Emmanuel Macron face aux acteurs de la culture, le 6 mai 2020.

« Emmanuel Macron nous a carrément dit que si on voulait que l’argent pour la relance passe par les régions et les départements, il fallait changer de calendrier électoral. Il ne doute de rien. » C’est le sénateur Bruno Retailleau qui est revenu à l’antenne de LCI sur cette scène proprement hallucinante qui a vu Emmanuel Macron proposer un « deal » aux présidents de régions.

Repousser les élections régionales après la présidentielle pour « permettre aux présidents de région de se concentrer sur la relance économique » ? Le chef de file des LR au Sénat répond d’un trait simple et cinglant « Quand on tripatouille le calendrier électoral, on érode la confiance ».

Oui, tripatouillage est le bien le terme qui convient, tant Emmanuel Macron ne cache même pas ses objectifs électoraux, mettre hors course présidentielle Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.
Nous l’écrivions ici même, le Président de la République, pourtant garant des institutions, expliquait aux présidents de région réunis à déjeuner à l’Élysée :
« Je vous aide (financièrement) si vous m’aidez à reporter les régionales après la présidentielle car j’ai des opposants politiques parmi vous ». Et Emmanuel Macron d’ajouter, comme s’il s’agissait de son compte en banque, « je ne vais pas donner de l’argent à mes adversaires ».

Dans toute démocratie, ces déclarations auraient dû faire scandale. Et ce d’autant plus que le Chef de l’État ne cesse de prendre des libertés avec les institutions, la séparation des pouvoirs et les corps intermédiaires. Les multiples interventions vis-à-vis de la Justice, dans l’affaire Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, dans l’affaire Adama Traoré mais aussi la mise en place « d’une contre-commission d’enquête » sur la crise sanitaire empiétant sur les prérogatives du Parlement ou encore les mesures de restrictions des libertés publiques prolongées de manière déraisonnables et alors que le gouvernement peut désormais mettre en place très rapidement et par décret un état d’urgence sanitaire. Tout cela relève d’un vent mauvais.

« Il y a cette tentation de fouler au pied les corps intermédiaires et de s’arroger les pleins pouvoirs » a expliqué Bruno Retailleau sur LCI. C’est une accusation de dérive autoritaire qui ne date pas d’aujourd’hui mais qui prend de plus en plus de consistance à mesure les preuves s’accumulent et que le malaise démocratique s’installe.

Ce projet de « tripatouillage électoral » confirme s’il en était besoin qu’Emmanuel Macron a besoin de faire place nette à droite. C’est bien là qu’il veut faire son marché électoral. Les municipales ont montré que l’électorat de centre-ville, de gauche, avec des aspirations sociales et écologiques a quitté le train En Marche et ne votera sans doute pas Emmanuel Macron au premier tour. Un danger mortel pour sa tentative de réélection. Voilà qui explique sa tentative de se verdir mais surtout son insistance à vouloir empêcher une vraie candidature à droite. Et ils sont plusieurs à être en mesure de lui prendre les quelques points qui l’empêcherait d’accéder au second tour.

Autoritarisme, menaces sur les libertés publiques, affaires etc.
Le « nouveau monde » a décidément des goûts de Giscardisme finissant.
Et le nouveau VGE a absolument besoin de tuer dans l’œuf l’émergence d’un Chirac de notre temps. Mais à chercher absolument à se verdir et en même temps à se poser en candidat de la droite libérale, Emmanuel Macron va réussir à faire fuir Edouard Philippe. Cependant l’actuel Premier ministre s’il se décidait à entrer dans la course présidentielle pourrait être en meilleure position que ne l’était Jacques Chirac en 1981.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Alexandre lamiaud

    Encore un article passionnant, bravo ‼️🤗

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