Canicule - Photo Orangemania - Creative Commons
Canicule - Photo Orangemania - Creative Commons

Si la façade atlantique respire à nouveau grâce au vent d’ouest, une partie du pays est coincée jusqu’à dimanche soir entre le risque de canicule, parfois d’orages, et la menace sanitaire. Un scénario qui pourrait bien se reproduire dans l’été.

À 16 heures vendredi, Météo-France a placé treize départements en vigilance orange canicule et 73 en jaune. En consultant les trois cartes, on constate que presque tout le territoire se trouve également en vigilance orange ou jaune pour les orages, l’extrémité nord du pays et la région de Paris étant, en plus, concernés par des vents violents
Les températures ont grimpé très haut dans certains coins de France vendredi : à 14 heures, il faisait 40°C à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) et à Cogolin (Var). 39°C ont été enregistrés à Orly, 38°C à Dieppe, Lyon, Vichy, Clermont-Ferrand, 37°C à Saint-Étienne et 36°C à Lille, Montélimar, Dijon et Besançon.

54 % de cas positifs en plus en une semaine

Sur le front de la pandémie, Santé publique France a publié jeudi ses chiffres hebdomadaires. Le coronavirus avait tué jeudi soir 30.254 personnes en France. 10.515 sont décédées au sein d’établissements d’accueil, dont 10.430 dans ceux d’hébergement pour personnes âgées.

Le nombre de cas positifs détectés est en hausse pour la troisième semaine consécutive et l’augmentation s’est intensifiée : + 54%. Sept départements se trouvent en vulnérabilité modérée ((Nord, Val d’Oise, Haute-Garonne, Haute-Savoie, Ille-et-Vilaine, Gironde, Vosges) et trois en vulnérabilité élevée (Mayenne, Mayotte, Guyane).
Dix-neuf départements affichent désormais un taux d’incidence supérieur à 10 cas positifs pour 100 000 habitants, qui est le seuil de vigilance, celui d’alerte étant fixé à 50 pour 100.000 habitants : Mayenne (143/100 000 h), Val-d’Oise (20,5), Nord (17,5), Paris (16,5), Seine-Saint-Denis (16,2), Hauts-de-Seine (15,8), Haute-Savoie (15,3), Val-de-Marne (14,9) , Ille-et-Vilaine (14,3), Essonne (14,3), Vosges (12,2) , Yvelines (11,8), Haute-Garonne (11,4), Meurthe-et-Moselle (11,2), Bouches-du-Rhône (10,8), Gard (10,5), Rhône (10,4), Alpes-Maritimes (10,2) et Sarthe (10,1).

Le nombre de signalements en Ehpad semble se stabiliser

Les nouveaux clusters sont toujours plus nombreux depuis début juillet : 65 de plus en cette semaine. Sur les 531 foyers apparus depuis le 9 mai, 28 % sont en cours d’investigation, 11 % maitrisés (suivi des contacts en cours, absence de nouveaux cas 7 jours après le dernier cas), 58 % clôturés (absence de nouveaux cas 14 jours après la date de début des signes du dernier cas et la fin de la quatorzaine des contacts). Le « milieu familial élargi » (plusieurs foyers) et les « évènements publics et privés » (rassemblements temporaires) sont « les types de collectivités les plus représentées » dans ces foyers.

8.314 signalements, concernant au total 39.638 cas, ont été adressés par les établissements sociaux et médicaux-sociaux à Santé publique France entre le 1er mars 2020 et le 27 juillet. Du côté des Ehpad, 70 établissements (sur près de 7.000 en France) ont déclaré cette semaine au moins un nouveau cas confirmé parmi les résidents ou le personnel. Le nombre de signalements, en hausse depuis début juillet, semble « se stabiliser » selon SPF.

Masque obligatoire à l’extérieur sur la métropole de Lille

Face une situation actuellement contrastée en fonction des régions, le ministre de la Santé a annoncé vendredi matin que les préfets pourraient désormais, par arrêté, étendre l’obligation de port du masque aux lieux publics ouverts. « Cette décision pourra être prise localement, en fonction de l’évolution de l’épidémie dans chaque territoire », a tweeté Olivier Véran. Le Nord n’a pas traîné, avant que d’autres suivent. L’Agence régionale de santé et le préfet ont fait part vendredi matin d’un doublement du nombre de cas positifs pour 100.000 habitants en deux semaines dans ce département du Nord : le taux d’incidence atteint 31 sur la métropole de Lille. Les autorités locales ont annoncé un durcissement des mesures sur l’ensemble de la métropole à partir de dimanche minuit. Le port du masque sera obligatoire… plus seulement dans les lieux clos mais aussi à l’extérieur.

Conjuguer survie dans une ambiance torride et protection contre le virus, surtout quand un tour de vis intervient, c’est un vrai casse-tête, parfois douloureux, auquel certains Français sont confrontés ce week-end. Histoire de montrer qu’il est sur le pont, le Premier ministre a passé la matinée dans l’Ain, avec escale à Bourg-en-Bresse pour visiter la plateforme commune d’appels entre le SAMU et les pompiers, puis dans un Ehpad, à Perronas. Un coup de com opportun au moment où le gouvernement est ciblé pour avoir négligé ces établissements quand l’épidémie a fait rage : l’image de Castex agenouillé au pied de la centenaire des Ancolies aura sûrement ému dans les chaumières.

Brasser de l’air doit être un plaisir solitaire

Ici comme ailleurs, les gestes barrières et la prudence vis-à-vis du Coronavirus font mauvais ménage avec la canicule. Porter un masque devient encore plus pénible au soleil. Sachez qu’il vaut mieux le choisir clair, et jetable plutôt qu’en tissu, ça permet de mieux respirer. Il ne faut surtout pas l’humidifier, ce qui le rendrait inefficace, il est nécessaire de le changer plus souvent, à cause de la transpiration.

Attention à l’utilisation du gel hydroalcoolique. Il est composé à 70 % d’alcool, chaleur et soleil peuvent entraîner des brûlures sur la peau. Se laver les mains au savon et à l’eau froide devient clairement la meilleure option.

Il est par ailleurs conseillé d’éviter le ventilateur quand on n’est pas seul : le risque de transmission du virus par aérosol est de moins en moins exclu, brasser de l’air doit donc être un plaisir solitaire.
ll est aussi préférable de bannir la climatisation et de garder en tête la mise en garde du Professeur Éric Caumes dès le mois de mai : le virus peut se promener dans les « push » d’air . C’est ce qu’avait révélé une étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) après la contamination, au mois de janvier, de dix clients, dans un restaurant de Canton, par une habitante de Wuhan asymptomatique… via l’air conditionné. C’est le moment de s’en souvenir, faute de consigne précise, claire et audible de la part des autorités, même en coup de vent.

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