Affiche électorale, Mai 2020 - Photo ©️ Daniel Perron
Affiche électorale, Mai 2020 - Photo ©️ Daniel Perron

Quand la mer se retire, il reste la droite.

Une métaphore politico-maritime applicable à La République En Marche, à l’occasion des élections municipales du 28 juin prochain. Mardi soir, des accords entre Les Républicains et LREM se sont multipliés dans de grandes villes françaises. Avec des conséquences un peu surprenantes, comme la mise en l’index de l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, justement pour alliance avec la droite locale. Une décision radicale du délégué général de LREM, Stanislas Guerini, qui a suscité doutes et incompréhensions au sommet de l’État, et parmi certains députés d’En Marche.

En manque d’ancrage local, le parti d’Emmanuel Macron a préféré se rallier, plutôt que de s’aliéner un électorat déjà en perdition. Une seule solution : la dissolution dans LR… Et adieu à EM ! À Lyon, Gérard Collomb a effet choisi de se retirer dans le cadre d’un pacte avec la droite.
À Strasbourg, les listes LREM et LR, arrivées deuxième et quatrième au premier tour des municipales, ont trouvé un terrain d’entente à la dernière minute, mardi soir. Au final, la tête de liste reviendra à Alain Fontanel, candidat d’En Marche, soutenu par la droite, contre la socialiste Catherine Trautemann.

En Macronie, on roule à plutôt droite

Reste les cas emblématiques de deux métropoles du Sud-ouest : Bordeaux et Toulouse. En Gironde, le candidat de la majorité macroniste, Thomas Cazenave, a rejoint, sans hésitation, le maire sortant LR, Nicolas Florian, pourtant arrivé en tête, ric rac, au premier tour devant le candidat écologiste, Pierre Hurmic. Avec son importante dote apportée à la corbeille de la mariée, Thomas Cazeneuve fera certainement gagner la droite, tout en pesant de tout son poids électoral, une fois la victoire acquise. Quant à Toulouse, les jeux étaient déjà faits, LREM s’étant engagée, dès le 1er tour, en faveur du candidat LR, Jean-Luc Moudenc… Un maire de Toulouse en danger dans sa ville face à la liste de gauche « Archipel de citoyens » donnée gagnante au second tour à plus de 52%.

La République En Marche s’attend, désormais, à des scores médiocres, malgré sa stratégie d’entrisme à droite. Plutôt que de se présenter sous ses propres couleurs, le parti du président a décidé de se rapprocher des vieux partis qu’il aurait voulu dépasser, et qui l’aidera au final à masquer l’échec de son implantation. Un parti déjà mal aidé par un exécutif impopulaire. A l’inverse, une bonne nouvelle pour les formations traditionnelles LR et PS, désormais à l’abri d’un tsunami du nouveau monde, à la remorque de l’ancien.

Au parti socialiste et chez les républicains ont se prend à rêver à la revanche . Faire la nique aux modernes. Ramasser les mises futures par un retour en grâce auprès des électeurs douchés par trois années de macronisme incapable d’engendrer le dépassement, par le fameux « en même temps ». En position de force lors de ces municipales, les deux anciens partis dominants de la droite et de la gauche comptent bien, en secret, transformer l’essai dans la perspective des prochaines échéances locales… En attendant leur retour en grâce espéré en 2022.

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