Interview du président Emmanuel Macron au JT de 13 de TF1 le 5 mai 2020.

À chacune de ses nombreuses apparitions médiatiques, le ministre de l’Éducation nationale ne perd pas une occasion de se faire mousser sur le dos de la communauté éducative chargée de mettre en œuvre un principe majoritairement approuvé dans le pays et devenu intouchable : la non fermeture des établissements scolaires. 
Contrairement à ce qu’on pourrait penser lorsqu’on entend les ministres et le Président s’enorgueillir, la position française n’est pas exceptionnelle. C’est aussi celle de l’Espagne ou de la Suède, où tous les élèves de moins de 16 ans ont continué d’aller en classe et en cours même au plus fort de la première vague. 

C’est avant tout pour être en mesure de  continuer à assurer leur mission que les enseignants demandent depuis des mois, en vain, à être mieux protégés : des masques dignes de ce nom ; des moyens permettant de dédoubler les classes des collèges (comme ça va enfin être le cas pour les lycées) ; des purificateurs d’air… notamment. Ils n’ont rien vu venir. C’est le système D qui prévaut. Le dépistage des cas positifs, en cours via les tests salivaires, a été lancé tardivement.

 Jusque-là, malgré tout, l’école tient, les fonctionnaires fonctionnent. Même avec le variant UK et un taux d’incidence de 302 pour 100.000 habitants chez les jeunes de 10 à 19 ans. Quand la perspective de la vaccination s’est profilée, il paraissait tout de même évident les personnels de l’Éducation nationale seraient prioritaires. C’est le cas dans certains pays comme l’Italie, le Portugal, les États-Unis… : début mars, Joe Biden a expliqué que trente États américains avaient lancé la vaccination des enseignants, il a invité les autres à faire de même. 
En janvier, Jean-Michel Blanquer a déclaré qu’il souhaitait que le monde éducatif ait accès au vaccin « d’ici mars au plus tard », juste après les personnes âgées et les personnels de l’hôpital. Début mars, Olivier Véran a indiqué que les enseignants n’étaient pas prioritaires dans le plan. Depuis, les syndicats se battent sur ce front-là aussi. Le Sgen-CFDT, le Snalc et l’UNSA Éducation ont écrit une lettre ouverte au Premier ministre. Le Snes-FSU a mis en ligne une pétition portant.

Ils ont accueilli positivement la déclaration d’Emmanuel Macron leur ouvrant à la voie (ainsi qu’à d’autres des professions « exposées ») à une dose d’antidote « mi-fin avril » quand il y en aura davantage. Déclaration à l’image de tout le reste : floue. Mi avril ou fin avril ? Sachant que ce sera long : l’immunité n’est pas immédiate et 1,2 million de personnes sont ciblées au total. C’est pour ça que les syndicats veulent du concret, au-delà de l’intention et de la pseudo annonce présidentielles. « Enfin Emmanuel Macron reconnaît que les personnels sont prioritaires parce qu’ils sont exposés à un risque. Maintenant, il faut passer aux actes : calendrier, modalités, mesures de protection supplémentaires pour les collèges », a réagi Sophie Venetitay (SNES-FSU).

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, dit-on. Par les temps qui courent, ça peut être précieux. Emmanuel Macron faisait un blocage sur le télétravail, il a modifié le tir quand il a compris qu’il fallait voir le « distanciel » comme une arme contre le virus. Le Président a reconnu mardi matin que les enseignants étaient sous la menace sanitaire. Il a donc intégré les multiples facteurs conduisant à la nécessité urgente de les protéger. On avance. Lentement. Le variant UK, lui, va vite. À Argenteuil, dans le Val-d’Oise, département confiné et très touché, sept cantines ont été fermées d’un coup mardi : plus personne pour s’occuper des élèves face à l’absentéisme dû à l’épidémie.

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