Marine Le Pen invitée de LCI / Capture d'écran Nos Lendemains.

Le 21 avril 2002, la France vivait un choc électoral à l’élection présidentielle : la qualification au second tour de Jean-Marie Le Pen. Une première sous la Cinquième république, celle d’un candidat d’extrême droite aux portes du pourvoir. Un seul politologue semblait serein face à cette sombre perspective : Thomas Guénolé. A l’époque, il en été convaincu : « Même une chèvre pourrait gagner face à un Le Pen ». Aujourd’hui, entre Marine Le Pen, Éric Zemmour, Nicolas Dupond-Aignan, l’extrême droite représente près de 40% des voix, et là c’est un troupeau de chèvres qu’il faudrait rassembler pour contrer le tsunami qui s’annonce, dans les urnes, en avril. En un quinquennat d’Emmanuel Macron, la percée populiste a fait un bond inattendu en doublant son score, bien aidée par une abstention record, notamment dans l’électorat de gauche. Un électorat douché par le social-libéralisme d’un François Hollande en panne d’idées.

En choisissant une option libérale via la suppression de l’ISF, la flat tax, les baisse et suppression des APL, le président de la république a nourri toutes les rancœurs et les frustrations. Résultat, un long et violent mouvement populaire, les gilets jaunes, des manifestations contre les lois flexibilisant le travail et de retraite ; et aujourd’hui les mobilisations antivax qui s’apparentent plutôt à des abcès de colère contre un gouvernement jugé inique. L’extrême droite trouve là une bonne opportunité pour faire circuler le virus du populisme, le nourrir à souhait. Certes, Florian Philippot, président des Patriotes et ex-chouchou de Marine Le Pen ne truste pas toutes les colères, pourtant, tous les samedis, il mobilise. Son parti monopolise le concept de liberté pour affirmer son opposition à la vaccination, en cédant à la facilité du complotisme.

Quand Macron joue avec le feu de l’extrême droite…

Tout au long de son quinquennat, Emmanuel Macron a voulu tuer le match en mettant en opposition (artificielle) les tenants de la modernité, et le camp nationaliste symbolisé par Marine Le Pen. Finalement, son mandat en rupture a servi les intérêts néo-conservateurs, clivant la société et dispersant le corps électoral. En effet, selon ses calculs, il ne devait rester en course pour 2022 que les finalistes de de 2017. Sauf que Valérie Pécresse pour la droite, et la candidate du RN font jeu égal, sans compter le trouble-fête radicalisé, Éric Zemmour. Qui plus est, avec 24% au 1er tour, le président sortant ne sort pas renforcé de la crise sanitaire, ni du quoi qu’il en coute. Dès lors, Marine Le Pen devient un danger, il suffirait que l’essayiste du Figaro s’écroule pour que le RN arrive en tête. Ce qui fait dire à Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe La République en marche de l’Assemblée nationale : « Marine Le Pen, on ne la voit pas, mais elle sait faire campagne. Elle est sur le terrain, sur les marchés ».

De facto, le chef de l’État perd par là où il a pêché, sa tentative d’étouffer la droite et la gauche, en mettant au pinacle l’extrême droite minoritaire, en passe de devenir majoritaire ; l’électorat de gauche ne voulant plus servir de caution à un président des riches qui promettait la concorde dans la justice sociale. Aujourd’hui, la République en Marche en arrière se révèle sous les coups de boutoir d’une extrême droite en essor. Et puisque la bête immonde s’est réveillée, le monde idéal imaginé en 2017 tremble. Ce que souligne le quotidien Le Monde : « Le camp macroniste en aurait donc fini de jouer avec le feu de l’extrême droite. A la tête du parti présidentiel, Stanislas Guerini rappelle les récents accidents populistes qui, du vote du Brexit, au Royaume-Uni, à l’élection de Donald Trump, aux Etats-Unis, ont pris le monde de court. Si personne dans l’équipe du chef de l’État n’imagine sincèrement que l’extrême droite puisse accéder à l’Elysée, le potentiel électoral de Mme Le Pen est néanmoins scruté. Et chaque point grappillé inquiète. En cas de second tour face au RN, une victoire trop courte prendrait, de fait, des allures de défaite ».

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