Emmanuel Macron - Émission Où va la France sur TF1 le 15 décembre 2021 - Capture d'écran Nos Lendemains.

Les électeurs de gauche d’Emmanuel Macron ne veulent pas perdre ce goût de la victoire qu’ils ont ressenti en mai 2017. Ils en redemandent même, puisque la moitié d’entre eux sont tentés de vendre leurs âmes électorales au diable libéral. C’est que confirme une étude de la Fondation Jean-Jaurès, en révélant des pourcentages d’adhésion au macronisme hallucinants : la moitié des électeurs de Yannick Jadot, d’Anne Hidalgo et 41 % des sympathisants de Mélenchon envisagent de voter Emmanuel Macron dès le premier tour pour faire barrage à l’extrême droite. Pourtant, dès le début de son quinquennat, en 2017, le président de la République a voulu marquer son territoire de progrès du coté droit. Ces anciens électeurs de gauche perçoivent leur homme politique préféré comme un continuateur des dynamiques progressistes initiés par des gouvernements de gauche ; appelés de ce côté-là de l’échiquier « acquis sociaux ».

A son accession à l’Élysée, Emmanuel Macron laisse une marque libérale indélébile pour laquelle il se verra attribué le sobriquet de président des riches, par son prédécesseur François Hollande. Et comment le contester, puisque même le très sérieux Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) le souligne dès l’année suivante : « Sur les 17,3 milliards d’euros de gains de pouvoir d’achat obtenus par les foyers depuis début 2018, plus de 4 milliards d’euros, soit 25 %, l’ont été aux 5 % des ménages les plus aisés ». Au menu de cette politique de l’offre, la suppression de l’impôt sur la fortune, l’instauration d’une flat tax limitée à 30%, notamment pour les opérations financières. Soit au total près de 4 milliards rendus aux mieux lotis des Français. Parallèlement, par une forme de compensation, le gouvernement d’Édouard Philippe réduit d’un trait de plume les APL perçues par les plus modestes de 5 euros, à l’aveugle, soit 3 milliards récupérés par l’État.

Un « quoi qu’il en coûte » tombé du ciel pour Macron

Les tenants convaincus d’un macronisme social affirment, haut et fort, qu’on ne peut résumer la politique du gouvernement dirigé par des proches d’Alain Juppé au seul caractère antisocial. Preuve est, la distribution de 17 milliards d’euros, en novembre 2019 par ce même gouvernement. Comme par hasard, un an, jour pour jour, après le début du mouvement des gilets jaunes, une espèce de quoi qu’il en coûte d’avant Covid. Face à la crainte d’une déstabilisation institutionnelle, le président Macron décide de lâcher du lest, en ouvrant grand les cordons de la bourse étatique… Là aussi pour un montant de 17 milliards qui scandalisent, cette fois, les ayatollahs d’une gestion rigoriste et austéritaire, à droite. A défaut d’acquis, les faveurs financières tombent comme à Gravelotte. Macron passe de Thatcher à Schumpeter, en nouvel adepte de la destruction créatrice : Extension de la prime d’activité, heures supplémentaires défiscalisées primes exceptionnelles pour les salariés, remboursement de la CSG des retraités (après leur avoir imposé une augmentation), hausse des salaires de niveau SMIC de 100 euros via la CAF… Également, une substantielle baisse des impôts, qui favorise beaucoup plus les classes dominantes que les petits salaires déjà exonérés.

Au final, la crise du Covid s’avère être pour Emmanuel Macron une cure de jouvence électorale, un quoi qu’il en coûte royal pour gâter les Français, aux frais de la princesse européenne. Des milliards accordés comme s’il en pleuvait ! Un présent libéral mué en chef d’état keynésien, et qui retrouve le goût de la dépense publique, avec le haut patronage du Medef, lui aussi devenu adepte de la dépense publique… En sa faveur. Pour autant, cet épisode ne fait pas de l’ancien ministre de l’économie, un tenant d’une ligne sociale. Récemment, des centaines de milliers d’allocataires se sont vu privés d’APL, des centaines de milliers de chômeurs d’une baisse importantes de leurs allocations. A propos de la retraite, dans sont entretien à TF1-LCI, Emmanuel Macron l’a répété, s’il se présente, la réforme fera reculer l’âge de départ à 64 ans. Quant à l’ISF qui devait être réinstauré en cas de non-investissements, il ne sera pas réintroduit, nonobstant le manque d’entrain des plus fortunés à investir dans l’économie française. Un tableau, pas très social, qui n’empêchera pas, nombre d’électeurs issus de la gauche, de préférer la sécurité macronienne… Sous prétexte de combattre l’extrême droite.

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