Extrait de la Une du Parisien du jour.

Macron is back. Dans la dernière ligne droite avant les législatives, le chef de l’Etat s’offre une mega couverture de presse quotidienne régionale , y compris Le Parisien. 

Objectif : éviter que la Nouvelle Union populaire écologique et sociale le prive d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, alors que les sondeurs s’accordent quasiment tous à dire que la partie n’est pas si facile . Des ministres en vue seraient fragilisés , par leur absence de visibilité , ou leur trop  grande , au choix . Ce serait le cas de Clément Beaune , Amélie de Montchalin qui n’ont pas encore imprimé dans le grand public , ou de Damien Abad , qui a contrario , a fait la Une des journaux pendant quasiment une semaine sur des accusations de viols et de harcèlement . 

En tout cas , la campagne est en rade . Elle saute de polémiques en polémiques de Abad au Stade de France , sans passer par la case projet . Comme en pareil cas , le chef a donc décidé de se charger lui même de sa promotion , sur un mode «  je dois décidément tout faire tout seul » , faute de laisser parler ceux qui étaient censés lui apporter des voix , cette fameuse triangulation qui , cette fois , ne semble ne pas vraiment fonctionner

À Marseille jeudi, Pap Ndiaye, pion essentiel dans la stratégie de l’Élysée pour séduire les électeurs de gauche , s’est contenté d’un rôle de potiche  dans l’ombre de ce Président qui parlait sur tout et à tout le monde . Pour sa première sortie, le nouveau ministre de l’Éducation nationale n’a pas bronché. Il a beaucoup opine du chef en écoutant religieusement le chef . Malaise. De son côté, la Première ministre semble avoir disparu corps et biens , sauf pour une séance photos dans le Point , vantant le trio de choc qu’elle formerait avec Amélie de Montchalin  et Agnès Pannier Runacher… Bonjour l’élan électoral ! 


A chaque chose , malheur est bon puisque la polémique « Stade de France » a chassé la polémique «  Abad » . Après s’être tortillé 5 jours , le ministre de l’Intérieur , Gérald Darmanin , a consenti enfin , devant le Sénat , a murmurer quelques excuses pour l’usage excessif des lacrymogènes mais pas grand chose de plus . 

Face à ce vide des idées et ce trop plein d’attaques , il était temps que Macron tente de reprendre la main , dans un contexte où toutes les enquêtes d’opinion montrent  un élan à gauche et une stagnation de la majorité . L’Élysée  a donc décidé de sortir son joker : à une semaine du premier tour des législatives : une ITV du Président en ligne vendredi et publiée samedi dans les colonnes de la presse quotidienne régionale (PQR), celle dont les Français se méfient le moins parce qu’elle est proche d’eux, à visage humain et qu’elle leur parle de leur vie . Pour avoir débuté et travaille en locales de nombreuses années, nous savons toute deux ce que ce travail de journaliste de terrain exige de précision , de débrouillardise et de résistance aux pressions politiques et économiques locales , qui, bien souvent , sont plus empoisonnantes que les pressions parisiennes . Cette précision est d’importance car il n’est pas question de remettre en cause la valeur de la PQR, et son caractère essentiel dans la vie de millions de gens . Et c’est justement ces millions de gens que Macron est allé chercher, soit une cinquantaine de titres, répartis au sein d’une dizaine de groupes dans toute la France.


Appelés d’urgence à l’Élysée, ils ont accouru , comme ce rédacteur en chef du Sud de la France , lâchant tout pour filer prendre un avion  et être au rendez vous dans le salon des ambassadeurs . La première interview du président de la République depuis sa réélection, ça ne se rate pas. Mais la méthode fait grincer des dents au sein même de nombreuses rédactions , qui vivent mal ce qu un syndicaliste d’un groupe  de presse de l’Est qualifie de «  pure opération de communication politique ».

Il n’empêche, c’est la deuxième fois que le locataire de l’Élysée fait le coup de réquisitionner la PQR en pleine campagne électorale, pour être mieux reçu, et perçu, dans les « territoires » où il n’a aucun ancrage. La presse régionale avait déjà été convoquée en catastrophe au Palais le 20 mai 2019, à six jours des Européennes qui se présentaient mal pour la liste Macron-Loiseau, « Renaissance » (déjà…). Plusieurs journaux, dont La Voix du Nord , avaient  refusé de se plier à cet exercice de communication politique.


