Captures de la vidéo montrant la scène qui Jacob Blake, 29 ans et est père de 4 ans, abattu froidement un policier.
Captures vidéo de la scène qui voit Jacob Blake, 29 ans et père de 4 enfants, abattu froidement à Kenosha, Wisconsin, USA.

On ne les entend pas beaucoup, les adeptes du hastag #LaRacailleTue. Pourtant, ils devraient être vent debout, ces justiciers qui assènent à la schlague et pontifient chaque fois qu’un acte de violence apparaît sur les réseaux sociaux. Ils devraient dénoncer cette racaille qui, à 7 reprises, tire dans le dos de Jacob Blake, un noir américain de 29 ans et qui s’effondre dans la voiture sous le regard de ses enfants. Ils devraient écrire #onveutlesnoms de ce policier qui suit cet homme non armé, qui vient de séparer une bagarre et retourne à sa voiture. Il ne fait rien à part marcher, lentement, sans donner le sentiment de menacer qui que ce soit. Et il se fait tirer dessus, à bout portant, à 7 reprises ! Pas une, pas deux ! Non, 7 fois, dans le dos !

Ils devraient demander des comptes face à une telle barbarie, un tel ensauvagement ! Eux qui demandent des comptes à tout bout de champ : aux féministes qui ne protégeraient pas la jeune femme bosniaque tondue par sa famille car elle aimait un jeune serbe orthodoxe, à la gauche, gauchiasse devrais je dire, supposément laxiste et responsable de tout, aux gouvernements successifs qui n’en font jamais assez. Eux qui admirent en secret ou pas, ce merveilleux président qu’est Donald Trump, un homme qui en a, si vous voyez ce que je veux dire. Non, on ne les entend pas. Et pourquoi ? Parce que cette vidéo montre la tentative de meurtre d’un homme noir et modeste et que ça leur pique les yeux d’admettre que le racisme tue aussi sûrement que la racaille qu’ils dénoncent, que ces plaies ouvertes et qui se rouvrent à chaque tragédie, ne peuvent pas se régler en un hastag et quelques injonctions martiales aussi démagogiques qu’inefficaces.

On ne les entend pas mais, si ce citoyen de Kenosha, dans le Wisconsin avait été blanc et abattu dans le dos par un black, fut il policier ou bandit, on les aurait entendu, en meute, hurlant sur cet ensauvagement du monde. On me dira que je compare ce qui n’est pas comparable. Justement si, c’est absolument comparable et signe les temps : ceux qui hurlent en France contre cet ensauvagement sont les mêmes qui hurlent aux USA contre les blacks, les hispanos, les féministes, les homos. C’est une tendance globale, des plaques tectoniques qui bougent en même temps, dans une même peur de voir tour à tour, la civilisation occidentale disparaître, les femmes prendre le pouvoir pour dominer le monde et émasculer symboliquement les hommes, l’islam submerger la planète etc etc …

Dans ce fatras de peurs, et donc de rupture progressive avec ce qui n’est pas soi, son groupe, sa communauté supposée, ils en oublient que nous appartenons tous et avant tout à la communauté humaine, et que la racaille tue mais qu’elle n’a pas de couleur, prédéfinie, préétablie. Regardez bien ce policier, comme celui qui a tué George Floyd. C’est un salaud, tout simplement. Et il est inutile de faire naître un hastag #LaPoliceTue qui serait aussi indigne que les précédents. Il aurait pu être tout autre chose : boulanger, garagiste, avocat avec la législation sur les armes. Il est question ici de son être, pas de son origine ethnique ni de sa profession.

Méditez bien cela, souffleurs de braises, allumeurs d’incendies, poseurs de sel sur plaies vives. Votre indignation à géométrie variable, qui angoisse, travaille les sentiments les plus primaires, laminent en sourdine l’espace de bonté inhérente à nous tous, tout cela empoisonne notre vie et, à terme, la vôtre. Vous pouvez sembler remporter une bataille, temporaire, mais à la fin, vous ne gagnez jamais.

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