On pensait véritablement en avoir terminé avec la querelle médicale. Et pourtant , elle n’en finit pas d’en finir. Désormais, elle porte sur deux questions : assiste t-on a une deuxième vague ou pas ? Et les masques sont-ils nécessaires ou pas à l’extérieur? Dans le registre du char d’assaut, le professeur Toussaint n’y est pas allé de main morte hier matin dans les « Grandes Gueules » sur RMC « Actuellement , le danger n’est plus la mais on continue à entretenir une peur irraisonnée … » avant d’ajouter « le masque dans la rue est un suicide collectif » Diable ! Un discours à rebours de toutes les recommandations, de tous les chiffres (+140% de contaminations contre 60% de tests en plus), de toutes les déclarations officielles.

Qui croire ? Jean-François Toussaint ou l’armada des professeurs qui se succèdent à nouveau sur les plateaux ? Pour les uns, c’est sûr, l’épidémie repart et nous risquons le reconfinement. Pour les autres, on préfère parler de rebond (qui n’a rien à voir avec une deuxième vague). Vous suivez toujours ? Pour certains, comme le professeur Caumes, il faut laisser les jeunes se contaminer (pour la fameuse immunité collective) à condition qu’ils évitent les contacts avec leurs parents et leurs grands parents. Soit! Imaginez un jeune qui entend cela. Comment lui faire admettre qu’une grande fiesta dans un champ de luzerne ou sur une plage varoise, avec masques a minima, c’est mal ? Comment encourager la jeunesse, qui n’est pas si inconsciente que cela quand, en l’espace d’une journée, on lui dit «  C’est grave. Vous êtes des irresponsables » et «  non finalement, allez y, contaminez vous, c’est bien ! ».

C’est à devenir fou ! Certes, on me rétorquera que je fais des raccourcis . Qu’il faut nuancer . Que les choses ne sont pas tout à fait dites ainsi . Soit !
Et les masques , parlons en. Tout est à la carte. Et la carte change pour chaque ville. À Saint Malo, ils sont obligatoires … mais pas à Cannes. Il y a donc moins de monde qui se bouscule sur la Croisette que dans la cité intra-muros des corsaires ? Soit !
À Paris, vous faites du lèche vitrine rue des Francs Bourgeois. Masques obligatoires dans le rue. Vous tournez à droite rue Pavée. Il fait une chaleur à crever . Ça tombe bien car là, vous avez le droit de l’enlever . Mais attention ! Vous faites quelques mètres et vous arrivez Rue de Rivoli ! Hop, il faut le remettre !
Qui a inventé ce découpage fou ? Qui ?

Où l’on en revient à la clarté d’un message.
Je ne crois pas du tout que derrière le masque et la difficulté à le porter se cache un défaut de citoyenneté ou une rébellion sociale. Je crois que quand le ciel est clair, la terre est visible.

Autrement dit, lorsque le message est clairement énoncé, simplement, il est appliqué. Il suffit de voir les trains, les avions, les halls de gares et d’aéroports. Tout le monde est masqué, personne ne déroge à la règle car elle est claire.
Sujet, verbe, complément.

Les Français ne sont pas des idiots. Et prendre comme exemple les bagarres qui éclatent ne peut pas faire une théorie générale.
En réalité, le fait d’avoir laissé aux maires et aux préfets la responsabilité de choisir, voilà le problème.
Il aurait été plus sage de définir des critères communs a minima, comme cela a été fait pour les rassemblements avec une jauge, une sorte de côte mal taillée. Pourquoi ne pas avoir décrété le port du masque obligatoire dans l’ensemble des grands centres urbains, des stations balnéaires, des lieux touristiques ? Nous nous serions évité ce casse-tête auquel on souhaite naturellement se soustraire puisque rien n’est clair et tout peut donc être contourné.

Les Français ne sont pas en panne de citoyenneté, pas plus qu’ils ne sont plus égoïstes que les allemands ou les japonais. Ils sont en panne d’un discours clair, qui ne louvoie pas, ne tente pas un « en même temps sanitaire ».
C’est inquiétant mais en même temps ça n’est grave mais en même temps restez prudents mais en même temps, etc, etc…
Le masque devient un objet politique, qui déclenche des analyses sans fin, des querelles entre les pros et les antis. Bientôt nous aurons des sondages pour savoir si les électeurs de Jean Luc Mélenchon ou d’Emmanuel Macron, qui soutiennent Raoult ou le détestent, aiment la pêche à la mouche et préfèrent le brie au camembert, acceptent ou refusent le masque. Rions un peu dans ce grand n’importe quoi.

En réalité, si ce petit bout de tissu avec deux élastiques, a symbolisé, au début de la pandémie, l’échec de nos sociétés repues et insouciantes, incapables de les fabriquer en masse pour protéger en première ligne les soignants et les citoyens, il symbolise aujourd’hui, jusqu’à la caricature, l’indécision de ceux qui nous gouvernent et pas de ceux qui sont gouvernés. À l’image de Donald Trump qui l’enlève puis le remet, de nos ministres et de notre président qui ne semblent pas vraiment savoir sur quel pied danser.
Face à cette indécision, nous avons une certitude qui commence à se dessiner : à ce train de reprise des contaminations, le masque deviendra certainement obligatoire partout. Et nous nous désolerons de ne pas l’avoir décidé immédiatement.

Partagez cet article :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nos dernières publications :

Cet article a 5 commentaires

  1. yussef

    ya une chose a comprendre = scientifiquement rien ne justifie le masque a l exterieur… aucune etude prouve son efficacite, les francais sont pas idiot dit cet article ? alors ils vont comprendre qu’on les prend pour des idiots.
    et faire encore plus de restrictions va faire encore plus d anti masque. dans les transports c’est different = il a ete prouve que la contamination est bien plus facile (ca serait pour ca que en hiver ya plus de grippe d’ailleurs pas que le virus est tellemetn saisonier mais on est plus confiné ensemble)…

  2. Emma

    Nous sommes gouvernés par des incompétents….

  3. Ezekiel

    Un article sensé et modéré sur le sujet, ça fait du bien.
    Les Français ne sont pas plus irresponsables que d’autres pays. Oh bien sûr, il y en a qui s’en foutent, des complotistes, des réfractaires anti-masque… Mais c’est le cas partout, et il n’y en a pas plus chez nous qu’ailleurs. Les Français comprennent bien l’importance du masque, surtout dans les lieux clos, ça leur semble logique. Et on voit que la grosse majorité le porte naturellement.
    Mais dehors, en pleine canicule, et dans des zones à la carte. Avec en prime une hystérie sécuritaire chez certains (coucou Estrosi).
    Les tensions viennent de décisions qui paraissent illogiques aux Français, qui en ont marre d’être fliqués, surtout après s’être comporté convenablement pendant le confinement et avoir fait des sacrifices pendant 3 mois.
    Et puis, comment faire pour obéir aux ordres d’une gouvernement qui est loin d’être irréprochable.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.