Cinéscénie du Puy-du-Fou en 2014 - Photo Adrien Blanc - Creative Commons.
Cinéscénie du Puy-du-Fou en 2014 - Photo Adrien Blanc - Creative Commons.

On marche sur la tête ! Alors que Paris et Marseille passent en zone rouge et vivent désormais avec l’épée de Damoclès de la fermeture des restaurants et des bars en cas de nouvelle dégradation sanitaire, le Puy du Fou continue sa chevauchée en solitaire, semblant se moquer, avec la bénédiction du préfet de Vendée, et donc de l’état, des consignes sanitaires. Il avait pourtant reculé en juillet dernier quand les photos d’une soirée -spectacle réunissant 12.000 spectateurs, avait provoqué une levée de boucliers.

Mais la petite entreprise qui ne connaît pas la crise, persiste et signe. Le préfet a autorisé, pour la soirée du 15 Août, 9000 spectateurs, installées dans 3 tribunes de 3000 personnes avec masques et gel hydroalcoolique. Partout en France, la jauge a été fixée à 5000 personnes mais le Puy du Fou de Philippe de Villiers semble se départir à sa guise de toutes les règles en vigueur. On connaît les liens particuliers qui unissent Emmanuel Macron et le fondateur du Puy Du Fou. On sait la volonté du chef de l’état de séduire cet électorat de droite ultra et reconquérir cette France populaire qui apprécie, à juste titre, un spectacle attirant chaque année près de 2 millions de spectateurs.

Ce qui ressemble à un passe-droit est certes choquant sur le plan sanitaire mais participe de la confusion générale du message gouvernemental. Ce qui aurait dû procéder d’une règle générale, ne devient, au fil des jours, qu’une myriade d’exceptions à la règle.

Et ne parlons même pas du grand souk général après l’annonce de la quarantaine imposée par Londres aux voyageurs venant de France. Toute la journée, les compagnies aériennes ont augmenté leur cadence et leurs rotations, ainsi que les ferries et l’Eurostar pour tenter de ramener à bon port tous les citoyens de sa gracieuse majesté avant le couperet de samedi 4h du matin.

Mais qu’en est-il de la fameuse réciprocité, brandie comme une menace, jeudi soir, par le gouvernement français ? Quid des ressortissants français qui sont au Royaume Uni et veulent rentrer avant une éventuelle quarantaine ? Quid des touristes britanniques, qui avaient déjà bouclé leurs bagages pour des vacances en France ? Quand et à quelle heure commence la réciprocité ? Si je suis une française en vacances à Londres, quand dois- je partir pour éviter la quarantaine inévitable puisque réciproque qui m’attend lorsque je poserai un pied dans mon pays ? La encore, le plus grand flou demeure, certainement parce que la France n’est pas prête, techniquement, pour organiser de type de quarantaine et parce que la réaction du gouvernement a d’abord été une réaction de vexation et qui a bien du mal à être suivie des faits.

Encore une journée folle dans cette gestion du Covid-19. Ajoutez à cela ceux qui donnent de plus en plus de voix pour affirmer que l’épidémie ne repart pas alors que, dans le même temps, on nous montre la ville de Saragosse en Espagne qui réinstalle des hôpitaux de campagne. Qui croire ? À quel Saint se vouer ? Dans ce fatras, il faut une parole forte, claire, chirurgicale et pas de l’occupationnel sur le terrain, ou plutôt « les territoires ». Des moulinets qui brassent beaucoup d’air sans véritablement indiquer une direction claire.

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