Angela Merkel et Emmanuel Macron à Toulouse, le 16 octobre 2019.

Revoilà le couple Franco-Allemand. Ce couple que l’ont dit « moteur » de l’Europe, dont les accords et les désaccords rythment les avancées et les reculs du projet européen.

Quand ils regardent l’Allemagne – c’était le cas avant le coronavirus et ça l’est certainement plus encore après -, la plupart des Français sont tiraillés entre l’admiration et une forme de rejet. Admiration pour ce partenaire historique – 77% en ont une bonne image, selon un sondage réalisé pour la fondation Jean Jaurès avant la crise -, sa réussite économique parfois perçue comme insolente, mais rejet car cette même réussite nous renvoie à nos échecs.

De fait, l’idée que les relations entre nos deux pays sont « équilibrées » est moins présente en France (61 %) qu’en Allemagne (86 %). On trouve ici le reflet du sentiment très français, enraciné de longue date, que le pays est en déclin, économique comme politique, alors que l’Allemagne semble connaître un dynamisme économique sans égal en Europe. Dynamisme et puissance qui lui permettent, depuis le début de la crise, de peser de tout son poids et avec succès auprès de nos partenaires européens pour ne pas céder aux demandes d’Emmanuel Macron, notamment en matière de gestion de la « Coronadette ».

Dans le duo télévisé Merkel/Macron, les Français seront nombreux à voir l’asymétrie de leurs poids politiques et économiques respectifs. L’étude citée plus haut faisait état, avant même que la crise nous inflige l’humiliation d’avoir été mis en échec par de simples masques, de l’ampleur des différences entre les représentations allemandes sur la France et la manière dont notre voisin occupe notre imaginaire collectif.

De notre côté, les mots et adjectifs que nous associons spontanément le plus aisément à l’Allemagne sont « la puissance économique en Europe » (86 %), « le travail » (85 %), « la puissance politique en Europe » (85 %), « la stabilité politique » (82 %) et « la richesse » (75 %). Clairement, nous lions l’idée du leadership politique au dynamisme économique. Ce n’est guère étonnant dans la mesure où, depuis de nombreuses années, experts et politiques sont nombreux à avoir décrit l’Allemagne comme un exemple à suivre, en termes de rigueur dans la gestion des deniers publics, de développement du tissu de PME ou encore de capacité et de temps de travail.

Le premier terme qui revenait dans les esprits allemands lorsqu’il s’agit de la France est celui de « patrimoine culturel et historique ». Au risque de la réduire à la caricature du « musée » ou du simple lieu touristique ? Heureusement, nous ne brillons pas aux yeux de nos voisins simplement par notre histoire et notre culture : 90 % citent « la qualité de vie », 89 % la convivialité, 84 % la modernité – l’image d’un président jeune n’y est sans doute pas étrangère – et 81 % la puissance politique en Europe. Résultat flatteur et qui étonnera sans doute une opinion française prompte à déplorer une perte d’influence et à redouter un lent déclin économique et politique.


Finalement, peut-être devrions-nous donc remiser un peu notre sentiment d’infériorité, et nous rendre compte que, si l’Europe ne sera jamais « la France en grand », cela ne veut pas dire pour autant que nous ne sommes pas écoutés et respectés de nos partenaires…

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