour tout dire, absurde. Tout ça pour quoi ? Pour qu’Emmanuel Macron puisse dire qu’il n’a pas reconfiné tout en prenant quelques mesurettes pour la forme ? 

Et en laissant des centaines de commerçants désespérés de devoir tirer une nouvelle fois, et peut être pour toujours, le rideau de leur boutique ? 

Ce genre de décision, ce confinement « en même temps » ne fait que des mécontents. Et oui, il s’agit bien d’un tournant dans le quinquennat. Si les chiffres de l’épidémie sont mauvais à la fin de la semaine et si, en parallèle, le rythme de vaccination ne progresse pas, ce sera certainement, avec l’épisode des gilets jaunes à l’Arc de Triomphe, en Décembre 2018, la semaine la plus noire de son mandat. 

Certains racontaient hier une drôle d’histoire au sein de l’exécutif : un Président mis sous pression sanitaire par son ministre de la santé et son premier ministre, un président contraint de reconfiner à sa façon, histoire de démontrer une nouvelle fois que c’est lui et lui seul qui dirige et décide. Si cette histoire est vraie, elle nous glace tant elle démontre, si besoin était, qu’Emmanuel Macron a pris un goût inquiétant à l’exercice du pouvoir en solitaire, emmenant des décisions absurdes. 

-La diversion UNEF : Et pendant ce temps, que fait Jean-Michel Blanquer ? Il bataille pour installer au plus vite des extracteurs d’air dans les classes ? Il bagarre pour que les professeurs aient des auto-tests ? Il lutte pour que les enfants soient testés massivement ? 

Non, Jean-Michel Blanauer théorise le fascisme prétendu de l’UNEF qui organise des réunions “non mixtes”, réservées aux personnes qui veulent exprimer les actes racistes qu’elles subissent. On est chez les maboules ! Cette double charge de Frédéric Vidal sur l’islamogauchisme, de Blanquer sur  l’UNEF est purement idéologique et électorale. Marine Le Pen fait tellement trembler l’exécutif que tout moyen est bon pour construire un message susceptible d’attirer quelques voix d’extrême droite, le mantra contre le “gauuuuchiiisme” gangrenant nos chères têtes blondes étant le plus couramment utilisés. La ficelle est trop grosse pour fonctionner, et elle est surtout très dangereuse car elle nourrit ce qu’elle est supposée affaiblir. Décidément, rien ne nous sera épargné jusqu’au bout. 

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    Tous les journalistes et éditorialistes du figaro ou de valeurs actuelles majoritaires sur les plateaux tapent sur leur bouc émissaire préféré : la bureaucratie épargnant Macron et le libéralisme . Ils oublient que la bureaucratie ne fait que mettre en musique parfois de façon risible (attestation )le cap fixé par Macron, celui de la logique libérale.

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