Capture vidéo - Montage Nos Lendemains.

Surtout ne pas se faire piéger comme François Hollande, et conditionner sa réélection à la courbe du chômage à la baisse. Ni vu, ni connu, je t’embrouille. En claironnant sur tous les toits que le chômage est passé de 9.2% à 7.2%, Emmanuel Macron a fait mouche, mieux que cela, on peut lui accorder le bénéfice de cette baisse, en vérité entamée dès 2016… Trop peu et trop tard pour que l’ancien président socialiste se représente. A l’origine de ce mieux, dit-on : Une politique de l’offre, en faveur des entreprises, basée sur le CICE, une baisse drastique (6%) des cotisations sociales patronales.  Des concessions sans contrepartie qui scandaliseront tous les syndicats. En vain, puisque l’option libérale a commencé à donner des fruits sur le front de l’emploi. Arrivé à la présidence, par un concours de circonstances favorables, Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie, et promoteur de cette politique, s’est engouffré dans la brèche, quitte à écorner ses valeurs sociales d’origine… Au nom de l’efficience économique.

Pourtant, le diable se cache dans les détails, et à y regarder de plus près, on se rend compte que ce pourcentage de 7.2 correspond plus à une présentation favorable qu’à une réelle dynamique décisive. Invité à une émission politique, lors des présidentielles, le patron de LFI, Jean-Luc Mélenchon a commencé à révéler l’envers de ce beau décor : « le chômage a baissé parce qu’on inscrit 900 000 postes de travail nouveaux qui sont les contrats des jeunes apprentis, qui sont des apprentis, pas des embauchés ! Le chômage est à son plus haut niveau, le chômage réel » ! La Dares (Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques) service rattaché au ministère du Travail, confirme l’analyse du patron de Nupes. Ainsi, le nombre de contrats d’apprentissage, entre 2019 et 2021 à été multiplié par deux, passant de 396 968 à 731 785. Autant de jeunes de 15-24 ans qui n’apparaitront plus dans les statistiques du chômage.

Quoi qu’il coûte en emplois précaires

Autre stratégie présidentielle de maquillage des chiffres : jouer sur la précarité subie par les demandeurs d’emploi, mais invisible dans les statistiques froides du ministère du Travail. Les données révèlent que si le nombre des chômeurs de catégorie A, n’ayant pas du tout travaillé, baissent, ceux des catégorie B et C, à activité réduite, se maintiennent à la hausse, soit en augmentation de 6% du chômage. La magie sinistre de la précarité permet au gouvernement d’afficher une insolente baisse de 2 points en seulement 3 ans. Et dans une situation de tension sur le marché du travail, les chômeurs ont tendance à accepter y compris les temps partiels et parcellaires. La pandémie, ruineuse pour les comptes de l’Etat, s’est transformée en bénédiction pour la présentation des chiffres de baisse du chômage pour le gouvernement. La France a assisté, entre 2019 et 2020, à une explosion du nombre des micro-entreprises, plus 10%, soit 500 000 créations d’auto-emplois… De transport et de livraison à domicile. Une statistique officielle note que le salaire annuel d’un livreur à domicile ne dépasse pas, en moyenne, 5000 euros. La précarité comme gestion de l’emploi.

Nonobstant cette fiction réaliste de la création d’emploi, la France demeure le mauvais élève de l’Europe, même avec son peu glorieux 7.2% de chômage. Bien aidée en vérité par une politique systémique de résiliation des statistiques pour défaut d’actualisation, dans 40% des cas. Comme tous les autres gouvernements, celui-ci ne déroge pas à la règle, en améliorant la photographie d’ensemble. Les taux fournis par l’Insee, et surtout par le Bureau international du travail, se rapprochent plus de la réalité du chômage dans l’Hexagone. On s’aperçoit alors que la faveuse courbe en cloche n’est pas si significative, en dépit du CICE, de la loi travail, des baisses des impôts de production et des cotisations sociales patronales. Comme une envie de s’affliger… Tout ça pour ça ?

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