La soirée TV du 11 février 2021 - Montage Nos Lendemains.
La soirée TV du 11 février 2021 - Montage Nos Lendemains.

La soirée télé du jeudi 11 février s’annonçait politiquement prometteuse. Ceux qui ont zappé entre France 2 et C8 n’auront pas été déçus. Le service public, via la très sérieuse émission « Vous avez la parole », présentée par la paire hautement crédible Léa Salamé/Thomas Sotto, avait choisi de mettre en scène un match entre Gérald Darmanin et Marine Le Pen. De « vendre » avant l’heure aux électeurs-téléspectateurs le duel qui leur est déjà promis à quinze mois de la présidentielle 2022. Et à la fin, si ce scénario se confirme, il sera vraisemblablement suggéré aux Gaulois de sauver la République en faisant à nouveau barrage au danger, à nouveau incarné par la présidente du RN, face à Macron, encore, peut-être, même si un sondage ose aujourd’hui l’hypothèse Édouard Philippe, en tête des personnalités qui « feraient mieux » que l’actuel Président « si elles étaient aujourd’hui au pouvoir ».

Le hic, c’est que le ministre de l’Intérieur de Macron et la leader du RN ont montré davantage de points communs que de différences. Darmanin a même trouvé son adversaire « molle » et « branlante » sur la question de l’islamisme et de la laïcité. Très drôle quand même, ce championnat d’extrême droite.

Presqu’aussi drôle que la tête de Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il s’est fait mordre le mollet, sur le même thème, par une ex-porte-parole LR, dixième sur la liste de François-Xavier Bellamy aux élections européennes, pas élue, reconvertie en chroniqueuse allergique aux Insoumis dont le chef de file était donc l’invité de Cyril Hanouna.

JLM : « […] Vous êtes banalement réactionnaire et vous n’aimez pas l’unité de la France ».

Elle : « C’est vous qui n’aimez pas les femmes […] ».

La frimousse de l’intéressé, en réaction, à cet instant précis, valait le gif. « Balance ton Poste » est devenu un spot politico-cathodique incontournable depuis que l’animateur jusque-là plutôt réputé bouffon a été adoubé par Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes et qui avait eu bien besoin de lui pour promouvoir le « Grand débat national » (au fait, où sont passés les cahiers de doléance ?).

« J’ai demandé l’asile politique à Hanouna parce que les fachos sont sur France 2, ils ont une loi pourrie, ils vont la voter ensemble… », a justifié Mélenchon, qui a taclé la chaîne au passage : « Ils sont incapables d’avoir des règles du jeu correctes et respectueuses des gens, tout le monde s’en plaint, y’a que moi qui ose le dire  ». En conclusion, il a remercié l’animateur de l’avoir accueilli « sans méchanceté et sans hargne ». « C’est vrai que j’ai été dur avec vous, parfois », a de son côté concédé Hanouna. On se frottait presque les yeux. Bienvenue en Bisounoursie.

Moyennant sa participation, Mélenchon s’est tout de même payé le luxe, et sûrement le plaisir, de refuser la présence d’Éric Naulleau, écrivain écumeur de plateaux télé et pilier du lieu, qui avait un jour confié « exécrer » tout ce que représente la France insoumise. Alors, petit joueur, le leader LFI ? Non. Raisonnable. Le candidat déclaré à l’Élysée s’est évité un bad buzz piégeux et a permis à C8 de faire valoir via Twitter, vendredi matin, des « records saison sur les cibles prioritaires ». Loin, toutefois, derrière France 2, qui a rassemblé 1.945.000 spectateurs. On retiendra que Xavier Deluc et Section de recherches ont été préférés à Darmanin, Le Pen et Mélenchon réunis.

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