Isabelle Santiago (PS) arrivée en tête avec 33% des voix dans la 9ème circonscription du Val-de-Marne remercie les électeurs sur son compte Twitter - Photo Isabelle Santiago Twitter.
Isabelle Santiago (PS) arrivée en tête avec 33% des voix dans la 9ème circonscription du Val-de-Marne remercie les électeurs sur son compte Twitter - Photo Isabelle Santiago Twitter.

Bien sûr, ils sont nombreux, les fans d’Emmanuel Macron, à nous expliquer que les 1ers tours des 6 législatives partielles, qui avaient lieu Dimanche, sont avant tout marqués par un très fort taux d’abstention. C’est exact mais ça n’est pas une nouveauté. C’est le lot de la plupart des élections partielles. Utiliser le faible taux de participation pour justifier une déculottée pareille, c’est le principe même du déni en politique. Car il faut bien mesurer l’échec cinglant de ce parti majoritaire, celui de ce Président dont on nous vente, urbi et orbi, la bonne popularité, qui est incapable de passer la barre du 1er tour dans 6 circonscriptions, dont l’une était détenue par un membre de la majorité, Nadia Hai, devenue Ministre de la Ville.

Pas une seule fois, les candidats de la majorité ne seront parvenus à se hisser au second tour. Une déroute pour le parti présidentiel, qui suit la déroute absolue des municipales. Et pour couronner le tout, le numéro 2 de la République En Marche, Pierre Person claque la porte de la direction du parti avec des mots durs « nous ne sommes pas prêts ».

En pareil  cas, la présidence Hollande aurait été étrillée, comme celle de Sarkozy. Ici, rien !
À peine quelques lignes pour signaler les « incidents » de ces législatives partielles, les justifier par l’abstention, en se raccrochant immédiatement aux sondages, vendus à grand bruit, pour nous vanter le bon maintien du Président Macron dans les enquêtes d’opinion et démontrer ainsi que, non, tout ne va pas si mal !

Permettez-nous de nous étonner de ce gap entre le réel électoral et la doxa sondagière dont on nous abreuve depuis des semaines « Emmanuel Macron remonte ! », « Emmanuel Macron fait mieux que Hollande et Sarkozy », « Emmanuel Macron se maintient », 35% par ci, 38% par là.

Que signifient ces sondages ? Que près de 2/3 des français n’apprécient pas leur Président ? Oui, c’est ainsi qu’il faut l’analyser au premier chef. Qu’il se maintient contre vents et marées dans le rôle de l’homme le plus riche du cimetière, manière crue mais réelle d’indiquer qu’il n’a pas encore d’opposants pouvant bousculer, pour le moment, sa position centrale ? Oui, assurément. Voilà ce qui serait une analyse judicieuse et objective de la situation politique. Et si l’on regarde attentivement les résultats de ses élections partielles, non seulement LREM perd le siège de Nadia Hai, dans la 11ieme circonscription des Yvelines mais la gauche arrive en tête dans 3 des 6 circonscriptions, qu’il s’agisse du PS, de EELV ou de candidats d’union. Certes il s’agissait de conserver ces fiefs à gauche, ce qui n’est pas une mince affaire mais au second tour, dans la 11ieme circonscription des Yvelines, justement, détenue par En Marche et dans la 3ieme du Maine-et-Loire, les candidates EELV ou d’union de la gauche peuvent créer la surprise Dimanche prochain.

Après les municipales, les forces de gauche démontrent qu’elles ne sont pas mortes et que rien n’est perdu pour 2022, à la seule condition d’être unies autour d’un seul candidat ou une candidate. Si Anne Hidalgo semble aujourd’hui posséder les cartes les plus crédibles pour réaliser l’union, il est encore trop tôt pour avancer cette hypothèse comme un scénario possible. Tout le monde doit bouger, que ce soit Yannick Jadot, Cédric Piolle, les candidats socialistes potentiels comme Ségolène Royal, Bernard Cazeneuve et même François Hollande sans oublier la figure la plus forte actuellement à gauche : Jean-Luc Mélenchon.

Il y a loin de la coupe aux lèvres et l’union est un combat mais se dessine tout de même, à la lumière des municipales, de ces législatives partielles, des sondages qui montrent à quel point la France n’est pas le pays droitier que l’on décrit, se dessine peu à peu un tableau un peu moins noir, moins fataliste pour la présidentielle. Il ne tient qu’aux têtes d’affiches de parvenir à s’entendre sur un programme commun et une candidature unique qui le portera.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 2 commentaires

  1. Emma

    Une gauche pour quoi faire ?
    Si c’est une gauche qui continuera comme Hollande d’appliquer les traités européens bien gentiment, rien ne changera fondamentalement dans la vie des français.
    Les entreprises continueront à délocaliser et le chômage à croitre.
    Le changement climatique continuera à produire des catastrophes …
    Etc..

  2. thierry

    Pas mieux qu’Emma ….

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.