Vladimir Poutine à la télévision russe fin février 2022.

Sportifs ! C’est ainsi que Coluche désignait les amateurs et les professionnels de sports, indiquant par ce sobriquet les limites intellectuelles et la vacuité de ces personnes tout juste bonnes à courir, à lancer, à taper dans un ballon, ou carrément, à se taper dessus au milieu de cordes comme de vulgaires bêtes de foire. Mais ça, c’était avant ! La guerre en Ukraine a éveillé les consciences sportives, la géopolitique a envahi les plus hautes sphères : clubs, fédérations nationales et internationales. Comme un élan de solidarité, avec un peuple ukrainien sous les bombes russes de Vladimir Poutine. L’argent roi ? Le business ? la realpolitik économique ? Oubliés, dans un réflexe politique face à une guerre que rien ne justifie, si ce n’est la mégalomanie d’un nostalgique de l’URSS.

Le premier coup de semonce contre la Russie a été infligé par la FIFA (Fédération Internationale de Foot) qui prive le beau stade de Saint-Pétersbourg de l’organisation de la finale de la ligue des champions. Une finale qui se jouera finalement au Stade de France à Saint-Denis. La FIFA qui risque de se voir privée des 40 millions d’euros d’investissements prévus par Gazprom… Une perspective que l’institution assume, d’autant qu’elle n’est pas la seule à se positionner à l’encontre du tsar. La Fédération internationale de sport automobile lui emboîte le pas en annulant le grand prix de Sotchi, privant la Russie du soft power qu’elle s’échine à développer pour faire oublier ses turpitudes géopolitiques. Encore plus humiliant, les équipes de foot de Pologne et de Suède, dans le cadre des qualifications au mondial du Qatar, refusent d’affronter la Russie pour protester contre l’intervention en Ukraine.

« J’en appelle aussi au président Poutine : arrêtez cette guerre ! »

Aujourd’hui, la liste est longue des ces clubs, ces organisations internationales qui tournent le dos aux pays de Poutine. Le CIO, lui-même réputé pour sa légendaire complaisance envers les régimes despotiques, s’engage aussi, en imposant que les drapeaux russes et biélorusses ne soient pas hissés durant les jeux paralympiques, entre le 3 et le 14 mars. Pire encore, le Comité international olympique appelle les différentes fédérations sportives internationales à « annuler ou délocaliser toutes les compétitions prévues en sol russe ou biélorusse ». Un affront fait au très sportif Vladimir Poutine. Le fameux soft power, si cher à la Russie, se retrouve dans les filets des organisations internationales qui tissent une toile limitant son espace sportif et donc vital. L’UEFA, pas en reste, bat le fer tant qu’il est chaud, en décidant que tous les matchs prévus en Russie et en Biélorussie devront se jouer sur terrain neutre, tant que la guerre menée contre l’Ukraine durera.

Plus touchant, les réactions des personnalités sportives affligées par le sort fait aux Ukrainiens, en pointe et en résistance face à l’agression russe. Tony Parker, le célèbre basketteur français et aujourd’hui président de l’Asvel a averti que son club n’irait pas jouer en Russie contre le Zenit Saint-Pétersbourg le 1er mars : « Avec nos valeurs, celles du club et les miennes, jamais de la vie nous n’irons en Russie la semaine prochaine. Après nous avons une réunion avec l’Euroligue, avec tous les clubs, nous verrons ce que l’on nous dira mais en tant qu’Asvel, nous n’irons pas en Russie. Nous sommes en 2022 et on ne peut pas accepter des choses comme cela ». Sur la même longueur d’onde, son alter égo Volleyeur, la star Earvin Ngapeth, boycotte à son tour la Russie en condamnant sa déclaration de guerre, d’un tweet indigné « sans moi merci », après que la fédération française de Volley a annoncé sa décision de ne plus organiser de rencontres contre la Russie.

Au final, une internationale sportive de l’opposition à l’agression militaire contre l’Ukraine. Un pays connu pour la qualité de ses sportifs. Premier d’entre eux, Alexandre Usyk champion WBA, WBC, IBF, WBO, qui, si tôt connue l’invasion de son pays, a adressé un message poignant, et plein de colère au président russe : « J’en appelle aussi au président Poutine : arrêtez cette guerre ! Ne nous donnez pas d’ultimatums et des conditions, asseyez-vous seulement à la table des négociations. Nous devons parler et tout arrêter. Nos enfants, nos mères, nos grand-mères et les gens ordinaires se cachent dans les caves. Nous sommes sur notre terre, nous agissons comme nous devons. Nous nous protégeons. Arrêtez. Arrêtez cette guerre ».

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