Louise Attaque en Concert à France Inter.

Alors que nous nous recommençons doucement à profiter de nos libertés post-confinement et à écouter de la musique en concert, Madiha, médecin pneumologue, nous a confié ce récit d’un séjour en Afghanistan pour Aide Médicale Internationale.

Cette chanson et tout cet album me ramènent invariablement à nos soirées kaboulies, et à ma rencontre avec mon amour, Thibault, coup de foudre à Kaboul.
Il avait emmené avec lui une cassette, enregistrée en France, alors que j’écoutais l’album en boucle mais n’avais pas emporté de musique avec moi.
Il avait réussi à m’en faire une copie et il me l’avait faite parvenir de Kaboul à Metherlam, par un ami, de Pharmacien sans Frontières je crois.

Mon souvenir le plus prégnant est le moment où un jeune taliban qui arrêta le pick up, dans lequel je voyageais pour quitter l’Afghanistan, définitivement, ralluma l’auto radio que nous venions prestement d’éteindre. Il y était alors interdit d’écouter de la musique.
Il sursauta à l’écoute de la musique qui reprit assez fort pour le surprendre

Nous n’avions pas eu le temps d’user de notre subterfuge préféré, remplacer la musique occidentale ou afghane, par des chants de lecture coranique, nous n’avions pas anticipé ce Check point , nouveau , nous avions été pris par surprise, comment avions nous pu baisser la garde

Mon dernier jour, c’était le vieux Hadj qui conduisait pour m’accompagner avec mzs maigres bagages, jusqu’à la frontière , j’étais effondrée à l’idée qu’il puisse être inquiété par les talibans à cause de moi.

Nous attendions fébrilement les conclusions des palabres du jeune taliban avec son chef, après avoir sursauté à l’écoute du Zadig cassette qu’il avait enclenché , il s’était empressé d’éteindre cette musique de Koufars, d’éjecter et d’empoigner la cassette et de l’emporter avec lui.

Nous étions cois, seul élément rassurant cette cassette m’appartenait, cela serait plus facile à défendre, avec une ONG française comme défenseur, que si nous avions laissé une cassette de leur chanteur préféré, chantant de superbes chansons d’amours, plus que prohibées , je n’aurai pas supporté que Hadj , si doux si gentil , puisse être jeter en prison.

Et la sentence tomba après de longues minutes d’attente, nous pouvions repartir, ils n’ont pas fouillé le véhicule, hallelujah ! Ils ne trouveront pas les cassettes de musique afghanes.
Et seule la cassette de Louise Attaque, finie déroulée sur un piquet, quelque part près de Djelallabad…

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