Anne Hidalgo au Conseil de Paris dit son respect et son amitié à Christophe Girard - Capture vidéo Mairie de Paris.
Anne Hidalgo au Conseil de Paris dit son respect et son amitié à Christophe Girard - Capture vidéo Mairie de Paris.

On n’est pas prêt d’oublier cette pitoyable séquence au Conseil de Paris cet après-midi. Mais quelle mouche a piqué les Verts pour se comporter ainsi ? Que le préfet de Paris ait décidé de saluer Christophe Girard, déclenchant ainsi une standing ovation de la salle est une chose. Les hurlements d’Alice Coffin, l’élue verte, criant « la honte, la honte » en est une autre. Comme si nous étions à la cérémonie des Césars et que l’on venait de remettre un trophée à Roman Polanski !

Mais de qui parle-t-on ? Qui salue-t-on ? Un violeur avéré, un homme accusé de viol, ou un secrétaire général de la Maison Yves Saint Laurent, et qui, dans les années 80, a apporté, à la demande de Pierre Bergé, des aides financières, à Gabriel Matzneff ?

Christophe Girard est-il poursuivi pour « viols sur mineurs », est-il accusé ou même soupçonné de viol ? Non, évidemment mais ces aides qui n’émanent même pas de sa cassette personnelle, encore moins d’une décision personnelle, ont poussé des élus écologistes à réclamer sa démission et de quelle manière !

Manif sous les fenêtres de l’Hôtel de ville… jusque-là, rien de très grave. Tout le monde a le droit de manifester. Mais les pancartes sont en tout point inacceptables. On peut y lire « Mairie de Paris / Bienvenue à Pedoland » !

Lassé par avance par les polémiques interminables à venir, Christophe Girard a choisi de démissionner pour ne pas entraver l’action de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Cette dernière n’a pas hésité à twitter son écœurement face à une telle situation, touchant un homme qui s’est battu pendant 30 ans pour l’égalité des droits.

Colère de la Maire. Inquiétude du leader des Verts à l’hôtel de ville, admettant qu’il faudra forcément s’excuser pour les pancartes diffamatoires.

Sur ce, arrive le préfet Lallement, qui salue, lors de la session, Christophe Girard. Cris d’Alice Coffin. Soutenu illico presto par David Cormand, euro-député EELV, qui traite le préfet de master troll et salue Alice Coffin.

Voilà donc où nous en sommes, dans la plus grande ville dirigée par une coalition sociale écologique. Quel spectacle pitoyable donne cette gauche dont on se demande bien qui peut mettre un kopeck sur son retour aux affaires un jour prochain. D’ailleurs, Anne Hidalgo n’est pas en cause. Ce qui est en cause, c’est l’attitude totalement immature des écologistes. Qui ont toujours procédé de la sorte, poussant le rapport de force jusqu’au grotesque, et au premier chef, entre eux.

On se souvient des batailles sanglantes Voynet/Lipietz, des guerres contre Daniel Cohn-Bendit, ou Nicolas Hulot, des frondes pro-Mamère ou anti Mamère, des cris et des chuchotements entre les différentes couches du mille feuille-vert à chaque rentrée politique. Du bannissement des uns, des oukases sur les autres. Une immaturité, un jusque boutisme qui a écœuré tant de talents et et renvoie inlassablement l’image d’un tout petit parti, trop petit et trop divisé pour porter une si grande cause. En une après-midi, les verts parisiens ont ruiné en partie la petite crédibilité qu’ils ont acquise aux municipales, portés par des commentaires médiatiques surdimensionnés par rapport à la réalité des résultats.

Pourtant, cette fois ci, on ne demandait qu’à y croire. Après tout, eux aussi avaient peut-être changé, évolué ? Que nenni !

Prétendre gouverner, accéder à la présidence de la république en se trompant à ce point sur l’attitude politique à avoir est une erreur profonde et signe l’adolescence qui n’en finit pas de durer. Ils ont raison d’être intraitables sur les violences faites aux femmes, intraitables sur l’égalité des droits, sur le climat, l’économie circulaire, sur la destruction de la planète et sur leur vision des nouvelles mobilités et de la nécessité de changer le système. Mais s’attaquer à Christophe Girard, qui a signé un chèque en tant que salarié d’un homme donneur d’ordre, est-ce bien raisonnable ?

