Les policiers de Toulouse posent leurs menottes à terre pour protester - Montage via La Dépêche Twitter
Les policiers de Toulouse posent leurs menottes à terre pour protester - Montage via La Dépêche Twitter

Loin d’être une hydre à têtes multiples, l’IGPN, Inspection générale de la police nationale s’apparente plutôt à une structure pyramidale de contrôle. La « police des polices », comme on la surnomme, se targue de contrôler et de sanctionner les policiers fautifs, dans le cadre de leur fonction. Autant dire que ça flique sévère chez les flics !

Avec ses 292 agents, dont une majorité de policiers, l’IGPN fonctionne sous l’autorité du ministère de l’intérieur, en circuit presque fermé. Car de fait, les policiers jugent des policiers, comme les Français parlaient aux Français… La comparaison s’arrête là, car à l’heure des dénonciations des brutalités policières, le rôle de l’inspection générale de la police nationale n’a jamais été aussi contesté.

Des gilets jaunes, à Zyed et Bouna, en passant par Adama Traoré, et dernièrement le jeune Gabriel, 14 ans, apparemment tabassé par des policiers, la violence policière a fait émerger une institution d’inspection jusque-là vraiment discrète. Le temps de l’ombre s’achève, en même temps que celui de la contestation, sur le thème : des policiers qui inspectent d’autres policiers, ça sent la couverture mutuelle. Un procès en partie injuste, tellement les agents craignent les « bœufs-carottes ».

Explosion des recours à l’IGPN en 2019

Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes, et montrent une explosion du recours à l’IGPN, en 2019, en lien avec les manifestions violentes des gilets jaunes. Le nombre d’enquêtes de l’IGPN a bondi, l’an dernier, de plus de 23%. A la brutalité jaune a répondu la brutalité bleue. Ainsi, 310 dossiers liés au mouvement des gilets jaunes ont grossi le nombre de saisines de la police des polices. Aujourd’hui encore, toutes les plaintes n’ont pas pu être traitées, tellement elles se sont accumulées.

Un retard qui suscite le doute des plaignants. Et si la formule de l’IGPN, des policiers qui surveillent des policiers, n’étaient pas la meilleure ? Car des doutes s’insinuent sur l’impartialité de l’IGPN. Le phénomène massif des gilets jaunes a été un révélateur puissant de la pusillanimité relative de la police des polices… Les regards se portent sur les systèmes de contrôle des forces de l’ordre, ailleurs en Europe. Ainsi au Royaume-Uni et en Belgique, l’inspection de la police est assurée par des structures carrément indépendantes du gouvernement.

Si cette forme de contrôles des policiers, plus indépendante, n’empêche ni les bavures, ni les brutalités policières, dans ces États comparables à la France, elle évite les doutes et les accusations de collusions qui sont instruits contre l’Inspection Générale de la Police Nationale… De plus en plus souvent perçue comme juge et partie.

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