Ces dernières années, les verts – ou plutôt, Europe Écologie Les Verts – se sont imposés comme l’un des partis politiques les plus populaires. Dans la dernière vague du baromètre politique BVA, ils caracolent à 56% de bonnes opinions, très très loin devant les autres partis politiques puisque LREM est à 34%, le Modem à 31, et les autres à moins de 30% de bonnes opinions.
Le principal ressort de cette popularité est simple : être un des seuls partis à être associé à une cause (l’écologie), qui est devenue sinon unanime, du moins très consensuelle depuis quelques années.
L’écologie a le vent en poupe, et EELV a en outre revêtu lors des Européennes et des municipales les habits du « renouvellement » que s’était auparavant accaparé le parti d’Emmanuel Macron. Le dégagisme modéré, le renouvellement « raisonnable », c’est EELV.

Du moins, jusqu’ici. Car il est une dimension de l’écologie politique qui, depuis la prise de plusieurs mairies en juin dernier, semble ressurgir peu à peu, et qui risque de ternir un peu cette image.
On les voyait rassembleurs. Désidéologisés. Pragmatiques. Participatifs.
On les découvre, à travers quelques initiatives emblématiques, plutôt sectaires, radicaux, avec des méthodes sinon brutales, du moins bien peu participatives et ouvertes.

Souvenons-nous : l’affiche « Bienvenue à Pédoland » pour accueillir Christophe Girard, l’élu PS mis en cause par certains militants – mais toujours pas par la justice – dans l’affaire Matzneff, c’était eux.

Le refus d’accueillir le tour de France à Rennes, alors que le cyclisme a une importance économique majeure, mais aussi symbolique et identitaire pour la Bretagne… c’est eux, à nouveau, sur la base d’arguments contestables, expliqués ici-même par William Hervé.

Dans bien des mairies, leurs premiers pas ont été des coups d’éclat plus clivants que ce que l’on aurait pu souhaiter ou anticiper : « dégenrer les cours de récré » , comme à Grenoble, est certes intéressant, mais on aurait pu souhaiter – en temps de crise économique qui plus est – qu’ils mettent en avant en premier lieu des initiatives plus directement sociales, comme soutenir le départ des enfants en vacances, ou les familles monoparentales qui avec le confinement ont vécu un calvaire.

Les maires de Grenoble et de Lyon ont déjà, de leur côté, soulevé maintes polémiques. Est-il utile de laisser planer la perspective d’une interdiction générale de la cigarette dans la rue, alors que nulle étude ne prouve le lien direct entre fumeurs et COVID ? Est-il urgent de mettre fin à un projet – à Bordeaux – de Maison du dessin de presse, lancée naguère par Wolinski ?

De fait, beaucoup de pionniers et d’avant-gardistes dans l’histoire politique plus ou moins récente se sont vus reprocher leur sectarisme ou leur brutalité. Il ne s’agit donc pas ici de reprocher aux élus d’avoir une vision et des convictions. Mais force est de constater qu’à force de décisions unilatérales, parfois mal expliquées, parfois même loufoques, de priorités semblant mal placées, ou encore de maladresses, on peut s’interroger sur les méthodes, et même parfois sur la conception de la société, portée par les écologistes qui accèdent au pouvoir local aujourd’hui. Les signaux qui s’accumulent laissent songeurs. Souhaitent-il vraiment un jour gouverner la France ? À ce stade, certains semblent plutôt se comporter en aiguillons, en lanceurs d’alerte, en agitateurs du débat public. Toutes fonctions très utiles. Mais qui ne correspondent pas toujours à ce que l’on attend d’un parti de gouvernement, à vocation majoritaire…

Dès lors, les partis jugés peut être plus « tristes » car « sérieux » pourraient au cours des mois qui viennent retrouver de l’intérêt aux yeux d’électeurs de gauche las des coups de menton, des querelles stériles car trop idéologiques ou trop polarisantes, et des plans inapplicables.

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