Trois ans plus tard, on remet ça. Alors que la Nupes devance l’alliance de la majorité présidentielle dans les sondages, voici donc le chef de l’État en guest-star de la PQR à J-8 des législatives. Sa frimousse partout (ou presque) à la une d’une myriade de journaux. La même interview, les mêmes questions, les mêmes réponses, diffusées par des dizaines de titres , ainsi que sur leurs sites Web, parfois avec la mention « exclusif »… 

Il est vrai que le locataire de l’Élysée s’offre une vitrine unique, pour lui tout seul. À faire pâlir de jalousie Jean-Luc Mélenchon, qui devrait d’ailleurs demander à bénéficier du même traitement. À moins que ce soit prévu au nom du pluralisme. Ne serait-ce que pour que le leader de la Nupes puisse répondre aux attaques du chef de l’alliance majoritaire qui l’associe sournoisement à Le Pen. « Ils sont le désordre et la soumission ». Et vous Emmanuel Macron, vous êtes l’ordre et la liberté ? Pensez vous   vraiment que c’est ce qui caractérise votre premier quinquennat et l’entame du deuxième ? Amusons nous a faire le bilan des désordres et des soumissions depuis 2017. 


Le Président a évité les sujets qui fâchent vraiment. Le dossier Abad cache en réalité la forêt des casseroles qui tintent autour de lui. Le garde des Sceaux reconduit malgré les soupçons qui lui valent une mise en examen, malgré l’assassinat de Colonna dans une de ses prisons au mois de mars et malgré les tensions avec les magistrats au bout du rouleau, c’est normal ? Sans doute. Le député sortant Thierry Solère, architecte de la conquête macroniste à droite, incapable de se représenter car face à treize chefs d’accusation et qui prétend qu’il va continuer à conseiller Macron, normal aussi ? Jérôme Peyrat, condamné pour violences conjugales, proche du Président et que celui-ci a quand même essayé d’imposer à la députée sortante LREM en Dordogne, on s’en fiche ? La quarantaine d’affaires qui minent la majorité, affectant une vingtaine de membres du gouvernement, anciens ou actuels, ça ne fait pas un peu mauvais genre , dans une République prétendument exemplaire ? Non, puisqu’il n’en est pas question. Ni de McKinsey perquisitionné. Et les 91 adhérents de LREM devenue Renaissance exclus pour dissidence, on en parle ? Quid de la tentative de démantèlement de la nuance Nupes par le ministre de l’intérieur ? Le Conseil d’État tranchera mardi, au fait. 


En sollicitant une fois de plus, à une semaine d’un scrutin majeur, des journaux régionaux fragilisés aussi par la flambée du prix du papier , Emmanuel  Macron marche dans les pas de Jacques Chirac , qui s’était «  seulement » fendu d’une tribune dans la PQR, lors des législatives de 1997 , consécutives à la dissolution . Déjà à l’époque , l’opposition plurielle, emmenée par Lionel Jospin , avait , à juste titre , protesté… et elle avait gagné . Les lecteurs-électeurs ne sont pas dupes de la faveur médiatique consentie au chef de l’alliance « Ensemble !».  Les télés se sont jetées sur Le Conseil national de la « refondation », trouvaille du jour (qui contourne bien le Parlement) idéale pour faire mousser une propagande cathodique en boucle dans le sillage de la presse écrite. Ce grand moment de transparence a aussi enfanté une échéance pour la réforme des retraites : l’été 2023. On verra, hein. Les syndicats n’en veulent pas, de cette réforme, ni les Français. Ils votent dimanche prochain. Alors minute papillon. 

Moins de deux mois après avoir été réélu par défaut et par 18 millions de Français seulement, le président de la République s’autorise tout, et ça passe. Il continuera tant qu’aucun rapport de force ne lui sera opposé , rapport de force autant politique que médiatique . 

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Cet article a 3 commentaires

  1. Castex nicole

    Un page de pub Macron sur O France aujourd’hui
    avec communiqué des journalistes.
    Manquant de place pour parler des sujets suivants :
    Stade de France
    Damien Abad au gouvernement
    Recutement express d’enseignants organisé à Versailles
    Risque d abstention

  2. Rosa

    Très bon discours de Mélenchon à Villeurbanne, qui répond aux attaques …
    mais quoi ? sur le terrain , pour avoir ( un peu ) tracté , quand l’accueil n’est pas hostile, l’indifférence es totale : grosse inquiétude.

  3. Dominois

    beaucoup de bruit pour rien , la horde des adolescents attardés qui rêve encore sans rie faire , alors le capitalsme c’et E.Maxron , mais c’et grotesque , rien de préparé face à l’Europe où les vrais défis du r&el ne jouent pas eux à cache cahce Cela me fait souvenir tous ces moments de rêve alors que je me aisait floué par des tribuns malhonnêtes et fous , disons le  » fous » car faisant revenir à u stade préadolecent des centaones de milliers de ….ils sont sans nom sinon leur colère et leur déception va être terrible , tant pis ur eux , ils n’aient qu’à regarder la réalité de l’histoire et a mieux choisir leurs valurs et ceux qui les portent. Dommage . Il suffit que quelques imenses capitalistes ou invetisseurs se cachnet par forcéent lontemps pour que ….. mais ce sera la faute à qui vous savez, le scénario est déja écrit mais la réponse va être terrirble et ménera à de la violence et ceux qui y setojt prix sont ceux qui ne epuvent plus payer!

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