La bombe a été lâchée mardi soir. Un sondage propulsant Valérie Pécresse, désormais en lice avec le dossard LR dans la course à l’Élysée, au niveau de Marine Le Pen. Et surtout, la candidate de la droite républicaine bat le président sortant, toujours pas candidat mais encore en campagne dans les « territoires », le Cher mardi et l’Allier mercredi. Et face à la presse jeudi.

L’infographie illustrant un Macron à 48 % défait par une adversaire à 52 % a dû faire sauter de joie des millions de Gaulois. Cet instant d’allégresse passé, les raisons de le prendre avec recul ne manquent pas. D’abord, exit Xavier Bertrand. Que de nombreuses boules de cristal ont vu à tort comme incontournable après les régionales.Deuzio il ne faut pas négliger l’effet push du congrès, pourvoyeur d’une visibilité médiatique marquée pour LR et qui a profité à Pécresse, d’autant que les débats entre prétendants ont été courtois. Cette victoire inattendue sort de sa torpeur un électorat endormi depuis des années, lui ouvrant des horizons inespérés bien qu’incertains. La primaire pour 2017 avait de la même manière boosté Fillon qui était redescendu par la suite, tout comme Benoît Hamon dans le camp d’en face.

Il suffit de jeter un œil dans le rétro pour constater qu’en décembre 2016, aucune photographie des intentions de vote pour 2017 ne pouvait être conforme au scénario final, bouleversé par l’affaire qui allait neutraliser Fillon (et sa Pénélope). Emmanuel Macron commençait à décoller, avant même la qualification de Hamon pour le PS, mais l’ancien Premier ministre avait de la marge. « Quel que soit le candidat socialiste, et que François Bayrou soit présent ou non dans la compétition, François Fillon s’installe à la première place : selon les cas de figure, il est crédité de 26 % à 29 % des intentions de vote », analysait le journal « Le Monde » à la mi-décembre. Autre élément à intégrer, la volatilité des sondés, notamment ceux qui cherchent avant tout le meilleur outil anti-Macron. On peut tout de même imaginer que les hésitants qui s’interdisent d’aller jusqu’à Z jugeront l’ancienne ministre du Budget plus crédible que la candidate du RN.

Ajoutons à tout ça que les instituts de sondage se sont parfois lourdement trompés. Fin décembre 2001, l’Ifop créditait Jean-Marie Le Pen de 6,5 % des voix pour la présidentielle d’avril 2002. Le fondateur du FN en a réuni plus de 16 %, se hissant au deuxième tour face à Chirac.

De quoi réconforter un peu le candidat en tête à gauche derrière les quatre nuances de droite/extrême droite (Macron-Précresse-Le Pen-Z), Jean-Luc Mélenchon, avec 8 %. Le leader de l’Union populaire n’a d’ailleurs pas mâché ses mots via Twitter : « Bravo Pécresse. D’après le sondeur ELABE elle a gagné 4 millions de voix (+11 points) depuis vendredi. Dont 2 millions pris à gauche. Il faut y croire? Quel mépris grossier de notre intelligence ! ». 
Au-delà des chiffres, le supposé grand bond en avant de la présidente la Région IdF modifie le rapport de forces entre LR et ses différents adversaires sur sa droite et sur sa gauche. Il place le Président à portée de tir et le candidat Macron devra le prendre en compte. Les réactions de la majorité présidentielle laissent à penser que les éléments de langage pour une riposte cohérente n’étaient pas prêts. Entre les Macronistes qui, à l’image d’Élisabeth Borne, ont déjà sorti le bazooka pour tirer sur la candidate Les Républicains et ceux qui soulignent à l’inverse les points communs entre Macron et Pécresse. Ceux-là vont jusqu’à inviter la championne LR à rejoindre le créateur du « En même temps », ce coucou de l’échiquier politique un peu trop habitué à faire son nid chez les autres à droite à gauche et à vite oublier qu’il n’est pas chez lui. Ça commence à se voir à tribord.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.