Masques obligatoires à Paris - Photo ©️ Daniel Perron.
Masques obligatoires à Paris - Photo ©️ Daniel Perron.

Elle court, elle court, la covid. Et nul ne semble pouvoir prédire combien de temps elle va courir, et encore moins dire comment la stopper.
Hier, la France a enregistré près de 3800 nouveaux cas en 24h, un record depuis le déconfinement le 11 Mai dernier. Et cette courbe qui repart à la hausse, sans discontinuer depuis le mois de Juin, ne cesse d’inquiéter les autorités sanitaires.

Les obligations de port du masque tombent désormais comme à gravelotte dans les villes, sur l’ensemble de la zone urbaine et plus uniquement dans certains secteurs. C’est le cas de Nice ou de Toulouse. Masques obligatoires dans la rue pour tenter de freiner la circulation du virus.
On ne sera pas méchant et donc on ne rappellera pas que, si nous avions pris une décision claire et globale dès le début du rebond, nous n’en serions peut-être pas là. Je dis bien « peut être » car plus personne ne sait rien, ne comprend rien à ce virus. Seuls les initiés sont désormais capables de démêler le vrai du faux. De notre côté, simples mortels que nous sommes, comment peut-on s’y retrouver ? En restant pragmatiques et en regardant ce que nous disent les chiffres et les expériences de nos voisins. L’Espagne, particulièrement éprouvée par la première vague, a enregistré hier 6700 contaminations et 127 morts de plus en 24h. Parmi les personnes hospitalisées dans un état grave, un manifestant anti masques qui avaient participé à un grand défilé de protestation contre les mesures sanitaires jugées liberticides : port du masque obligatoire et interdiction de fumer dans la rue si le distance de 2 m entre chaque personne n’est pas possible.La situation espagnole démontre une contagiosité qui, pour le moment, ne s’explique pas. Nos yeux sont donc braqués sur la péninsule ibérique, et sur cette Espagne, pays limitrophe et ami.

Autre signe d’inquiétude : l’alerte donnée par plusieurs médecins qui comparent ce qui se passe en France à ce qui s’est passé en Floride : une très forte contamination des jeunes sans décès, puis une transmission aux personnes à risques et enfin, la multiplication des décès. Comparaison n’est pas raison mais le risque existe à l’évidence.

D’autant que d’autres acteurs nous alertent depuis hier : les pédiatres. Plusieurs d’entre eux s’émeuvent d’une impréparation de la rentrée scolaire, notamment à propos des tests pratiqués sur les enfants. À l’évidence, les tests PCR ne fonctionnent pas et ils préconisent des tests salivaires. La rentrée scolaire sera donc l’autre grande inquiétude (et le grand débat) à venir. Bien malin celui qui peut nous dire quel est le protocole sanitaire acté et comment se déroulera concrètement cette rentrée. En Italie, qui pour le moment, semble être le meilleur élève européen en matière de rebond ( – de 500 contaminations par jour ), les autorités planchent encore et n’affirment rien sur cette rentrée 2020. L’Italie avait fait le choix de ne pas faire revenir les élèves en classe, à la sortie du confinement, pour ne prendre aucun risque de rebond. Elle s’est donc évité le débat interminable qui a agité la France, et le demi flop de ce retour en classe et des vacances apprenantes qui ont suivi. L’intervention des pédiatres et leur questionnement public vont évidemment nourrir les inquiétudes légitimes des parents dans un contexte général très instable.

Inutile de chercher de la clarté du côté de la parole publique. Jusqu’au bout, les autorités françaises ont laissé le choix aux préfets et aux maires, ce qui donne ce sentiment étrange de domino, avec ses villes qui durcissent leurs mesures en cascades. Emmanuel Macron, quant à lui, en Une de Paris Match avec son épouse, tous deux de blancs vêtus, déclare « On ne s’interdit rien … » en évoquant des possibles reconfinements ciblés tout en expliquant « on ne peut pas mettre le pays à l’arrêt, les dommages collatéraux d’un confinement sont considérables ». Autrement dit, nous allons vivre encore de longues semaines avec une épée de Damoclès et l’ambiguïté de la parole publique.

Tout cela provoque un drôle de sentiment. Nous sommes déphasés et cet étrange été aura eu des allures de parenthèse entre deux menaces. L’une a été mise à exécution et a fait près de 770.000 morts dans le monde. Une paille, nous expliquent ceux qui comparent ces chiffres à d’autres maladies. Certes sauf que nous ne savons pas la soigner réellement et nous n’avons pas de vaccins. Nous avançons en aveugle même si la recherche mondiale a fait des bonds de géants en si peu de temps. Il est donc normal de s’alarmer. Ce qui est anormal, ce sont tous les boutefeux qui nous bassinent toute la journée avec leurs théories fumeuses sur la banalité de ce virus, l’inutilité des masques et la psychose qui gagne. Peut-être parleraient-ils différemment sur leur mère, leur oncle, leur sœur étaient portés ou se battaient contre ce virus ? C’est ce qu’a voulu expliquer Sharon Stone, qui a déjà perdu sa grand-mère et sa marraine du covid et dont la sœur et le beau-frère luttent pour la vie dans un service de réanimation du Montana. « Portez un masque s’il vous plait » explique-t-elle dans une vidéo.

L’autre menace semble poindre sur le plan sanitaire. Elle n’est pas encore immédiatement palpable sur le plan économique et social. Mais son ombre portée occupe nos esprits, bien malgré nous. Déphasés par cette année 2020 qui a mis fin à bons nombres de nos illusions et de nos repères.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Alexandre

    Bon résumé, merci ‼️

  2. LM

    Vous ne pensez pas que les boutefeux sont ceux qui ruinent la France et les Français, alarment sans raison, font peur et consument la santé des bien-portants ?
    De toute évidence vous êtes confuse. Est-ce bon d’étaler sa confusion ? Certes, cela permet de changer d’avis au gré du vent… N’est-ce pas lâche ? En tout cas, ce n’est pas ma notion du journalisme. Les faits sont là. S’il y a plus de cas, il y a aussi moins de cas grave et moins de morts. Cela veut dire que les choses s’arrangent et que l’on approche de l’immunité collective. De le dire, ce n’est pas attiser le feu, au contraire ! De faire semblant de ne pas voir cette réalité, c’est être incendiaire.

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