Pour l’hôpital public - Photo Jeanne Menjoulet - Creative Commons.
Pour l’hôpital public - Photo Jeanne Menjoulet - Creative Commons.

Les autorités médicales avaient pourtant averti dès la fin de l’été : attention une nouvelle vague arrivera cet automne, il faut se préparer, éviter d’asphyxier l’hôpital par des comportements irresponsables… Trop tard, Covid-19 a gagné aux points, renvoyant la France dans ses ornières sanitaires des mois de mars et avril. Aujourd’hui, retour du confinement, dans un contexte de pénuries hospitalières, établissements dépassés par les événements, et surtout par une courbe exponentielle de malades qui atterrissent pour beaucoup dans les services de réanimation. Des services pas prêts à assumer ces malades du Covid et du Covid moins. Victimes collatérales de cette insécurité sanitaire, les grands hôpitaux des plus grandes villes. Comme il est loin le temps du Ségur de la Santé qui devrait préparer les services, et récompenser les soignants devenus des héros…

Les chiffres sont cruels pour le gouvernement, de 12 000 lits prévus de réanimation, promis par Emmanuel Macron, il n’en reste plus que 5200 en réalité. C’est-à-dire autant qu’au printemps mais qui, aujourd’hui, accueillent tous les malades et par seulement ceux atteints de Coronavirus. De facto, des lits en moins ! Reste le matériel, comme les gants, les masques, les blouses dont les soignants sont bien équipées contrairement à la première vague. Mieux encore, l’État a fourni aux hôpitaux 29000 respirateurs pour les réanimations. Selon les derniers chiffres, on y meurt moins, ce qui marque un progrès non négligeable. Il n’empêche, la colère et l’incompréhension montent face aux manques de lits, de personnels, de promesses tenues. Surtout, la pandémie s’est répandue dans tout le pays, multipliant les besoins infirmiers et médicaux.

Les Hôpitaux des métropoles touchés mais pas encore coulés

Ainsi, l’Ile de France, située en zone écarlate, se distingue par un taux d’occupation des 1200 lits de réanimation déjà pris pour un gros tiers par les cas de Covid 19. Or, le seuil de danger se situait à 30%, pour laisser des lits disponibles aux autres pathologies : Cancer, accidents de la route, AVC, entre autres maladies graves nécessitant un passage dans ces services. Nonobstant les talents du professeur Raoult, les hôpitaux de Marseille tanguent aussi comme des bateaux ivres par le flux des malades admis en réanimation. Dans le détail, l’Assistance Publique Hôpitaux de Marseille a ouvert 212 lits, dont 40 pour la réanimation. Or, 90% de ces derniers seraient occupés par des patients atteints par le virus. Une situation d’urgence que l’on retrouve au CHU de Toulouse, et en Occitanie en général. En un mois, les entrées en réanimation sont passées de 70 à 150, avec leur lot de décès. Et, désormais, les places manquent, entrainant le transfert des cas les plus graves de l’Occitanie vers la Bretagne, encore épargnée par le tsunami sanitaire.

À défaut de traitements contre le coronavirus, et en attendant un hypothétique vaccin, la seule planche de salut des hôpitaux reste un confinement sévère, pour stopper la circulation des personnes et donc du Covid. Surtout, avec ce virus présent dans tous le pays, les solidarités interrégionales sont devenues impossibles, laissant chaque collectivité seule face à la pandémie. Ce qui a fait dire à un élu de Marseille : « Ouvrez des lits, les gens qui sont contaminés aujourd’hui vont en partie arriver dans les services de réanimation dans dix à quinze jours. »

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Cet article a 1 commentaire

  1. Marc

    L’extrême droite n’est jamais décevante. Ainsi Devecchio ce matin sur LCI prônait l’eugenisme.
    L’humanisme avance…

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