Emmanuel Macron - Émission Où va la France sur TF1 le 15 décembre 2021 - Capture d'écran Nos Lendemains.

C’est un classique du genre et pourtant, il prend une ampleur particulière parce que la scène se joue à 96 jours d’un premier tour de présidentielle. En déclarant froidement , qu’il veut “emmerder jusqu’au bout les non-vaccinés”, devant un panel de lecteurs du journal Le Parisien, Emmanuel Macron reste absolument conforme à sa façon de gouverner depuis 5 ans. C’est seulement un peu plus vulgaire, qu’à l’accoutumée, un peu plus intrusif dans un débat parlementaire déjà chaotique, un peu plus inacceptable de la part d’un chef de l’État dont on attend qu’il soit garant de la concorde civile, et non d’insulter des Français qui n’ont commis aucun délit.

C’est une vieille mécanique à l’œuvre depuis le début du quinquennat mais qui prend donc aujourd’hui des proportions affolantes : provoquer, et caresser, insulter, disqualifier puis faire mine de s’excuser, diaboliser et parler d’empathie, mépriser puis évoquer à tout  bout de champ la bienveillance. C’est la marque d’un esprit tortueux, avec lequel les Français ont appris à vivre, l’inconnu étant, au delà des sondages trop flatteurs, le désir de ces mêmes Français d’en terminer ou pas avec ce Président si étrange, si désagréable, si lointain et désormais si vulgaire.

On avait commencé cette campagne par le détestable doigt d’honneur d’Eric Zemmour, suivi d’un grasseyant “et bien profond”. On la poursuit avec des propos de comptoirs d’un Président qui assume d’emmerder les non vaccinés. Il n’y a aucune  embardée dans ces propos puisqu’il s’agit d’une interview écrite et donc relue par l’Élysée. Il y a, bien au contraire, une volonté de “parler vrai” et de tenter de se mettre ainsi dans la poche les 90% de Français vaccinés. Comme si tous les vaccinés adhéraient au discours délirant en vigueur depuis des semaines qui consiste à faire porter tous les maux de l’hôpital et la reprise de la pandémie sur le dos des non-vaccinés. Comme  si ces 90% de vaccinés l’étaient par joie, par allégresse, par dévotion au progrès scientifique, et non pas par obligation, peur et lassitude. Comme si les Français étaient suffisamment excédés pour admettre que leur Président s’exprime avec autant de vulgarité et de virulence, une sorte de mini Trump de province, mieux peigné et qui ferait de la provocation permanente une arme électorale majeure.

Pour avoir cru cela, Zemmour a fait les erreurs de trop qui le disqualifient définitivement : le Bataclan, le doigt d’honneur, les provocations incessantes sur tout sujet historique. Il est devenu inquiétant. Les Français se sont lassés de la nouveauté car un Président, ça s’oblige. Il en va de même pour Emmanuel Macron, spécialiste hors compétition de la petite phrase méprisante, vacharde, puérile, suivie, depuis sa grande peur personnelle au Puy en Velay, au moment des Gilets Jaunes, de faux mea culpa en série et de belles larmes de crocodiles, comme le 15 Décembre dernier, sur TF1, où il s’excusait presque d’avoir bousculé, mal parlé et blessé des gens dans ses propos. On imagine déjà, avec une certaine gourmandise, quelle sera la formule choisie pour s’excuser d’une phrase qui est absolument calibrée, pensée, réfléchie. Les excuses interviendront si les sondages baissent et montrent que, contrairement à ce qui était prévu, la démagogie et la vulgarité ne font pas vraiment recette dans notre pays, et si l’argument  “il dit tout haut ce que les français pensent tout bas”, s’avère dévastateur pour son image, notamment auprès de ses socles électoraux solides que sont les retraités ou les cadres supérieurs. Les excuses viendront inévitablement car il ne pourra pas échapper à la sanction de l’opinion qui a une conception certes paradoxale de la fonction de chef de l’État mais qui demeure tout de même sanctuarisée.

Un Président ne peut pas dire ça, encore moins de cette façon. Quelle mouche l’a donc piqué ? La mouche de la vanité, de la conviction absolue qu’il a partie  gagnée, qu’aucun de ses adversaires ne peut le battre et que la crise sanitaire le rend à nouveau et plus que jamais rééligible. La vanité qui le pousse à croire que l’on peut tout dire, décréter qui est un bon citoyen et qui ne l’est pas, s’affranchir de toute bienséance et qu’on lui en fera crédit. La vanité de vouloir être le maître du jeu, du temps, des horloges, d’être le cœur de la vie politique, en s’invitant avec ses gros sabots dans le débat parlementaire et en l’hystérisant volontairement, en divisant pour continuer de régner.

La crise est si grave que l’Assemblée Nationale a à nouveau suspendu ses débats cette nuit, après avoir demandé en vain que Jean Castex vienne s’expliquer sur ces propos délirants d’Emmanuel Macron concernant une loi que doivent voter les députés et qui, dans la logique parlementaire, ne peut consister à « emmerder les non-vaccinés ». Jean Castex n’étant jamais venu, et on le comprend car il doit être bien en peine d’expliquer le coup de « folie » verbal du Président, les débats ont donc été suspendus. La vanité qui dévore tout, détruit tout. Les Français voudront ils tourner la page de ce quinquennat chaotique, piloté par un Président étrange et tortueux ? Peut-être qu’il a lui même, dans cet entretien accordé au Parisien, planté la cause qui le perdra en Avril prochain. 

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Cet article a 3 commentaires

  1. Emma

    Terrible aveu : le pass vaccinal ne répond pas à la nécessité de protéger les Français mais à une royale envie « d’emmerder les non vaccinés ».
    Inquiétant d’être gouverné par un enfant capricieux en pleine crise sanitaire.

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