Site de fabrication de vaccin de Val de Reuil Sanofi Pasteur, France en Juin 2013 - Photo Sanofi Pasteur / Patrick Boulen - Creative Commons BY-NC-ND 2.0.
Site de fabrication de vaccin de Val de Reuil Sanofi Pasteur, France en Juin 2013 - Photo Sanofi Pasteur / Patrick Boulen - Creative Commons BY-NC-ND 2.0.

On en est toujours au stade des hypothèses concernant une éventuelle immunité contre le coronavirus. Anticorps ou pas, beaucoup ou peu, protection durable ou non : rien n’est certain, alors que la pandémie de Covid-19 a fait plus de 832.600 morts dans le monde selon l’Université Johns Hopkins, qui a recensé 24.499.384 cas positifs


Une équipe de chercheurs de l’Université de Hong Kong a revendiqué, lundi, la « première documentation mondiale » prouvant une réinfection. Il s’agit d’unJaponais de 33 ans qui avait contracté la Covid-19 fin mars, sous une forme ayant nécessité son hospitalisation pendant deux semaines. Il s’est rétabli et a été testé négatif. Il a de nouveau été détecté positif quatre mois et demi après sa guérison, en août, lors d’un contrôle à l’aéroport de Hong Kong, à son retour de vacances d’Espagne via le Royaume Uni. Cette fois-ci, il n’avait pas de symptômes. Selon les universitaires japonais, le séquençage génétique a montré que les souches virales à l’origine des deux infections  étaient « clairement différentes ». Ils en ont déduit que si les patients développaient des anticorps, le niveau et l’efficacité de ces anticorps pouvaient diminuer après quelques mois, les exposant à nouveau au risque d’infection, comme dans le cas d’un rhume ordinaire. 


Deux autres recontaminations ont été révélées mardi, après l’annonce japonaise. En Belgique, une femme d’une cinquantaine d’années a été infectée une première fois en mars, avec des symptômes légers, et l’a à nouveau été en juin. D’après le virologue belge Marc Van Ranst, elle aurait développé très peu d’anticorps durant sa première infection, c’est ce qui expliquerait sa vulnérabilité. Aux Pays-Bas, un patient âgé a également été contaminé deux fois. Son système immunitaire était détérioré, a détaillé Marion Koopmans, virologue qui conseille le gouvernement. « Une réinfection peut survenir chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli, qui n’ont pratiquement pas développé de résistance après la première infection », a-t-elle ajouté. Selon elle, « une explication pourrait être que l’infection était trop superficielle ou a été éliminée trop rapidement par l’organisme pour assurer une bonne immunité ».


Vendredi, l’Université du Nevada, Reno school of medicine (UNR Med) a signalé à son tour le « premier cas de réinfection des États-Unis », chez un résident du comté de Washoe âgé de 25 ans. En avril, le jeune homme, qui présentait des symptome (mal de gorge, toux, maux de tête, nausées, diarrhée), a été testé positif puis isolé pendant environ un mois jusqu’à ce qu’il soit guéri. Deux dépistages réalisés par la suite se sont avérés négatifs. Le patient a de nouveau été infecté en juin, et cette fois-ci il a dû être hospitalisé. Contrairement au Japonais, il a donc été plus gravement touché la deuxième fois que la première. Les génomes des échantillons du virus présent chez le jeune Américain ont été séquencés en avril et juin et ont affiché une « discordance génétique significative », ce qui implique qu’il a été infecté deux fois, explique le Professeur Mark Pandori, à l’origine de la découverte de ce cas


Le virologue dit ne pas être surpris. Il se montre prudent, soulignant qu’il ne s’agit que d’un cas et qu’il ne peut pas être généralisé. Mark Pandori pense que, comme pour la grippe, « les personnes vaccinées peuvent encore tomber malades parce que le système immunitaire est débordé ». Selon lui, ce qui importe, c’est de savoir si cela se produit souvent : le cas de ce jeune homme ne le démontre pas. « C’est une nouvelle maladie. Nous avons encore une courbe d’apprentissage abrupte et beaucoup de travail à faire, d’autant plus que des vérités dérangeantes surgissent », a confié le virologue américain sur KRNV TV

Ces réinfections, même isolées, ne font pas les affaires des partisans de l’immunité collective comme stratégie contre la pandémie, comme Boris Johnson, qui en est revenu. Par ailleurs, si les cas de recontamination venaient à devenir plus nombreux voire fréquents, ce facteur corserait un peu plus le défi relevé par les centaines de chercheurs en quête du bouclier magique.

Sur 150 à 200 vaccins actuellement en développement, onze sont sérieusement avancés. Selon le Professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil Scientifique, six sont en phase 3, celle qui précède la demande d’autorisation de mise sur le marché. Cette dernière étape consiste à vérifier, sur 30.000 à 40.000 humains, l’efficacité du vaccin, essayé et bien toléré en amont sur un plus petit nombre et qui a  suscité  une « réponse immunitaire » apparemment adaptée. Vendredi, Paul Hudson, le patron de Sanofi, a annoncé un « lancement mondial » du vaccin « en avril-mai 2021 » et une phase 3 entre novembre et décembre. La fabrication commencera avant les résultats des essais, en raison de l’urgence. « Ce n’est pas une course », soutient Hudson. Plutôt un Koh-Lanta-Corona entre géants pharmaceutiques en quête d’un totem qui vaut de l’or.

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Cet article a 1 commentaire

  1. LM

    Sur les vaccins, voici ce que dit la généticienne Alexandra Henrion Caude : « […] Lorsque l’on fait un vaccin, il faut le faire sur un organisme sain, en bonne santé. De la même façon, quand vous êtes vacciné, il est important que vous ne rencontriez pas un autre virus dans la foulée, parce que vous avez ce même phénomène qui peut survenir. […] Lorsque l’on regarde ces études, on doit au minimum discuter sans plus attendre de l’indication qu’il y a à vacciner notre population âgée cette année […] parce que sinon on a une chance, d’après ces études, d’augmenter une fois et demie à deux fois la possibilité d’avoir certaines affections respiratoires […] on doit en discuter […] le vaccin contre le coronavirus même, c’est une aberration de développer un vaccin sans connaître aucun des effets secondaires potentiels […] il y en a toujours […] Vacciner quelqu’un qui a eu le covid sans le savoir, c’est à nouveau le mettre en danger pour les mêmes questions d’interférences virales notamment […] Le cours de la bourse d’un laboratoire qui s’appelle Moderna est en train d’exploser, et là c’est très très grave, car c’est un vaccin dont le mécanisme repose sur un flux d’informations qui ne peuvent pas ne pas avoir des effets généraux […] aussi bien sur vos gènes (votre ADN) que vos protéines (les fameux acteurs de tout ce que nous sommes) […] C’est obligatoire, ces techniques de vaccinations vont avoir des répercussions sur ce que vous êtes. […] »
    Voir tout l’entretien ici : https://www.youtube.com/watch?v=UJEPgNP-ojg&list=PLaRAHzymuCedM997KHKXHAa2Fzy9B2Aok&index=7

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