Au cinéma MK2 Odéon - côté St Germain à Paris en décembre 2019 - Photo Max Sat - Creative Commons.
Au cinéma MK2 Odéon - côté St Germain à Paris en décembre 2019 - Photo Max Sat - Creative Commons.

Souvenez-vous, c’était à l’orée du printemps, les salles de cinéma nous promettaient une saison de films enchantée, de grosses productions, des nouveautés, et toutes les salles seraient servies, y compris les cinés d’art et d’essais. Les Netflix et consorts n’auraient qu’à bien se tenir.

Patatras, à la mi-mars, un minuscule coronavirus est venu briser cet élan. L’État imposait la fermeture de ces lieux délicieusement confinés, de vrais nids à virus. Pourtant, la promesse était belle, au menu les derniers « Bond », « Mulan », « Troll 2 », « Tenet » … Et même l’inénarrable joyeux navet « Le club des divorcés » !

Fermés durant 2 mois, les cinémas ont rouverts leurs portes le 22 juin, avec la motivation de revoir leurs spectateurs, et dans l’illusoire espoir « de se refaire la cerise ». Espoir douché dès les premières semaines de reprise. Les chiffres heurtent tels des uppercuts à la Tyson. En 2020, sur les sept premiers mois de l’année, seuls 44 millions de spectateurs, en cumulé, se sont rendus dans les cinémas, soit l’équivalent de 3 mois de programmation. Cause principale, la peur de contracter le coronavirus, malgré les mesures prévues comme la distanciation physique, le port du masque, et l’accès à du gel hydro-alcoolique dès les halls d’entrée.

En temps de virus, les vidéos à la demande pillent les cinémas

Les chiffres apparaissent plus désastreux les uns que les autres. En juillet 2019, les cinémas ont totalisé 18 millions d’entrées contre 5 millions en juillet 2020. Certes l’année n’est pas terminée, mais les quelques mois restant ne parviendront pas à rattraper le retard. Surtout, les gros blockbusters américains qui drainent la masse des spectateurs, de sortie entre mars et juin, manquent à l’appel, même s’ils devraient être diffusés à l’automne dès le mois d’octobre. Une mince possibilité de rebondir pour certains responsables des grandes salles. D’autres ont carrément décidé de refermer leurs portes, faute de clients, et en raison de frais de fonctionnement insupportables.

Les malheurs des uns faisant le bonheur des autres, le cinéma à la demande, dopé par le confinement, tire son épingle du jeu. Première de cordée : l’entreprise de vidéo à la demande Netflix dont 44% des français utilisent les services, et qui voit ses abonnements explosés. Idem pour Amazon Prime qui réunit 20% des téléspectateurs et Disney 15%. Face à ces mastodontes qui profitent également des changements d’habitude de consommation télévisuelle, les cinémas peinent en ne proposant actuellement que 5 à 10 nouveautés par semaine. Pour compenser ses pertes, Gaumont improvisent des rediffusions de films aux succès retentissants comme les anciens Bond et autres Batman.

Dans certaines villes, des salles ont trouvé la parade : le cinéma en plein air, et loin du Covid. À Toulouse, comme chaque été, la cinémathèque propose des séances à la belle étoile. Certes, le confort y est spartiate, mais le succès, en ces temps de pandémie, ne se dément pas. Une programmation un peu exigeante, avec un goût des salles noires retrouvées. Cette semaine : « Le Fanfaron », un film de Dino Risi de 1962, « Camille Redouble » de Noémie Lvovsky en 2012, « Wall-E » d’Andrew Stanton en 2008, « À l’est d’Eden » d’Elia Kazan.

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