Emmanuel Macron lors de son discours aux 100 dirigeants de startups françaises inivtés à l'Élysée - Capture vidéo.
Emmanuel Macron lors de son discours aux 100 dirigeants de startups françaises inivtés à l'Élysée - Capture vidéo.

Il n’est jamais aussi à l’aise que dans ce milieu qui lui va à ravir : les start-ups. Emmanuel Macron les avait conviées, hier à l’Élysée et c’est en chemise « cool » sans cravate, qu’il leur a annoncé que la France allait entrer de plein pied dans la 5G. Jusque-là, tout va bien. C’est la suite qui cloche légèrement. Comme à son habitude, parce qu’il ne peut pas s’en empêcher, il y est allé de ses saillies habituelles, cette fois sur les opposants à la 5 G : « J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine ». 

Voilà donc ceux qui doutent et qui s’opposent à la 5G ramenés à la lampe à huile et aux Amish, cette communauté américaine qui refuse le progrès social et vit comme au XIXème siècle ! Est-il bien sérieux, notre chef de l’Etat ? 

Est-ce une façon correcte, républicaine, est-ce une attitude de concorde (dont il est le garant), de disqualifier des questions aussi fondamentales avec des propos de fin de séminaire managérial. La France n’est pas une entreprise dont il serait le sémillant PDG. Les préoccupations environnementales ne s’incarnent ni dans le retour à la lampe à huile ni dans la vie ascétique des Amish. Caricaturer ainsi l’écologie, pour le simple plaisir d’un bon mot, c’est avouer que, fondamentalement, on n’a rien, strictement rien compris au film. C’est aussi, peut-être, s’inquiéter de voir une jonction qui évidement, inquiète l’Élysée : celle de Yannick Jadot et de Jean Luc Mélenchon, c’est à dire d’une grande partie de la gauche qui signent, ensemble, avec 70 élus, une demande de moratoire sur la 5 G, alors que les attributions de fréquence vont débuter à la fin du mois. Emmanuel Macron ne tient sa position centrale que sur le désert d’union et d’incarnation à gauche comme à droite. Disqualifier la moindre démarche d’union sur le moindre sujet relève donc aussi de la tactique politique.

Mais ces propos continuent de dessiner une l’image d’une personnalité cassante, sans empathie, et surtout particulièrement élitiste, des traits de caractère qui lui coûtent si cher dans l’opinion. 

On peut ranger ces propos dans la grande armoire où s’entassent déjà « les gens qui ne sont rien », « il suffit de traverser la rue » ou le mémorable « je suis votre chef » aux armées, quelques jours après son élection. En cela, il rejoint le panthéon de tous les dirigeants actuels qui dynamitent le débat politique à coups de saillies, applaudies à tout rompre par leurs supporters mais créent une détestation si grande auprès de tous les autres, qu’il s’agisse du champion toutes catégories, Donald Trump ou Javier Bolsonaro.

Macron, lui, porte un costume plus chic qui tape, dans un cercle chic et élitiste, sur l’écologie de la manière la plus populiste. 

Oui, on a le droit de poser des questions sur la 5 G, d’émettre des doutes sur cette course folle à la technologie débridée, sur les dangers que représentent désormais la prolifération d’antennes pour entrer dans ce monde de l’hyperconnexion dans lequel la transmission de données sera 100 fois plus rapide qu’avec la 4 G. Nous n’avons aucun recul sur les nuisances dues à des émissions massives d’ondes en matière neurologique, notamment. Nous n’avons que la garantie des opérateurs. Et cette garantie relative, seuls les gouvernements peuvent la réguler, c’est même l’une des raisons pour lesquelles on élit des représentants : réguler le marché et prendre des décisions pour le véritable progrès de ses citoyens. Je ne suis pas opposée par principe au déploiement de la 5 G, mais sommes-nous obligés d’être disqualifiés d’office et ramenés à l’ère du quaternaire au prétexte que nous posons des questions, sans pour autant tomber dans les fake news comme celles qui pullulent sur internet ? Ça n’est pas sérieux. Un Président ne devrait pas dire ça.

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Cet article a 4 commentaires

  1. Alexandre

    Excellent article, bravo ‼️

  2. Emma

    Effectivement vous avez totalement raison.
    Juste lorsque vous dites : on elit des représentants pour réguler le marché… ben… ce n’est pas tout à fait de cette manière que depuis plus de 40 ans nos gouvernants interprète leur mandat. Mais plutôt comme étant ceux qui doivent faciliter toujours plus la concurrence libre et non faussée du marché, de laisser faire la main invisible du dit marché

  3. TRAMBOUZE

    Entièrement d’accord !
    Ce Président est exaspérant et sans fond !
    Manque d’empathie certainement, incapable d’appréhender la France dans son ensemble et de répondre avec pertinence aux problèmes en cours, sans aucun doute.
    Les raisons : pure idéologie ou tout simplement faiblesse d’analyse ?

  4. Marie-Paule TRAMBOUZE

    Entièrement d’accord !
    Ce Président est exaspérant et sans fond !
    Manque d’empathie certainement, incapable d’appréhender la France dans son ensemble et de répondre avec pertinence aux problèmes en cours, sans aucun doute.
    Les raisons : pure idéologie ou tout simplement faiblesse d’analyse ?

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