Emmanuel Macron à la Cérémonie du 76ème anniversaire de la libération de la ville de Bormes-les-Mimosas - Capture vidéo.
Emmanuel Macron à la Cérémonie du 76ème anniversaire de la libération de la ville de Bormes-les-Mimosas - Capture vidéo.

Fraternité, unité, collectif face à la maladie : comme souvent, Emmanuel Macron parle, parle, parle. Il parle tellement, s’enivre tellement de mots qu’à la fin, on ne sait plus très bien ce qu’il veut nous dire. Hier, lors des cérémonies de la Libération de Bormes les Mimosas, auxquelles il participe chaque année puisque le Fort de Brégançon se situe sur la commune varoise, il a encore fait cette démonstration étonnante, mêlant le covid-19 et la seconde guerre mondiale, notre unité, et celle des résistants qui boutèrent hors de France l’occupant nazi, en passant par le déboulonnage des statues, lançant « Ne cherchons pas à déboulonner des statues ni à effacer des noms. L’histoire est un bloc ».

Étrange tempo que celui de ce président qui utilise ces commémorations historiques pour revenir sur la mort de George Floyd en passant par le Covid-19.

Trop de mots et finalement assez peu de clarté dans ce qui inquiète aujourd’hui les Français. Ça n’est ni la fraternité ou l’unité mais bien le retour de l’épidémie, nié par un certain nombre de personnages publics, et la façon la plus pragmatique de la combattre et d’inverser la tendance. De cela, Emmanuel Macron ne parle pas et continue de filer une métaphore hasardeuse, voire gênante, entre le joug nazi, et le covid, entre cette barbarie et la pandémie. On aura bien saisi le sous-titre « Je suis le de Gaulle du covid » mais c’est un peu court, comme est courte et totalement décalée sa déclaration sur les statues. Comme est amphigourique l’appel à la fraternité et à l’unité de la part d’un chef de l’État qui, par sa politique et ses provocations verbales, n’a cessé de diviser, ou plutôt de catégoriser ce pays : les premiers de cordée, ceux qui ne sont rien, les gaulois réfractaires » Sans oublier bien sûr le gilets jaunes, et « les foules haineuses ».

Trop de mots.

On attend d’Emmanuel Macron des actes et un cap. Celui qu’il a eu bien du mal à donner, lors de la première vague, laissant son premier ministre Édouard Philippe, faire ce travail de clarté et devenir ainsi le chouchou des Français.

Aujourd’hui, tout flotte, surtout le discours gouvernemental, sur l’arrivée ou pas d’une deuxième vague, le caractère obligatoire ou pas du masque, le retour massif ou pas du télétravail, la rentrée qui se profile. Il semble urgent d’attendre et de se payer de mots, de déplacements tous azimuts, de déclarations ambigües. Pendant que le nouveau Garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti signe la préface du livre du Président de la Fédération des Chasseurs, préface en forme de brûlot sur les écologistes, pendant que Gérald Darmanin fait dans le brut de décoffrage pour séduire la droite extrême et le RN, en déclarant que « le droit d’asile ne crée pas le droit de mettre le bordel », pendant qu’Emmanuel Macron devise sur la fraternité qu’on aimerait bien voir appliquer dans tous domaines et pas seulement pendant quelques mois de pandémie, les Français sont en quelque sorte « le bec dans l’eau » en attendant des consignes, une direction, un cap. Trop de mots inutiles. Pas assez de mots justes.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.