Ah il est certain qu’il trouvera des bonnes âmes pour le défendre, pour dire que ça n’est pas bien grave, que c’est une erreur mais qu’on ne va quand même pas en faire un fromage.
Et pourtant, ce que révèle l’association d’idées de Nicolas Sarkozy hier soir, sur le plateau de « Quotidien » est terrible pour lui et pour nous. Reprenant allègrement le leitmotiv de tous ceux qui canardent le politiquement correct, l’ancien Président se lance dans une diatribe contre l’élite qui se masquerait les oreilles, les yeux comme les singes …et soudain il s’interrompt pour se demander, à haute voix, si on a encore le droit de dire le mot « singe » citant comme exemple de cette censure, ce « on ne peut plus rien dire », le changement de titre de « 10 petits Nègres ». Voilà l’association d’idée immédiate. Du racisme à l’état brut ! Cette saillie nous rappelle immédiatement la couverture du journal d’extrême droite « Minute », condamné pour avoir mis en Une Christiane Taubira et ce titre à vomir : « Taubira retrouve la banane ».

Revoilà donc le Sarkozy que l’on connaît si bien et qu’on a eu tant de joie à sortir de l’Élysée en 2012. L’homme de cette droite décomplexée qui a fait rentrer le racisme dans le discours politique à coup de « karcher », de « racaille » et de discours de Grenoble, comme celui de Dakar, où il évoquait l’homme noir qui n’est jamais entré dans l’histoire, contaminant peu à peu le champ politique, d’une partie de la gauche  à la droite, entraînant une surenchère permanente sur l’ordre, la sécurité, sans obtenir d’ailleurs le moindre résultat, ni sur le terrain, ni dans l’étouffement de l’extrême droite, qui n’a fait au contraire, qu’embellir depuis ces années, illustrant le précepte de Jean Marie Le Pen « on préfère toujours l’original à la copie ».

Le revoilà en tête de gondole, et porte-étendard de ce courant fustigeant la bien pensance, qui est souvent, du pur racisme déguisé en discours de lucidité.

Cette fois, pris au piège de son inconscient et de cette tendance lourde qui s’exprime de plus en plus librement dans les médias, Nicolas Sarkozy s’est lâché malgré lui. Le masque de l’assagi est tombé : pour lui « singe égale noir ». Un concentré de racisme.

Face au tollé que provoque cette séquence surréaliste, il se fendra peut-être d’un communiqué, d’une excuse. Même pas sûr ! Ce discours ricanant et confus plait terriblement à cette partie de la droite, qu’il a contribué à créer, à grands coups de menton, de saillies sur la fin de la civilisation, d’hymnes aux racines chrétiennes de la France, j’en passe et des meilleurs. Ce matin, ses amis, notamment Rachida Dati, rappelle qu’il admirait Aime Césaire, comme il l’a rappelé hier soir, et Barack Obama. Et alors ? Ces admirations valent-elles absolution d’un système de pensée ? Pendant 15 ans, Nicolas Sarkozy, qui nous a fait le coup du « petit français de sang mêlé » a semé ces graines et a engendré une créature que nous nous aurons beaucoup de mal à maîtriser : le racisme décomplexé, érigé en liberté de penser. Merci pour ce moment !  

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Cet article a 4 commentaires

  1. Emma

    Il y a le « racisme à la papa  » si j’ose dire bien représenté par Sarkhosy. Et puis il y a le « nouveau racisme », le racisme relooké par les trentenaires comme Devecchio ou la bande de valeur actuelle qui par un retournement pervers se présentent comme les victimes d’un racisme anti blanc.
    Même le Monde s’en inquiète.

  2. Emma

    Les médias créent un problème où il n’y en a pas comme cette histoire de statue à Rouen et ensuite laissent les nouveaux racistes développer leurs idées nauséeuses comme la fait Devecchio.

  3. Rosa

    Moi, je me suis tapé tout l’entretien , et si effectivement, la séquence où Sarko laisse parler son inconscient m’a scotchée, tout le reste , TOUT LE RESTE mérite d’être entendu : de  » crime-z-et chatiments  » à « je préfère la différence parce que l’égalité ça nivelle par le bas », en passant par  » je suis un bagarreur toute ma vie j’ai revé d’être président  » … le récit d’une opération d’un phlegmon  » à vif » sous les yeux éperdus d’amour des  » journalistes » présents , a été un moment rare de bêtise et de flagornerie, pas seulement la sienne de bêtise, mais aussi la nôtre , celle à laquelle nous convoque la bande de « journalistes » de Quotidien … Que faire ?

    1. Emma

      C’est vraie qu’on se sent un peu découragé ….

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