Conférence de presse du Président Emmanuel Macron sur la situation au Liban, dimanche 27 septembre 2020 - Capture Nos Lendemains.
Conférence de presse du Président Emmanuel Macron sur la situation au Liban, dimanche 27 septembre 2020 - Capture Nos Lendemains.

Tout est lunaire dans cette conférence de presse d’Emmanuel Macron sur le Liban. D’abord, le tempo. Nous sommes en pleine reprise d’épidémie ; les chiffres flambent, la fronde gronde à Marseille, les médecins se divisent, le gouvernement avance à la godille. Pas un mot du chef de l’Etat sur cette  question. Ce que l’on peut comprendre, mais pourquoi venir, un Dimanche soir, qui plus est un soir d’élections sénatoriales, nous parler de la situation politique d’un pays ami ?  Vendredi, un fanatique pakistanais a attaqué à l’arme blanche 4 personnes en plein cœur de Paris, croyant en plus pénétrer dans les locaux de Charlie Hebdo et pas un mot du chef de l’Etat, ce que l’on ne peut pas comprendre, mais en revanche, sur le Liban, il parle, il parle.

Venons-en justement à ce qu’il dit. On est loin du Macron et son bain de foule surmédiatisé de l’été dans les rues de Beyrouth, après l’explosion du port de la ville. Ces images, et le voyage qui a suivi un mois après, avaient suscité des commentaires dithyrambiques sur ce jeune Président qui serait donc un génie de la diplomatie. Malheur à ceux, et nous en faisions partie, qui émettaient des doutes et des critiques, s’étonnaient d’une telle ingérence et dénonçaient une communication vide de sens.
J’ai ainsi eu l’honneur d’être qualifiée, par les adorateurs macroniens, d’Erdogan et de Le Pen, osant mettre en cause la méthode et les arrières pensées. Malheureusement, comme souvent avec Emmanuel Macron, nous avons tort d’avoir raison trop tôt et ses déclarations du jour sont lunaires.

Il évoque « la trahison collective des dirigeants qui préfèrent privilégier leurs intérêts personnels ». Les partis libanais, on le rappelle, s’étaient engagés à former un gouvernement d’union nationale. Mais face aux querelles, notamment sur les portefeuilles, le 1er ministre chargé de composer l’exécutif, Moustafa Adib, a préféré jeter l’éponge Samedi, signant naturellement l’échec cinglant de l’initiative française. 

Ah tiens ! Le chef de l’État découvre donc l’Orient complexe et la classe politique libanaise corrompue ? Personne ne lui avait expliqué qu’on ne déboule pas en disant « je veux » pour que tout se règle en deux coups de mentons et 3 accolades ? Et par ailleurs, de quel mandat est-il détenteur pour tenir ce genre de propos hallucinants sur les dirigeants d’un état souverain ? En parlant de trahison collective, en désignant le Hezbollah et son allié Amal, responsables principaux de l’échec de ces négociations, Jupiter tonne… pour le moment dans le désert. En brandissant l’argument des aides publiques dont le pays a cruellement besoin, il tente un dernier rapport de force mais cette crise d’autorité, aux allures trumpesques, peut paraître quasiment ridicule, contre-productive et surtout totalement décalée pour des Français qui attendent la parole du Président sur d’autres sujets bien plus cruciaux. Quel est donc le conseiller qui lui a soufflé ce tempo étrange, fait de silence quand il faudrait parler (sur les  attentats) et de paroles trop virulentes quand il faudrait se taire et agir en coulisses (sur le Liban). Lunaire.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Emma

    « Je me suis fait traiter de Lepen » par les macroniens dites vous.
    Les macroniens n’ont comme argument que l’insulte, vous n’aviez pas remarqué ?
    L’insulte et le mensonge sont la marque de ce gouvernement.

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