Le Président Emmanuel Macron et le Premier ministre portugais António Costa sur le perron de l’Élysée ce 16 décembre. Les 2 dirigeants sont désormais à l'isolement. - Photo capture vidéo Nos Lendemains.
Le Président Emmanuel Macron et le Premier ministre portugais António Costa sur le perron de l’Élysée ce 16 décembre. Les 2 dirigeants sont désormais à l'isolement. - Photo capture vidéo Nos Lendemains.

Ainsi , le virus frappe fort et au sommet de l’Etat . Emmanuel Macron a eu les premiers symptômes — pour l’instant bénins —  mercredi soir. Il a fait un test, qui s’est avéré positif jeudi matin. En enlevant cinq jours et en remontant jusqu’à aujourd’hui, on évalue l’étendue du problème. Pêle-mêle et notamment : Conseil européen vendredi ; échanges avec les membres de la Convention citoyenne pour le Climat samedi ; tirage au sort de la phase de poules du Mondial de Rugby 2023, déjeuner pour le 60ème anniversaire de l’OCDE avec le Premier ministre espagnol et le président du Conseil européen lundi ; déjeuner avec les présidents des groupes politiques à l’Assemblée nationale et dîner avec le Premier ministre mardi ; Conseil de défense, Conseil des ministres et déjeuner avec le Premier ministre du Portugal mercredi… et pour finir un dîner plus que gênant à l’Élysée.

Il a réuni les ténors de LREM et du MoDem : « Au sommet de l’État plane un certain embarras. En effet, ce dîner dépassait non seulement la jauge des six personnes recommandées officiellement pour des festivités, mais il a duré jusqu’à minuit et demi en plein couvre-feu », relate Le Point. Certains convives se sont isolés. No news de François Bayrou à 16 h 30 jeudi.

Un contact-tracing de haut vol est en cours au sommet. Il vise à repérer les personnalités susceptibles d’avoir été infectées, puis à les isoler. Il s’agit aussi de trouver la faille. LE zéro qui a transmis le coronavirus au Président. Ce n’est pas Jean Castex, également en quarantaine mais testé négatif, ce qui ne signifie pas qu’il n’ait pas été contaminé : il devra refaire un test dans cinq à sept jours.

En attendant, exactement comme ça avait été le cas aux États-Unis quand Donald Trump avait été infecté en pleine campagne présidentielle, les noms  tombent au fil des heures, en France et ailleurs : tous ceux qui ont approché de trop près Emmanuel Macron se mettent dans une bulle, certains ont fait un test et sont négatifs. En France, dans le désordre, notamment : Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale ; Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée ; Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement. Il faut ajouter quelques présidents de groupe (dont Stéphane Guérini). Ils ne sont pas considérés comme cas contacts mais ont parfois préféré s’isoler. Côté personnalités étrangères, Pedro Sanchez, président du gouvernement espagnol ; Antonio Costa, Premier ministre portugais ; Charles Michel, président du Conseil européen, et Alexander Croo, Premier ministre belge, ont annoncé à la mi-journée qu’ils se mettaient en quarantaine. Ce n’est qu’un début.

Alors que la traque du coronavirus chez les puissants et leurs entourages est en cours, les réactions se révèlent à l’image de la popularité du chef de l’État. Certaines voix soulignent les vertus pédagogiques d’une mise en lumière de l’infection présidentielle pour rappeler que nul n’est à l’abri. À l’opposé, les politiques les plus offensifs relèvent qu’il est absolument inadmissible que le Président ait été contaminé. Il lui est reproché de ne pas avoir pris assez de précautions, avec lui, avec les autres. Et d’être trop tactile.

La jeunesse d’Emmanuel Macron (43 ans lundi) pourrait a priori le mettre à l’abri d’une forme sévère . Emmanuel Macron, lui, n’est pas à risque, contrairement à son homologue américain, qui avait offert un épilogue hollywoodien à son hospitalisation après avoir été traité en deux temps trois mouvements par un cocktail d’anticorps de synthèse. Sans aller jusqu’à l’outrance trumpiste, Emmanuel Macron ne ratera sûrement pas l’occasion de s’offrir une semaine de com qui tombe bien. Pour peu qu’il diffuse l’image d’un quadra normal, malade mais au travail, les Gaulois empathiques pourraient s’émouvoir. En se disant que ce Président-là aura tout eu, même le Coronavirus.

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