Mettre en difficulté un exécutif local dont la pièce principale, en l’occurrence Anne Hidalgo, est en phase sur à peu près tout avec eux mais qui pèse politiquement bien plus qu’eux, est-ce bien raisonnable ?

Se faire élire sur les listes de cet exécutif, et donc avec Christophe Girard et attendre d’être dans la place pour dénoncer ce qu’ils jugent être un scandale, est ce bien raisonnable ? Alice Coffin et ses alliés ignoraient ils les fonctions de Girard chez Bergé ? Ignoraient-ils les liens de Bergé et Matzneff ? Alice Coffin a t-elle découvert les faits avant hier ? Si tout cela lui remuait le cœur, et on veut bien la croire, pourquoi attendre d’être élue pour s’enflammer ainsi ? N’y aurait il pas eu matière à panache de le faire avant ? Est ce bien raisonnable, tant d’opportunisme politique ?

Penser qu’on a gagné la coupe du monde de foot parce qu’on a remporté 3 matchs éliminatoires en emportant quelques grandes villes, est-ce bien raisonnable ?

Être incapable d’être unis sur cette affaire, entre ceux qui s’excusent, ceux qui s’excusent de ne pas s’excuser, ceux qui ne s’excusent pas et ceux qui s’en foutent, est-ce bien raisonnable ?

Chercher enfin à affaiblir celle que certains présentent comme la possible candidate de rassemblement de la Social -Écologie en 2022, est-ce bien raisonnable ? Pire … penser que l’on peut gagner seul en embarquant la gauche derrière un drapeau où toutes les nuances de verts cohabiteraient, est-ce bien raisonnable ?

Non, ça ne l’est pas.

Et le Parti socialiste, qui a payé très cher son tête-à-tête avec les verts et uniquement eux, pendant le quinquennat de François Hollande, serait bien inspiré de se rappeler qu’on ne peut pas gagner à deux, en laissant toute une partie de la gauche de côté. Des mairies, peut-être. La présidentielle, jamais.

Oui, le spectacle à la mairie de Paris parvient presque à éteindre la petite brise estivale des municipales.

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Cet article a 7 commentaires

  1. Emma

    Les verts intraitables sur la nécessité de changer de système … Dites vous !!! Cela m’avait échappé !!! Le problème c’est que EELV c’est l’auberge espagnole et qu’il y a autant de ligne politique que de verts. Des libéraux et quelques anti libéraux
    Ce n’est cependant pas une découverte.

  2. Gracianne LamotheHastoy

    Il y a des ecolos dictateurs à n en pas douter…dans les grandes villes…et c est ainsi que les médias devraient les présenter au lieu de nous parler de le Pen ou alliot …
    Cessez de parler d eux …et ne pas trop leur donner la parole…on ne saura plus comment s en débarrasser de ces rats de ville.je choisis le rat des champs.

  3. jocelyne ouang

    Un simple soupçon : Lallemand en mission pour mettre de l’huile sur le feu ? Tout est possible aujourd’hui

  4. Anita

    Complètement à côté de la plaque : « Non, évidemment mais ces aides qui n’émanent même pas de sa cassette personnelle, encore moins d’une décision personnelle, ont poussé des élus écologistes à réclamer sa démission et de quelle manière ! », figurez-vous, madame Degois, que ce serait moins grave, sans compter que Girard en avait amplement les moyens, s’il avait la charité à Matzneff sur ses propres deniers au lieu de faire pression pour qu’il obtienne une allocation à vie sur deniers publics.

    La honte, c’est vous et vos copains PS et PCF qui se lèvent quand un PRÉFET DE POLICE d’extrême-droite salue « l’honneur » d’un type qui pendant deux ans a planqué un pédocriminel faisant l’objet d’une enquête de ses propres services.

    Vous êtes tous complètement out. Plus jamais PS et maintenant, plus jamais PCF.

  5. aristide zongo

    « En une après-midi, les verts parisiens ont ruiné en partie la petite crédibilité qu’ils ont acquise aux municipales.. »

    Ce n’est pas en criant mille fois la même chose que celle-ci devient réalité Mme Françoise Degeois ! Après les européennes c’était le même slogan. On a attendu les municipales , vous avez eu tort. La raison, on a l’a ou on l’a pas. On ne la crée pas

    1. Dunoyer

      L’écologie politique est en France une coalition d’illétrés qui n’a de cesse de disqualifier l’ecologie réelle.

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