Photo Don Harder - Creative Commons BY-NC.
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Le travail salarié est l’ennemi des études. Et pourtant, la moitié des étudiants consacre une bonne partie de leur planning à combler leur maigre compte en banque à s’adonnant à des petits boulots, souvent mal payés, mais qui leur permettent de justement poursuivre leur aventure sur les bancs de la faculté. Sauf que cette année, un invité surprise est apparu, millimétrique, dangereux, et répandu partout, le Covid-19 ; empêchant les étudiants de charbonner en rond, en vue d’une rentrée, comme toujours, dispendieuse en frais de scolarité.

Dans le détail, selon une étude réalisée par l’Observatoire de la vie étudiante en 2017, 46% des étudiants exercent une activité salariée régulière. Mieux, la moitié d’entre eux travaille six mois par an. 20% affirment que cette activité entre en concurrence avec leurs études en termes d’horaires. 17% des étudiants salariés estiment que leur activité professionnelle engendre un impact négatif sur leur vie universitaire. C’est dans ce parcours déjà semé d’embuches qu’est intervenu le Covid-19 interdisant, et la poursuite normale des études, et la possibilité de les financer par un travail souvent sous-rémunéré.

Ainsi, entre le ralentissement économique, les moindres besoins des entreprises, les restaurants et les bars soumis à des mesures d’hygiène drastiques, le port généralisé des masques et une fréquentation en baisse certaine, les étudiants salariés éprouvent de vraies difficultés à s’insérer dans le marché du travail. Même pour la saison estivale. Mais le pire est à venir, avec une rentrée toute aussi morose. Et tous les cas de figure se présentent : de l’étudiant en fin de cycle promis à un emploi à la sortie de sa formation technique, à celui qui jongle entre études et intérim pour payer son loyer, à celle fraichement diplômée d’une école de commerce, et qui a dû emprunter 30 000 euros, promise à une embauche, et qui voit son projet d’intégration professionnelle s’éloigner.

Pas de places en fac et pas de boulot à la rentrée

Mais les « grosses galères » pour les étudiants salariés n’ont pas commencé en juin. Dès le 1er mois de confinement, en mars, les dés sont jetés, tout comme les difficultés à vivre. Sans boulot, avec la cessation de toute l’activité rémunérée, même chichement, il a fallu tenir. Le train-train quotidien des dépenses minimales devient un chemin de croix. Comment payer son loyer, où trouver les produits les moins chers : pâtes, riz, quelques légumes et surtout peu de viandes. Fin mars, le ministère de l’Enseignement supérieur a bien débloqué une enveloppe de 10 millions d’euros pour les étudiants les plus en difficultés… Qui n’ont pas réussi à couvrir l’ensemble des jeunes en difficultés. Priorité ayant été donnée aux plus modestes et aux boursiers.

À quelques semaines de la rentrée universitaire, l’arrivée en masse de bacheliers du Covid-19 s’annonce cataclysmique. Dans les universités par le manque de places, sur le marché du travail qui s’annonce darwinien par le sacrifice d’un bon nombre d’impétrants. Peu d’entre eux pourront se faire une place au soleil même pâle. Une espèce de double peine : d’une côté des conditions d’études exécrables, de l’autre une impossibilité de subvenir à leurs modestes besoins quotidiens. 2020 : Annus horribilis.

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