Interview du président Emmanuel Macron au JT de 13 de TF1 le 5 mai 2020.

Ce matin, Emmanuel Macron a pris son bâton de pèlerin, et son masque de ville, pour aller à l’école. Objectif : infuser une dose de sérénité dans les cerveaux légitimement et majoritairement anxieux. Se montrer, aussi, encore, diront les médisants. C’est lui le boss.
À quelques jours de la réouverture des écoles, et escorté du ministre de l’Éducation nationale, le Président a donc joué à la maîtresse avec une grappe de gosses.  « Ça va, les enfants ? ». Ouiiiiiiiiiiiiiiiii ! Une gamine adorable zozote au chef de l’État que sa mère est aide-soignante. « Elle combat le virus », souligne fièrement le chef des Armées.  On s’attend à ce que la vérité sorte de la bouche de l’enfant. Qu’elle lâche : « Elle était pas contente, maman, elle n’avait pas de masque et elle a plein de copains qui sont tombés malades ». Rien de tel. Ouf. 

Le 11 mai tant redouté sera une journée de pré-rentrée

Le 11 mai tant redouté sera une journée de pré-rentrée pour s’organiser entre soi, a précisé le chef de l’État, qui, tant qu’il était là, a accordé une interview à TF1, assis sur une table, devant le tableau noir et des coloriages d’élèves. 
Ils pourront être accueillis ici le 12 mai, ailleurs le 14. L’objectif, c’est de se remettre dans le sens de la marche et que « le retour progressif et concerté puisse se faire, parce que dans la vie d’un enfant, rester deux mois à la maison, c’est quand même très traumatisant ». Et puis il faut que les parents puissent retourner travailler, aussi. Si l’école n’est pas ouverte et qu’un salarié n’a pas de réponse pour garder sa progéniture, il devra fournir une attestation ou une preuve. L’employeur, lui, devra se montrer compréhensif, prévient le Président. C’est noté. On verra sur le terrain.

En tout cas, cette reprise est possible. La preuve par l’exemple : cette école Pierre-de-Ronsard, à Poissy, commune de 37.000 habitants, située dans les Yvelines, qui a l’honneur de recevoir le Président.
Ici, tout a l’air facile. Il faut dire que l’établissement est déjà rodé, puisqu’il fait partie de ceux qui ont pris en charge quelques-unes des 30.000 têtes blondes dont les parents étaient mobilisés sur le front hospitalier.  

Pour d’autres écoles, ce sera moins évident, et pour certaines, l’opération vire au casse-tête. D’où l’inquiétude des maires, des directeurs d’établissements et des enseignants auxquels il incombe de mettre en application un protocole sanitaire dantesque, supposé garantir la sécurité de tous les acteurs du déconfinement scolaire, élèves compris, car il est bien sûr hors de question de les mettre en danger, Emmanuel Macron l’a martelé.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil

Mission à haut risque, qu’on le veuille ou non, avec un virus hyper contagieux, même diminué, qui se balade partout. Alors le président de la République se veut rassurant. Les 63 pages de préconisations qui effraient les élus et les personnels de l’Éducation nationale pourront être interprétées et adaptées, révèle sur LCI un premier édile qui s’est entretenu avec le chef de l’État. Celui-ci cajole tour à tour et remercie les élus, les directeurs d’écoles, les enseignants qui ont beaucoup travaillé pendant deux mois, faut pas croire, en présentiel ou à distance, ce qui a favorisé l’émergence de méthodes d’enseignement inédites et innovantes. Les Français aussi ont droit à leur hommage, pour avoir été sages. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Et pour les maires, de plus en plus nombreux à dire qu’ils ne pourront pas ouvrir la semaine prochaine, Emmanuel Macron envisage-t-il des mesures contraignantes ? « Non, pas du tout, ce n’est pas la philosophie, ce que nous avons à vivre collectivement, c’est inédit ». Cool. Le virus est toujours là, rappelle le chef de l’État, qui, dès lors, comprend l’angoisse, les questions et les inquiétudes des élus. Il faut leur laisser « du temps et de la souplesse. » Le tout, c’est que les maires et les directeurs d’écoles soient sur une position commune concertée, et que les parents soient bien informés. Fastoche. Le Président « entend parfaitement les réticences des enseignants, ça se fera dans le dialogue, calmement ». Allez, on y croit.

 « Continuer à maîtriser l’épidémie, en ayant la vie d’une Nation libre »

La France a dû se confiner. Mais une nouvelle phase s’ouvre, confirme Emmanuel Macron. « On doit essayer de continuer à maîtriser l’épidémie, en ayant la vie d’une Nation libre». Craint-il un « écroulement économique » (comme son Premier ministre) ? Non, il n’a pas « ces grands mots ». Lui préfère évoquer « un choc massif économique ». « Nous sommes une Nation forte ». Ha oui, c’est vrai. Édouard Philippe a dû l’oublier, cet étourdi.

Dans le détail, les décisions seront prises jeudi 7 mai, pour les trois semaines à venir, sur la base des dernières données épidémiologiques, des avis scientifiques et de l’organisation. Toutes les précisions seront données à l’issue d’un Conseil de défense. Et puis dans 21 jours on fera le point sur l’épidémie. Pour voir si on continue à avancer, si on s’arrête, ou si on recule.

Il faudra de l’intelligence collective et du « pragmatisme »

Concrètement, quelles sont les restrictions envisagées pour les départements en zone rouge ? La cloche sonne. Le Président botte en touche. « Le Premier ministre, avec les ministres, y reviendront en détail ». Lui, le chef, il est là pour « essayer » d’avoir un propos « très simple et de bon sens ». Et il faut avouer qu’il le fait très bien. La pédagogie, ça le connaît.
Sinon, au fait, quid de la règle des 100 kilomètres : recommandation ou obligation ? « Là aussi, le gouvernement y reviendra ». Il faudra de l’intelligence collective et du « pragmatisme », élément de langage tendance par les temps qui courent au rythme du coronavirus. Ce qu’on veut éviter, illustre Emmanuel Macron, c’est un brassage qui favoriserait la circulation du virus. Il ne faut pas que les gens de zones très touchées aillent se balader au vert, dans celles qui sont préservées, et répandent le virus. Voilà, c’est ça, le bon sens.
Et les vacances ? Il est trop tôt pour le dire. Mais les grands déplacements internationaux seront limités « On restera entre européens, il faudra même peut-être réduire un peu plus en fonction de l’évolution de l’épidémie. On le saura début juin ».  On a hâte.

Interview du président Emmanuel Macron au JT de 13h de TF1, le 5 mai 2020.

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