Frédérique Vidal - Photo Vilenath - Creative Commons - Emmanuel Macron - Capture Nos Lendemains.
Frédérique Vidal - Photo Vilenath - Creative Commons - Emmanuel Macron - Capture Nos Lendemains.

C’est la nouvelle obsession largement partagée à la droite de la droite qui double même parfois Marine Le Pen sur son extrême droite. Mais la gauche n’est pas en reste non plus : les islamo-gauchistes sont partout ! Dans vos écoles, dans vos administrations, dans votre quartier, dans vos médias et dans vos universités. Tant est si bien que la ministre en charge de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a même pris l’islamo-gauchisme par les cornes (du diable bien sûr) en diligentant une enquête sur les recherches en cours car voyez-vous, les méchants islamogauchistes se cachent partout, y compris dans les études de genres ou même l’écriture inclusive ! Oui, oui, puisqu’on vous le dit ! Immédiatement recardée par Emmanuel Macron, qui lui même souffle le chaud et le froid et jongle avec les concepts identitaires et les obsessions de la droite conservatrice et de l’extrême droite, sans aucun état d’âmes pourvu que ça vote en 2022. D’ailleurs, on peut s’interroger sur ce recadrage de sa ministre dont on imagine mal qu’elle ait pris une telle initiative sans l’assentiment de Jupiter, qui veille au grain sur absolument tous les sujets et dans tous les recoins de tous les ministères.

En attendant, ce terme fumeux envahit le débat public. Un terme qui ne signifie pas grand-chose. Popularisé par Pierre-Alain Taguieff, en 2000, pour désigner ces nouvelles alliances entre l’ultra gauche et l’ultra islamisme, ces nouveaux habits de l’antisémitisme, il a fait florès à droite et à gauche, Manuel Valls étant le premier à en faire une arme de destruction massive de sa propre famille politique, dont il n’a pas réchappé malgré toute sa stratégie supposément implacable. Une expression qui sert à disqualifier, à exclure, à excommunier. Est considérée comme islamogauchiste toute personne qui, dans une conversation, se permet de défendre le droit des musulmans à pratiquer leur culte, à être respectés et pas considérés, dans une globalisation vénéneuse, comme une seule entité jamais soluble dans la République. Le moindre bémol aux discours bellicistes, qui commencent et s’achèvent toujours par l’immigration, tout cela vaut excommunication des nouveaux bien-pensants. C’est aussi grotesque que dangereux. Car il ne saurait y avoir de concorde civile sans nuance, sans complexité, sans respect de l’autre. L’emploi de ce mot-valise, à la fois épouvantail et massue, ad nauseam, sur tout sujet, fabrique certes de la colère, du frontal, mais, plus profondément, du désintérêt, de la lassitude, du découragement, et à terme, électoralement, de l’abstention. Et que dire d’Emmanuel Macron, essentiellement élu, en 2017, pour barrer la route à Marine Le Pen et qui n’a de cesse de faire siennes les lignes idéologiques de cette droite en espérant que les électeurs se détourneront d’elle pour venir vers lui. Une illusion évidemment qui abime un plus encore la cohésion de notre pays.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Rosa

    S i je m’en tiens à mon propre vécu ( source d’erreur, je sais ) vous avez raison, Mme Degois, d’évoquer la lassitude des français, mais , permettez moi, cela me parait bien peu de chose face à la gravité des faits : une chasse aux sorcières en plein désastre de l’université … mais jusqu’où vont-ils aller ?

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