Incendie dans la nuit de jeudi à Minneapolis - Photo via Trevor Hughes correspondant USA Today sur Twitter - @TrevorHughes

À Minneapolis, New York et dans bien d’autres villes des USA, les américains sont descendus dans la rue pour protester contre la mort atroce de George Floyd. La mort intolérable de cet afro-américain, étouffé par un policier et filmé en direct, a soulevé une très forte émotion partout dans le Monde.

Les manifestants américains réclament justice pour George Floyd, nouvelle victime afro-américaine d’une longue liste, qui ne cesse de s’allonger malgré les protestations et le mouvement « Black Lives Matters », « les vies noires comptent ».

À Minneapolis, ville où a eu lieu l’arrestation mortelle de Georges Floyd, la manifestation a tourné à l’émeute. Un poste de Police a été pris d’assaut et incendié par des émeutiers. « Notre ville est pleine de douleur et de colère », a déclaré le Maire de la ville Jacob Frey ajoutant que ces saccages sont « inacceptables ».

Dans la ville de New York, la manifestation de Union Square a donné lieu des dizaines d’arrestations. Et les manifestations devant les Capitols de Denver, Colorado et Colombus, Ohio ont aussi pris un tour chaotique entrainant le « confinement » des 2 assemblées. Une élue du Colorado rapporte au New York Times que la manifestation se déroulait dans le calme ce que quelqu’un tire dans la foule des manifestants.

 Ces évènements se déroulent alors que la mairie de Minneapolis avait promptement réagi en limogeant immédiatement les 4 policiers incriminés dans la mort de Georges Floyd. Ceci sans attendre les enquêtes, tant les images sont accablantes. Mais si le Département de la Justice promet une enquête approfondie, les procureurs, local et fédéral, ont expliqué jeudi soir qu’ils n’avaient pas encore décidé de mettre en accusation et de poursuivre les 4 policiers, dans l’attente de leurs enquêtes préliminaires.

Mais Donald Trump lui n’a pas tardé à réagir à ces manifestations et à menacer par la voie de tweets qui ont été signalés par Twitter comme « des appels à la violence » :

« Ces VOYOUS déshonorent la mémoire de George Floyd et je ne laisserai pas faire cela. Viens juste de parler au Gouverneur Tim Walz et lui ait dit que l’Armée est tout à fait à ses côtés. En cas de difficultés, nous assumerons le contrôle mais, quand les pillages commencent, les fusillades commencent. Merci. » a écrit sur Twitter le Président des États-Unis. Tweet signalé par la plateforme comme contrevenant à ses règles. Une décision qui ne va pas arranger ses relations tendues avec les géants de la tech qu’il accuse de parti pris et qu’il a mis sous pression avec un décret présidentiel.

Signal à sa base électorale ultra-conservatrice

Une nouvelle fois Trump envoie un signal à sa base électorale ultra-conservatrice, voire raciste. Dans la droite ligne de son soutien aux suprémacistes blancs lors de leur manifestation de Charlottesville. Une jeune femme Heather Heyer, protestant pacifiquement contre le racisme, avait été tuée par l’un de ces suprémacistes et Donald Trump avait renvoyé suprémacistes blancs et défenseurs des Droits de l’Homme dos à dos.

La stratégie risquée du chaos

À quelques mois de la présidentielle, il bombe le torse, joue de cette masculinité, souvent jugée toxique. S’il prend le risque de jeter de l’huile sur le feu, de provoquer de nouvelles violences, il sait aussi combien le chaos peut jouer en faveur d’un pouvoir en place. La peur amène alors les plus modérés à se rapprocher du pouvoir en place, aussi mauvais et rejeté soit-il.

Mais mis à mal dans les sondages face à Biden, Donald Trump marche sur une ligne de crête. Il sait que sa ré-élection se jouera à quelques dizaines de milliers de voix dans les états-bascules, les « swing states », sur un différentiel de mobilisation. Il a depuis toujours joué la mobilisation de son propre électorat et poursuit dans cette voie avec cet appel à la force. Mais il prend le risque de sur-mobiliser un électoral jeune, sensible au mouvement « Black Lives Matters » et qui jusqu’à ce jour n’avait guère été en soutien du challenger démocrate de Donald Trump, Joe Biden.


Ajout ce vendredi 29 mai 2020 à 16h00 :

Pour contourner le « signalement » de son message par Twitter qui le laissait néanmoins lisible, Donald Trump a fait republier son message par le compte Twitter la Maison Blanche. Un défi à la société californienne qui a aussi signalé le message sur le compte officiel de la Présidence des États-Unis :


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