Masques en magasin à un prix exorbitant, le 21 mai 2020 - Photo ©️ Daniel Perron.
Masques en magasin à un prix exorbitant, le 21 mai 2020 - Photo ©️ Daniel Perron.

Le beau temps après le gros temps, tel est l’histoire qu’on pourra se raconter dans quelques mois quand on évoquera l’aventure dantesque des masques en France. Avec ces allers-retours contradictoires des médecins comme des politiques sur l’inutilité, voire la dangerosité du port des maques. Désormais, la nécessité absolue d’en porter dans les espaces clos, au risque de se voir infligée une amende de 135 euros en cas de manquement.

Finie la pénurie, en ce mois de juin, voici venue la surabondance de ce petit accessoire sanitaire, devenu, en une épidémie, objet de toutes les sollicitations. Ainsi, dès le début du mois, l’Union des industries textiles en France, alertait sur le fait que plus de 40 millions de masques produits par des entreprises françaises ne trouveraient pas preneurs. D’importants investissements en pure perte, si la demande ne reprend pas de la vigueur.

Épidémie en recul, production en hausse

Il faut dire que l’épidémie de Covid-19 ralentit en France, avec elle la peur du virus, et l’urgence à se procurer des masques. Une situation visible dans toute l’Europe, aujourd’hui submergée par les productions chinoises à bas coûts. Chose cocasse, même l’État est pointé du doigt, accusé de prendre livraison aujourd’hui de commandes à la Chine datant du mois de mars. Des arrivages massifs qui percutent les productions nationales. Une véritable balle dans le pied !

Au temps des licenciements à tours de bras, des surproductions généralisées, les industries se retournent contre le gouvernement, passablement énervées. La France compte, en effet, plus de 250 confectionneurs, 150 fabricants de tissus, qui, après s’être mobilisés durant deux mois, à la demande de l’État, se voient savonnés la planche, et envahis de cartons de marchandises prêtes à être livrés. Conclusion amère, la France est tombée dans le piège de masques pour tous, qu’ils soient chirurgicaux ou en tissus.

La France exportatrice de masques

L’empressement dicté par la pandémie à se procurer des masques, la pression sur le gouvernement, dès le mois de mars, expliquent la profusion actuelle. Car tous les partenaires ont mis la main à la patte : État, collectivités locales, entreprises, y compris les plus prestigieuses, comme LVMH, qui ont dû adapter leurs productions à la fabrication des masques. Une forme d’hystérie sur cette question s’est emparée des autorités entrainant un véritable concours Lépine de celui qui produira le plus et le plus rapidement.

Aujourd’hui que l’abondance nuit, une seule solution, l’exportation ! Pour se débarrasser de leurs surproductions de masques, les industries françaises pensent à l’idée d’exporter le surplus en Europe. Également, fournir l’État client en puissance, pour assurer ses stocks de précaution en cas de nouvelles épidémies. Hélas, l’amélioration de la situation sanitaire globale ne favorise pas les entreprises…
Quand le bonheur des uns fait le malheur des autres.

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